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 Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn

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Siobhán Ragnvald


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Date d'inscription : 16/04/2016
Messages : 144
Age du personnage : 31 ans
Divinité protectrice : Idunn
Pouvoir : Transfert de propriétés végétales

MessageSujet: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Dim 17 Avr - 6:20


Siobhán Ragnvald



Informations
☩ Âge : 31 ans
« Je ne suis plus une enfant, mais si tu ose mettre mon nom dans la même phrase que le mot "vieille", sache que je connais une ou deux plantes pouvant rendre ta virité aussi édifiante que celle d'une crevette. » - Siobhàn Ragnvald

☩ Clan : Clan des Plaines
« Le Clan des Plaines est le clan de ma mère, là où j'ai grandi. Mon père venait du clan du Nord. Mais pour être franche, cela n'a aucune importance. » - Siobhan Ragnvald

☩ Métier : Herboriste
« Bien sûr que les rumeurs concernant la notoire, et je souligne plus que compétente, Dame Rganvald sont complètement fausses! Franchement, une femme de petites vertus... Et de dire que je serais l'un de ses clients est un outrage encore plus grand! » - Tolvas Riegean

☩ Divinité protectrice : Idunn
« Idunn est dans plantes, chaque être vivant. Elle dans cet arbre, cette fleur et cette pousse. Ne vois-tu pas la beauté qu'elle met dans tout ce qui vit, Sio? » - Ehanwë Ragnvald

☩ Pouvoir : Transfert de propriétés végétales
« N'aie pas peur, ma belle. Tu vois? Cela ne fait pas mal. Je n'ai qu'à poser ma main sur ton ventre, comme cela, puis à toucher cette jolie fleur. Tu veux la tenir? Merci. Maintenant, ferme les yeux et faits comme moi ; imagine que la fleur passe de ma main à ton ventre. C'est une fleur magique, tu vois? Idunn a voulu qu'elle puisse t'aider à ne plus avoir mal. Tu sens la chaleur? Oui? C'est que la magie fonctionne. » - Siobhàn Ragnvald

☩ Signes particuliers : Cicatrice barrant son visage, de sous l'oeil gauche jusqu'à la mâchoire inférieure droite.
« Ceux qui disent que les cicatrices défigurent la beauté n'ont pas rencontré Siobhàn Ragnvald. » - Jeald Grímsson

☩ Prédéfini ?  Non
☩ Avatar by Toblin
Aucune interdiction explicite d'utilisation des illustrations de cet artiste à des fins purement privées et récréatives. Un courriel lui a tout de même été envoyer pour signaler l'utilisation, mais aucune réponse n'a été reçut.



Physique


☩ De chaire et de sang
« Si être respectable vient avec l'obligation d'être prude ou de ne pas profiter des joies de l'alcool et de celles de la bonne compagnie... Traitez-moi dès maintenant de dépravée. » - Siobhàn Ragnvald

Siobhàn passe difficilement inaperçue. Entre sa haute stature, sa chevelure flamboyante et la cicatrice barrant son visage, il serait difficile de faire autrement. Cela, bien entendu, est sans compter sa beauté sauvage, accentué par une attitude à mi-chemin entre l'assurance d'un guerrier du clan de la Nuit et la provocation pure et simple. C’est-à-dire qu'elle adore voir les regards incertains, intimidés, envieux, emplis de préjugés et autres qui peuvent se poser sur elle. Elle aime en rire, les souligner avec une exquise note de sarcasme et un sourire à faire fondre les glaces du nord afin de faire rougir de honte ou d'outrage ceux qui ont eu l'audace de la dévisager.

Belle, elle l'est certainement. Charmant plus qu'à son tour, elle n'est pourtant pas le stéréotype de la beauté parfaite. À quelques égards même, cette attirance et cette beauté ne s'expliquent pas très bien. Elle a un nez plutôt long, des pommettes hautes, mais des traits trop coupés au couteau pour correspondre aux critères féminins de beauté. En gros, elle n'a rien du joli minois rappelant l'innocence et la pureté. Ses traits parlent de caractère, de volonté et d'histoires qui ne finissent pas toujours bien.

Sa longue chevelure roux sombre, presque cuivrée et particulièrement facile à reconnaitre dans une foule, tombe en cascade bouclée dans son dos et sur ses épaules. Aussi sauvage que les terres du sud, elle ne répond qu'à sa propre loi. Elle laisse donc ses cheveux le plus souvent entièrement libres, mais les attaches en un chignon lâche ou une longue natte lorsqu'elle doit travailler. Ses cheveux ajoutent à son air indomptable, insaisissable qui doit d'ailleurs en séduire plus d'un.

Ses yeux noisette, bien qu'ils fassent écho à sa chevelure, n'ont pourtant ni la profondeur des iris bleus de certaines beautés ni les mystères de ceux couleur des feuilles. Somme toute, leur couleur est banale, commune. Ses yeux restent néanmoins incroyablement expressifs. D'un regard, elle peut vous transmettre toute sa haine comme tout son amour. Humour, sarcasme, ennui, tristesse... Ses yeux sont le livre ouvert sur son cœur. Mais faites bien attention. Entre ses jeux de théâtres et ses brusques changements d’humeurs, s'en approcher de trop près pour croire un bref instant avoir compris qui elle est réellement est un jeu dangereux, et qui se frotte à la flamme risque de s'y bruler.

