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 A Hazy shade of winter

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Tóri Finnrson


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Date d'inscription : 27/02/2017
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MessageSujet: A Hazy shade of winter   Sam 11 Mar - 19:26

La poussière du chemin avait créé comme un croûte sur ses vêtements, les raidissant un peu, donnant au coton épais dans lequel ils avaient été tissés une rigidité cassante. Pas après pas, il marchait cependant sur la route, son sac battant ses cuisses, le tube de parchemin ballottant là où un être plus belliqueux aurait porté une arme. A sa ceinture pendait également la peau d'un lapin attrapé la veille et dont la viande venait juste de sécher. Levant les yeux vers l'horizon, le garçon ne vit rien d'autre que la route coupant à travers la campagne. Derrière lui, une colonne de fumée noire marquait encore le bûcher funéraire d'Oddr. Il ne regarda ni ce souvenir, ni la forêt qu'il venait de quitter. Le passé était passé, l'avenir était sien à présent et lui seul portait la responsabilité de savoir ce qu'il voulait faire. Un poids bien plus lourd que les maigres possessions qu'il avait gardées avec lui.

Il prit à droite. Dos au soleil couchant. Peut-être parce qu'il voulait profiter du jour avant que la nuit ne l'éblouisse. Devant lui, les ombres s'étiraient dans le soir d'une fin d'automne. Bientôt, le froid se mettrait dans le vent et le besoin d'un feu se ferait plus pressent. Indécis, l'adolescent s'arrêta soudain, au milieu du chemin, se demandant s'il ne serait pas plus intelligent de retourner dans le cocon rassurant de la forêt, pour ramasser du bois mort bien entendu, pas par peur ou quoi que ce soit de ce calibre. Il mesura son envie, la confronta avec son sarcasme, réalisant sa peur, l'acceptant, décidant de passer outre. Il avait l'impression d'une solitude soufflant dans le vent autour de lui. Et pourtant, l'arrière saison était belle. Il reprit sa route. Devant. C'était là son chemin. Il ne savait pas où il était. Il ne savait pas où il allait. Il savait cependant qu'il était futile de revenir en arrière. D'une certaine façon, ce moment serait son Rituel, le passage de l'enfant à l'adulte qu'il deviendrait et il avait bien l'intention de se montrer digne des épreuves. Déjà, dans le ciel lourd de nuages, des traits violacés zébraient le crépuscule. Encore une fois, le doute le saisit. Ne devait-il pas monter le camp avant que l'obscurité ne l'emporte ? Encore une fois, il s'arrêta net sur la route, en proie à l'indécision. Encore une fois, il tenta de son mieux d'analyser les raisons de son comportement et de comprendre ce qu'il se passait en lui.

Il avait peur.

Mais il n'avait pas peur de la solitude. Non. Il avait une route sous les pieds et une route était toujours empruntées par des gens ou, à défaut, menait quelque part. Une fois quelque part, il saurait où il était et il pourrait faire un point concernant la suite des événements. Il n'avait donc pas peur d'être perdu, puisqu'il savait qu'il ne l'était pas. Les mots de son mentor, répétés à longueur de jour sur des chemins juste comme celui-ci continuaient à sonner à son oreille. Il n'était pas seul. Il n'était pas perdu. S'il avait peur, c'était de se décevoir lui-même. C'était la pire des peurs. Une peur qu'il n'arrivait pas à accepter. Pour punition, décida-t-il, et parce que la peur ne mène à rien, il continuerait à marcher, sur cette route, la nuit durant.

On n'a pas besoin de dormir quand on a quinze ans.

Le soleil se leva alors que Tori était toujours sur la route et il prit en pleine figure ses rayons enthousiaste. Il lui semblait que la nature aurait du cracher ou pleuvoir, ils étaient en automne malgré tout, mais non. Au lieu de cela, elle flamboyait, rayonnait, et le vent, toujours lui, tourbillonnait autour de ses chevilles. Il était fatigué par sa nuit sans sommeil mais fier. On ne voyait plus la forêt qu'il avait quittée. Il ne saurait jamais où reposaient les cendres de son Maître. Il garderait même ce mystère là et cela lui ressemblait bien. Le bruit d'un ruisseau lui fit faire un léger détour, juste le temps de remplir sa gourde et se passer de l'eau sur la figure, transformant le léger voile de poussière qui lui décorait les joues en traînées de boue comment autant de larmes jaunes. Reprenant sa route, il attrapa dans sa besace un biscuit entouré d'un chiffon humide et commença à le grignoter.

On a toujours faim quand on a quinze ans.

Le soleil perçait à grand peine une couche de nuages lorsque la route prit soudain un tournant, révélant un peu plus loin une brume de poussière révélatrice d'au moins quatre pattes et peut-être même de routes. Le biscuit avait depuis longtemps disparu du tissu qui l'avait protégé, bien que la moitié de la journée ne soit pas encore passée. Heureux à l'idée de retrouver de la compagnie, l'adolescent accéléra le pas jusqu'à apercevoir une femme, un chariot et une mule. Il cacha son sourire, son soulagement, gardant seulement un air grave démenti par une très fugace lueur dans ses yeux sombres et mortellement sérieux.

« Bonjour. Excusez-moi de vous déranger, votre mule boite. »
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