Outre l'apparence purement physique, Siobhàn possède une voix grave, qui capte facilement son auditoire, ce qui en fait une bonne oratrice. Elle a également une bonne voix pour le chant, quoi qu'encore une fois, elle n'entre pas dans les critères de « belle voix féminine » généralement aigüe et angélique. Son ton de voix est plus bas, presque aux mêmes tonalités que celles d'un homme, et son accent prononcé, roulant ses "r" et mettant l'accent de prononciation sur les voyelles, lui confèrent un petit quelque chose d'unique qui attire facilement l’oreille à défaut de plaire à tous.

Montant depuis qu'elle est enfant, comme tous les gens de son peuple, c'est une excellente cavalière. Si elle regrette quelque chose de sa terre natale, c'est bien les plaines s'étendant à l'infini, lieu dans lequel il n'existe aucun obstacle à sa liberté de chevauché. Siobhàn possède deux cheveux, ou plutôt, un cheval et une mule. Le premier étant sa fierté, Jēra. Il s’agit d’une jument grise pommelée plutôt bien racée qu’elle a héritée de sa mère. Au bon caractère, la jument à une petite taille bâtit spécialement pour la vitesse. L'autre, Sluagh, est une petite chose rabougrie et incertaine entre l'équidé et le démon. Lorsqu'il aura détruit votre campement à coup de sabot et tenter de vous arracher la main deux fois, aucune explication supplémentaire ne sera nécessaire pour justifier appellation. Les deux chevaux tirent sa petite charrette d'herboriste itinérante et Jēra lui sert de monture lorsque nécessaire

Autre héritage de son peuple maternel, elle est bonne tireuse. Sans avoir reçu de formation guerrière, elle connait son chemin autour d'un arc et si ses tirs manquent de forces, elle sait au moins bien viser. Elle a appris à se servir de cette arme principalement pour la chasse plutôt que pour le combat, sa place étant auprès des blessés de guerre lors d'une bataille, pas au front. En termes d'armes donc, elle possède un arc de chasse long ainsi qu'un couteau d'os poli, qui lui sert principalement d'outil de travail.

La coquetterie n'était définitivement pas au rendez-vous lors de sa naissance, au grand damne de sa mère qui rêvait de la mariée à un homme riche et respectable - mais surtout plus riche qu'eux, ce qui n'était pas difficulté à trouver, pour dire vrai - en misant sur sa beauté à défaut de pouvoir offrir quoi que ce soit d'autre. Héritage familial, dote ou réputation de bonne famille n'étant définitivement pas au menu. Elle se vêtit donc généralement de manière purement efficace plutôt que de suivre les différentes modes des gens plus aisés. Tuniques simples, manteau de cuir rehaussé de fourrure, bottes de cuir hautes... L'habit de la voyageuse. Elle coud plusieurs poches à l'intérieur de ses manteaux, de sorte à pouvoir transporter facilement plusieurs échantillons d'herbes avec elle. Malgré tout, ses vêtements eux même ne manquent généralement pas d’audace, et en disent long sur la pudeur, ou dans son cas l’absence de pudeur, de la jeune femme. Elle aborde souvent d’amples décolletés découvrant ses épaules et sa féminité, bien que le tissu soit plutôt lâche que volontairement plongeant, plus par manque d’intérêt à coudre un tissu qui couvrira convenablement sa poitrine. Elle est consciente de l’effet qu’elle a sur les hommes et n’hésite pas à l’utiliser. Est-ce cette attitude désinvolte vis à vie le sens commun de la pudeur ou bien son attitude charmeuse et provocatrice qui lui a valu cette étiquette peu flatteuse de fille de joie ? À moins que ce ne soit ces nombreux amants… Bha. Ce n’est décidément pas comme si elle en avait réellement quelque chose à faire, et un peu de dépravation ne fera pas de mal à ce monde rempli de vieux stoïques coincés.

L'incompréhensible, en ce qui attrait sa « beauté », reste néanmoins sans conteste cette cicatrice rosâtre courant sur ses traits, de la base de son œil gauche, passant sur l'arche du nez pour poursuivre sa course sur sa joue et finalement s'arrêter à la base de sa mâchoire inférieure droite. Peut-être que cela lui donne un air encore plus « sauvage » ou « mystérieux », allez savoir ce qui se passe dans la tête de ces hommes et leurs fantaisies secrètes... Quoi qu'il en soit, Siobhàn ne cherche jamais à la cacher. Elle la porte avec fierté, bien qu'elle n'en parle jamais. Cette marque fait partie d'elle aussi certainement que la blessure plus profonde qu'est le souvenir du moment où le fer a mordu sa chair.

☩ Kaàn
« Kaàn est MA petite peste. Alors bas les pattes. » - Siobhàn Ragnvald

Être étrangement famélique pour la quantité de nourriture qu'il ingurgite, Kaàn est le compagnon le plus fidèle de Siobhan. Originellement chien errant, probablement rejeter par ses anciens propriétaires pour son visible manque de constitution qui n'en fait d'office pas le chien de berger idéal, Siobhàn l'a recueilli un peu par hasard.

Il rôdait autour de son campement depuis déjà deux nuits, s'enfuyant lorsque Siobhàn l’apercevait, cherchant visiblement à subtiliser de la nourriture. Sio’ a alors pris l'habitude de lui parler, seul interlocuteur hormis ses deux chevaux à des milles à la ronde. Tranquillement, le chien s'est lui aussi habitué à la présence de la jeune femme, restant sur ses gardes, mais ne détalant plus lorsque ses yeux se posaient sur lui. Ce manège dura trois nuits et trois jours, jusqu'au soir où il resta assez longtemps pour permettre à Siobhàn de lui lancé un petit morceau de viande. En véritable estomac sur pattes, leur sort fut aussitôt scellé : l'amour fou, jusqu'à la mort, parole de cabot.

Sa petite peste, comme Sio’ l’appelle souvent, n’a pas fière mine aux premiers abords. Haut sur pattes et maigre, il ne manque pourtant pas de vitalité, devenu maitre dans l’art de détrousser ses poursuivants après avoir détroussé un jambon sur un comptoir de marché. Sa fourrure blanche et noire est continuellement en pagaille, rêche ou éparse par endroit, peu importe comment Siobhàn tente de le soigner. Il n’en reste pas moins incroyablement charmant, du moins aux yeux de Sio’, avec sa vive énergie, son enthousiasme de chiot survolté, son oreille brisée et ses grands yeux sombres et curieux.

Lorsque les marchands ne le prennent pas d’office pour un chien errant venu subtiliser leurs marchandises, ils le considèrent définitivement comme tel lorsqu’il se met à chaparder. Mauvaise habitude de sa vie antérieure que Siobhàn n’a pas encore réussi à lui faire perdre, Kaàn n’a aucune idée comment se comporter en présence de nourriture. Sio’ le gronde lorsqu’elle le prend sur le fait, d’où le surnom de petite peste d’ailleurs, mais généralement, ce sont plutôt les marchands ou passants qui tentent de s’en prendre à sa boule de poil qui goutent à la fureur de ses foudres.

Elle adore son compagnon, étant fière de lui malgré son apparence peu flatteuse, et a une relation bien particulière avec lui. Jamais en laisse, Kaàn la suit partout où elle va. Elle lui parle également constamment, entretenant ainsi avec lui de longs monologues uniquement entrecoupés de petits jappements lorsque l’envie lui prend d’être loquace lui aussi. Il est son meilleur ami, « l’homme de sa vie », comme elle se plait à le dire, celui qui ne l’abandonnera ni ne la trahira jamais… À part peut-être pour un jambon gras.

☩ Le Don d'Idunn
« Écouter les plantes est un art que ta tête de Troll ne pourra jamais comprendre. » - Siobhàn Ragnvald

Transfert de propriétés végétales. Un bien grand nom très peu poétique pour décrire un don simple, mais si précieux aux yeux de sa détentrice. En fait, Sio’ à la capacité d’utiliser son propre corps comme catalyseur de propriétés particulières des plantes. Ce que cela signifie concrètement, c’est qu’elle peut utiliser son don pour soigner les gens, à l’aide de plantes médicinales, ou à l’inverse, et beaucoup plus drôle, donner d’un simple toucher de l’urticaire à un vieux pervers de taverne.

Pour activer son don, elle doit d’abord être concentrée sur la tâche à accomplir. Elle doit connaitre l’origine du mal dont souffre la personne qu’elle souhaite soigner, par exemple, ainsi que connaitre la bonne herbe médicinale à utiliser pour la soigner. Elle doit ensuite toucher à la fois à la plante et au patient, puis visualiser le processus de transfert en se concentrant sur les propriétés de la plante qu’elle souhaite à l’œuvre dans l’action soignante. Lorsque son pouvoir s’active, ses mains se mettent à dégager une douce chaleur.

La plante médicinale qu’elle utilise alors ne peut plus être utilisée par la suite, se flétrissant pendant le processus de transfert, vidé de ses propriétés comme de sa force vitale. Aussi, son pouvoir rend l’utilisation de plantes médicinales plus efficaces que par application traditionnelle. Le transfert étant direct et complet, bien que pouvant parfois nécessiter quelques traitements pour être entièrement efficace, elle l’est beaucoup plus qu’une simple infusion de la même plante. Les résultats ne sont néanmoins jamais miraculeux. Pour soulager, traiter rapidement une urgence, faire cesser un saignement ou guérir une fièvre plus rapidement, elle est redoutablement efficace, mais elle ne pourrait pas guérir quelqu’un au seuil de la mort ou atteint d’un mal dont elle ne connait pas le remède. En bref, son champ d’action se limite à la capacité médicinale ou autre propriété des plantes qu’elle utilise.

Le processus est à sens unique, ce qui signifie que Siobhàn n’a pas la capacité d’inverser le processus, soit de transférer l’énergie d’une personne à l’intérieur d’un arbre, par exemple. L’exercice peut également lui donner des migraines, si elle l’utilise trop en un court laps de temps et pour de trop lourdes tâches. Au début, les migraines étaient automatiques à chaque utilisation, mais cela fait plus de dix ans qu’elle parfaire son art, en ayant littéralement fait son métier. Elle en a donc une très bonne maîtrise, connaissant ses limites comme ses forces. Sa fine connaissance des plantes, en tant qu’herboriste, est probablement son atout le plus précieux dans l’utilisation de son don.

D'ailleurs, l'objet le plus précieux que possède Siobhàn est son journal. Ou plutôt, ses journaux. Le cahier d'origine à été fait à la main par sa mère, les suivants en sont des répliques fabriqués par Siobhàn elle même. Ils ont une couverture de cuir tanné et taillé, et les pages en écorce de bouleau contenues à l'intérieur ne sont pas reliées entres elles, mais libres. Siobhàn les classe régulièrement en ordre différent, y ajoutant des pages, souvent de tailles et de formes diverses, selon les morceaux d'écorce disponibles. Sur ces pages, elle dessine toutes les plantes qu'elle croise à l'aide d'un simple morceau de roseau fendu et d'une encre artisanale faite à partir de charbon de bois réduit en poussière délayé avec de la sève d'arbres ou du blanc d’œuf. Comme elle ne sait pas écrire, elle s'est inventé un système d’icônes, utilisant des dessins d'anatomie et des runes, pour noter les propriétés des plantes qu'elle trouves. Elle a un bon talent en dessin et peut passer des heures à dessiner ses plantes. Dans ce cahier, lorsque possible, elle y fait sécher des exemplaires des plantes et fleurs qu'elle y dessine. Elle fixe ses exemplaires végétaux à l'aide de gomme de pin. Ainsi, ses journal sont de véritables encyclopédie pour elle. Ils sont son trésor le plus précieux, sa source de connaissances.


Caractère


Siobhàn est une femme de contraste, tout en intensité. La subtilité, elle ne connait pas, sauf pour se jouer de vous. Amour, haine, colère, rancœur… tout est vif, passionné, exacerbé. Elle fait donc la meilleure des alliées et la pire des ennemies.

☩ Celle qui guérit
« Par Idunn, pourquoi avoir attendu avant de venir me voir? » - Siobhàn Ragnvald

La première facette de Siobhàn est celle ayant fait de la jeune fille du clan des plaines une herboriste guérisseuse. Malgré les regards glaciaux et le sarcasme d’apparence, elle aime aider. Très fière, malgré ses très modestes origines, elle se sent très proche des moins bien nantis, des gens ordinaires, et à une tendance naturelle à vouloir les aider plus que les autres. Il lui arrive même d’offrir ses services gratuitement, dans certaines occasions particulières.

Ces occasions spéciales sont souvent causées par la présence de jeunes enfants. Les gamins sont son point faible. Ils sont capables de faire sortir, en un clin d’œil, le meilleur d’elle-même. Surprotectrice, tombée du masque d’indépendance pour passer à une expression, beaucoup plus sincère, d’affection et d’émerveillement… bref, elle adore les enfants. Elle caresse le rêve d’en avoir un jour, mais plusieurs choses entravent sa route à ce niveau, à commencer par son refus catégorique de se marier à qui que ce soit.

Autrement, c’est quelqu’un qui adore passer du bon temps. Les soirées autour d’un feu de camp lors de voyages en caravanes ne sont jamais tristes avec elles. Elle est également une excellente partenaire de soirée en tavernes. Rire, chanter, raconter des histoires et lancer des commentaires salaces qui feraient friser les oreilles de sa mère sont généralement au menu. Elle a un bon sens de l’humour, maniant les mots tout aussi bien que certains guerriers manient leurs armes, et sa voix particulière sait charmer au chant comme pour raconter des histoires. Elle se fait très rarement priver pour être le centre d’attention, elle et son grand côté théâtral ayant quelques petits problèmes de narcissisme.

Elle tient d’ailleurs très bien l’alcool, alors attention si vous croyez pouvoir l’emporter sur elle lors d’un concours de boisson en vous basant sur le simple fait qu’elle est une femme svelte. Elle vous enverra très probablement rouler sous la table avant de s’avouer vaincu. Avec la fierté et le caractère de feu qu’elle possède, repousser ses limites est courant pour elle, quoique pas toujours très prudent.

Ainsi, autant aime-t-elle la compagnie qu’elle tient aussi à sa solitude. Elle voyage souvent seule et cela ne lui pose aucun problème. De toute façon, elle a Kaän avec elle pour lui servir d’interlocuteur. Elle aime également entretenir le mystère autour de sa personne, en dévoilant peu et s’amusant à amplifier les rumeurs à son sujet avec une ironie peut-être un peu mal placée. Mais c’est tellement plus drôle ainsi, non ? Se payer la tête des gens est d’ailleurs l’un de ses passetemps favoris. Si vous avez la moindre once crédulité en vous, soyez certain qu’elle l’exploitera. Ne vous inquiétez pas néanmoins, si elle aime taquiner, elle le fait toujours avec humour et non mesquinerie. Ses moqueries sont également signe d’affection, en général, et à l’inverse, lorsqu’elle vous mènera en bateau pour réellement vous enfoncer, vous aller rapidement vous en rendre compte, mais il sera trop tard pour lui échapper.

Elle adore son métier, entretenant une réelle passion pour les plantes qu’elle recueille ou fait pousser. Elle en est d’ailleurs maladivement perfectionniste, ce qui fait d’elle une compagne de voyage parfois difficile à supporter. Difficile, effectivement, de ne pas être rapidement excédé de la voir arrêter le charriot toutes les dix minutes en poussant une vive exclamation pour ensuite sauter en bas de son siège, s’enfoncer dans les sous-bois et en revenir, tout à fait heureuse, avec une touffe d’herbe quelle conque entre les mains. Somme toute, ses manies restent néanmoins un brin adorable. Juste un brin j’ai dit.

☩ Celle qui blesse
« Vous me vouliez agneau, je me suis fait vipère. » - Siobhàn Ragnvald

Siobhan est l’insaisissable. Cette fleur empoisonnée que vous serez avisée de ne pas cueillir.

De mœurs légères, elle ne compte plus ses amants. Détestant l’idée de s’enchainer à un seul homme pour le reste de ses jours, elle défonce les barricades des conventions et de la bienséance. Elle aime la vie et ses plaisirs, ne s’en privant pas. Elle en écope une réputation très peu enviable, mais elle n’en a cure. D’ailleurs, elle s’amuse fortement de l’opinion tiraillée que les gens ont généralement d’elle. Entre les rumeurs de « femme de joie » et les services précieux qu’elle offre aux gens sur son passage, notamment aux plus pauvres, les gens ne savent plus quoi penser. Elle s’en délecte.

Néanmoins, si vous avez la chance de passer dans son lit, n’espérez rien de plus d’elle. Elle brisera votre cœur en mille morceaux en partant sans se retourner et oubliera probablement votre nom au détour. Avec elle, aucune romance n’est autorisée à aller plus loin que l’aube.

Véritable furie, vous seriez très mal venu de tenter de la retenir, en paroles déjà, et encore plus de force. Lorsqu’elle se déchaine, la terre tremble et les cieux se fendent. La haine pure et la colère brute que vous lirez dans ses yeux, accompagnés des pires paroles qu’une personne puisse vous prononcer vous feront aussitôt regretter avoir voulu en faire votre. N’essayez pas non plus de vous en prendre à quelque chose qui lui est cher, qu’il s’agisse d’une personne, de son chien, de ses plantes ou encore de son intégrité. Elle n’hésitera pas un seul instant à vous rebattre les oreilles avec la force de conviction d’un ouragan. Néanmoins, si votre crime n’est pas assez important, elle ne vous en tiendra pas rigueur longtemps. Non pas qu’elle ne soit pas rancunière, elle l’est très certainement, mais seuls les cas particuliers méritent qu’elle y accorde son attention.

Ainsi, pus dangereux encore que ce courroux explosif, lorsqu’elle décide de vous faire payer, elle est plus agressive qu’une vipère, et cette fois, tout en subtilité. Entre ses voyages et le lit de ses amants, elle a su amasser une bonne somme d’informations, de rumeurs et autres sur un nombre impressionnant de personnes. Elle s’est d’ailleurs mise dans le commerce, littéralement, d’information depuis quelques années. La bonne information, tirée à la bonne personne, peut valoir plus cher qu’une saison entière d’horticulture. Elle n’hésitera pas à jouer de l’influence, de la menace et du chantage pour vous faire payer.

☩ Celle qui fut blessée
« Ne prononce plus jamais ce nom en ma présence. » - Siobhàn Ragnvald

Pour Siobhàn, rien au monde n’est plus important que sa liberté. Prendre racine, s’attacher à quelqu’un trop fortement, être redevable à quelqu’un… tout cela est hors de question pour elle. Incroyablement indépendante, elle frôle la stupidité et l’entêtement pur à ne jamais demander de l’aide, même lorsqu’elle en aurait désespérément besoin. Sa fierté entrant également en ligne de compte, elle déteste montrer la moindre faiblesse. Elle cache donc tout derrière un masque de sarcasme, de sourire carnassier et d’excès de colère, en douce furie qu’elle est. Sa peine, sa douleur, son malaise ou son trouble, elle le garde pour elle et elle seules. Quoiqu’elle en parle parfois à Kaän, mais le chien sait tenir sa langue. C’est une qualité qu’elle adore chez lui.

Tout cela, ainsi que sa tendance à se jouer des gens ou à devenir une vraie vipère lorsqu’elle fait de vous son ennemi, prend son origine dans une accumulation de blessures profondes. Thaïe plus qu’è son tour, violenté et brisé dans son corps, risée et jugée toute sa vie… elle aurait pu baisser les armes il y longtemps, son âme se brisant sous le poids des coups. Pourtant il n’en est rien. Plutôt que de craquer, de succomber à ces douleurs et ses cris intérieurs qui hantent parfois ses nuits, elle a choisi de se battre. Tout en démesure, elle se bat tous les jours avec la force d’un ours. Chaque coup de dents et de poings qu’elle donne à la vie est sa façon de hurler au monde qu’elle existe, qu’elle y a sa place et qu’il peut aller se faire voir chez les Dragons Fées.

Hurler pour survivre. Mordre pour ne plus être mordue. Affronté directement avant d’être vaincue.  Blessée les autres, car vaut mieux eux qu’elle-même. Vivre intensément en envoyant valser la bienséance, car elle n’attend plus rien de l’avenir. Seul son présent compte.

Son présent, sa liberté, ses plantes, les gens qu’elle aime, son chien… Le reste n’existe pas.




Histoire

☩ Prologue
« L'une de ses plantes pourrait te sauver la vie, l'autre te tuer plus rapidement que ce dont tu souffres. Alors, touche-moi encore une fois sans mon consentement où je pourrais malencontreusement oublier laquelle est la bonne. » - Siobhàn Ragnvald

« Sortez de cette chambre bande de rapaces, ce n’est pas un spectacle! »

Dans la pièce bondée, une haute silhouette à l’impressionnante chevelure roux flamboyante vient d’entrer telle une tornade sortie de nulle part. Stupéfaits, les hommes et femmes la regardent avec un mélange de surprise et d’hésitation. Devant le manque de réaction de la foule, des étincelles de colères s’allument dans le fond de ses iris ambrés. C’est à croire que tous les résidents de ce petit village au nord de Tryggvi sont aussi stupides que les poissons qu’ils pêchent! Siobhàn Ragnvald, inflexible et exaspérée, pointe alors la porte avec conviction et sa voix grave siffle entre ses dents :

« Dehors. »

Plusieurs marmonnent des insultes ou protestations dans leurs barbes, mais ils obéissent. Un seul, un homme de moins de trente ans résiste néanmoins sur le pas de la porte :

« C’est logique après tout, qu’une femme de petite vertu s’occupe de ses semblables! J’ai honte de t’appeler ma sœur, Agatha. »

La rouquine se retourne d’un bloc vers lui, plantant ses yeux dans les siens. Un sourire amusé, un brin sadique, s’étire alors sur ses lèvres et l’homme regrette aussitôt ses paroles. Pour l’oreille et la fièvre de ragot de l’assistance toujours massée derrière la porte de la chambre, dans la petite cuisine de la demeure des Riagean, la femme lui réplique avec une désinvolture mielleuse :

« Je suis étonné de t’entendre prononcer ces paroles, Tolvas. La dernière fois que tu t’es retrouvé dans mon lit pourtant, tu avais beaucoup moins de considération pour ma « vertu » et pour la tienne. »

Sur le visage sidéré de son interlocuteur, et les expressions choquées ou jubilantes du reste de l’auditoire, la rouquine referme violemment la porte dans un claquement sourd. Sans plus porter attention au brouhaha sonore à l’extérieur, elle se dirige droit vers le petit lit au fond de la pièce. Dans ce dernier, une jeune fille, mince à l’extrême, et aux longs cheveux sombres trempés de sueur sanglote en silence. Elle camoufle son petit ventre rond de ses bras, protectrice et honteuse. Sans la simple robe de nuit que cette dernière porte, relevant ses formes, Siobhàn n’aurait peut-être pas soupçonné la grossesse de l’adolescente.

La femme pose ses yeux sur la jeune fille, toute étincelle de colère disparue. Si sa voix est plus douce lorsqu’elle s’exprime, elle n’en est pourtant pas le moins du monde dénudée de sa force de conviction.

« Ne t’en fais pas avec eux, Agatha. Ce ne sont que des vipères en quête de ragots, tous morts d’ennui par leurs vies toutes plus inintéressantes les unes que les autres. Et je pourrais te raconter des choses sur la moitié d’entre eux qui te feraient friser ces jolis cheveux sur ta tête. Ils n’ont de leçons à donner à personne. »

La jeune fille tente d’essuyer ses yeux de sa main tremblante, mais les larmes coulent d’elles-mêmes avec trop d’intensité pour qu’elle puisse y faire quoi que ce soit. Elle détourne les yeux, rentrant la tête dans les épaules.

« Mais… mais ils ont raison, je… j’ai… »

Siobhàn s’assoit sur le lit à côté d’elle, ouvrant sa trousse d’herbes médicinales qu’elle dépose sur la petite table de chevet. Elle ne répond pas à la jeune femme, ignorant ses paroles, puis demandant en tendant la main :

« Tu me permets? »

La jeune fille hésite puis hoche finalement la tête, dépliant ses bras d’autour de son ventre. Siobhàn y dépose ses doigts, palpant délicatement la peau au travers du tissu léger, une barre soucieuse s’imprimant sur son front, comme chaque fois qu’elle se concentre pour examiner un patient. Elle relève ensuite les yeux, examinant les traits d’Agatha, touchant son front pour juger de sa température. Inspirant profondément, elle se détourne enfin pour enfoncer ses longues mains dans son sac d’herboristes.

« Raconte-moi ce qui s’est passé aujourd’hui, si tu veux bien. »

« Je… »

Sa voix se brise et elle se racle la gorge, reprenant avec un ton plus affirmé, quoique détaché.

« J’aidais mon père et mon frère a déchargé la cargaison de la journée, sur les quais. La pêche a été bonne et les caisses étaient lourdes. Les soulever me faisait mal, mais je n’ai rien dit. Il restait seulement trois caisses lorsque la grande douleur est venue. Je… je  suis tombée, renversant les poissons. J’ai crié, je crois, fort, je ne me souviens plus très bien, j’avais trop mal. Ensuite, il y a eu plein de gens autour de moi, on m’a transporté chez moi et puis… puis… »

Siobhàn hoche la tête.

« Ensuite ils ont tous vu et compris, c’est ça? »

Agatha hoche la tête.

« Depuis combien de temps sais-tu que tu es enceinte? »

La jeune fille ravala un sanglot avant de répondre d’une voix de nouveau chevrotante.

« Hem… cinq mois. Je… après que ça, ce soit passé, j’ai su parce que je n’avais plus… enfin je veux dire… »

« Je vois, merci. Et tu as réussi à le cacher à tout le monde, même tes parents… Par Idunn, tu as du cran et plus de ressources que moi, ma belle! Et le père? Il est au courant? »

La jeune fille baisse la tête, ses cheveux venant cacher son expression. Siobhàn fronce les sourcils. S’il ne l’était pas avant, avec le raffut que cette bande de goélands fait à l’extérieur, ils le seront assez rapidement. À moins que… Les yeux de l’herboriste se durcissent.

« Est-ce que le père est ton amoureux, Agatha? »

La jeune fille hoche négativement la tête et Siobhàn la voit tenter d’essuyer ses larmes de nouveau. La rouquine serre les dents, sentant une vague de colère glacée s’emparer de son corps.

« Tu ne voulais pas, c’est cela? »

Aucune réponse. Le silence est éloquent.

« Cette fiente de Dragon-Fée est toujours dans les parages? »

Agatha redresse la tête, ses yeux bleus humides dévisageant Siobhàn avec une certaine terreur. L’herboriste soutient son regard avec une froide conviction sans insister, puis la jeune fille, comme ployée sous le poids de la douleur et du secret, finit par s’ouvrir. Le nom est à peine murmuré, mais Siobhàn l’entend parfaitement. Elle referme son sac médical avec un claquement sec, deux sacs de cuir apparus dans ses mains, puis ajoute simplement :

« Il ne te fera plus jamais de mal, ma belle. Je t’en fais la promesse. Maintenant est-ce que tu peux t’étendre? Oui, comme cela. Je vais simplement utiliser un peu de la magie d’Idunn pour t’aider à aller mieux, d’accord? Tout va bien aller. Toi et son enfant allez vous en sortir. »

Siobhàn sort plusieurs feuilles vertes tendre du premier sac, les déposant au creux de sa main droite, puis pose sa main gauche sur l’abdomen de la jeune fille. Elle ferme les yeux, puis presque instantanément, une douce chaleur se dégage de sa main. Agatha sursaute, mais est aussitôt rassurée par le soulagement de la douleur dans son ventre. L’analgésique fonctionne. Ouvrant les yeux, elle pose ses iris ambrés sur sa jeune patiente, un sourire rassurant sur les lèvres.

« Voilà pour l’instant. Je reviendrais depuis matin, puis demain soir avant de repartir sur la route. Je te laisse ces deux sachets. Tu devras les prendre pour une semaine en infusion. Et interdis de soulever des choses lourdes ou de t’épuiser à la tâche. À partir de maintenant, c’est repos jusqu’à l’accouchement, je me fais bien comprendre? Et j’en toucherais deux mots à tes parents également. »

La jeune fille semble plus terrorisée que rassurée, aussi Siobhàn se penche vers elle, cherchant son regard, et redressant son menton du bout des doigts.

« N’ai pas peur, ma belle. Freyja te protège. Et marche la tête haute et avec fierté, Agatha, car ton honneur ne dépend pas de ce que les autres te font subir ou de ceux que tu décideras de ton plein gré d’accueillir dans ton lit. Il dépend de tes actions, de ce que tu décides de faire avec les dons et obstacles que la vie pose sur ton chemin. Tu n’as besoin de rien ni personne pour te dire ce que tu peux ou ne peux pas, devrait ou ne devrait pas faire. Tu es plus forte qu’eux. Prouve-leur ce que je sais déjà. »

Siobhàn serre la main de la jeune fille, à qui elle vient d’arracher un sourire. Les larmes cessent enfin de couler sur ses joues et en redressant les épaules, Agatha plante ses yeux dans les siens puis hoche la tête.

« Merci. »

L’herboriste se penche, dépose un baiser sur le front de la jeune fille puis se relève, une nouvelle flamme déterminée au fond des yeux. Elle a une bouse de Dragon Fée à aller pendre par les bijoux de famille au mat de son satané bateau de pêche.




☩ Chapitre 1
« Les contes de fées n'existent pas. » - Siobhàn Ragnvald

Ehanwëe Ragnvald sourit doucement, passant une main fébrile sur la tête du nourrisson qu’elle tient dans ses bras. Derrière elle, les plaines s’étendent à l’infini, se refermant sur la fine silhouette entourée de brume d’un campement du Clan des Plaines.  

S’adressant à la petite fille âgée d’à peine quelques jours dans ses bras, la femme souffle doucement :

« Nous n’avons pas besoin d’eux, n’est-ce pas ma Sio’? »

Le bébé ne répond rien, profondément endormi dans les bras de sa mère. Plutôt que de décourager cette dernière à poursuivre la conversation, celle-ci se lance dans un monologue à mi-voix, alors que le charriot sur lequel elle est assise avance sur la route de terre battue.

« Tout va bien aller. Cela fait longtemps que je souhaite partir. Peut-être que je n’attendais qu’un prétexte? Quel magnifique prétexte tu fais, ma toute belle. Tu verras, nous serons bien. Cela m’importe peu, ce que les gens pourront dire. Ils pourront bien raconter toutes les histoires qu’ils veulent à notre sujet, ils auront quand même besoin de nous lorsque nous viendrons. Lorsqu’une bête tombera malade ou qu’ils se blesseront… nous serons celles dont ils auront besoin. C’est le pouvoir des plantes, cela, ma toute précieuse. Je t’enseignerais cet art très bientôt, ne t’inquiète pas. C’est la voie des femmes de notre famille que celle d’écouter les plantes pour aider. Nos ancêtres nous protègeront, comme nous marchons dans leurs pas. »

Son sourire se fane et sa mâchoire se crispe.

« Si seulement ma mère avait pu comprendre. Si seulement elle m’avait écoutée, elle pourrait voir que tu n’es pas un problème, mais une joie immense, l’héritière de la destinée de notre famille. Si seulement Kristain aussi avait voulu m’écouter… »

La jeune femme aux cheveux blond-roux ferme les yeux en repensant à l’homme qu’elle aimait. Qu’elle aime encore. Lorsqu’il avait appris qu’elle était enceinte d’un autre, le mariage avait été promesse rompue. Elle baisse les yeux vers le petit anneau d’argent qu’elle porte au cou, seule once de métal dans tout le bazar d’herboriste et d’inventaire personnel qu’elle transporte dans le charriot. De sa main libre, elle l’attrape puis arrache la fine lanière de cuir qui la retenait à son cou.

« Il aurait pu être ton père. Tu l’aurais aimé comme tel. Je l’aurais rendu heureux, j’en suis certaine. Personne n’aurait eu besoin de savoir la vérité. Mais toutes ses promesses, tout ce qu’il m’a dit ressentir pour moi… si tout pouvait s’envoler aussi facilement, alors que tu es un don de Freyja, me briser le cœur et se retourner sans un regard… alors il ne mérite pas d’être ton père. »

Elle jette la cordelette et l’anneau de toutes ses forces vers la plaine.

« Que les Dragons Fées s’en emparent. Nous n’avons pas besoin de lui. Pas besoin d’eux. »

Une vague de colère lui fait monter les larmes aux yeux et elle serre plus fort l’enfant endormi dans ses bras, comme si elle craint que quelqu’un ne vienne la lui prendre de force.

« Ils ne comprenaient pas. N’ont jamais compris. Ne VEULENT pas comprendre. Alors nous serons mieux entre nous deux, n’est-ce pas? Comme si j’aurais pu accepter ce qu’ils me demandaient… Me marie à LUI? Jamais. Ce guerrier du Nord n’est ton père que par un seul geste, égoïste et volé. Il ne sera ton père pour rien d’autre. J’oublierais jusqu’à son nom et toi aussi. Tu n’as pas besoin de lui. Je n’ai pas besoin de lui. »

Ehanwëe tourne la tête vers l’arrière pour voir la dernière image du petit campement où elle laisse sa famille.

« Peut-être le comprendront-ils un jour. »




☩ Chapitre 2
« J'ai fait des plantes mes seuls véritables amis. » - Siobhàn Ragnvald

« Il parait que tu n’as pas de papa. »

Du haut de ses huit ans, Siobhàn redresse la tête pour dévisager le garçonnet qui lui fait face, méfiante et courroucée.

« Oui, et alors? »

Les trois amis du gamin pouffent de rire. Sio’ serre les dents.

« Ma mère dit que tu es une bâtarde. »

La jeune fille fronce les sourcils et reste silencieuse. Elle ne connait pas le mot, mais cela ne sonne pas gentil du tout. Devant son absence de réaction, le gamin se sent dans l’obligation de préciser, répétant visiblement des mots d’adultes qu’il ne comprend pas encore très bien.

« Ça veut dire que ta maman elle a fait honte à sa famille. »

« C’est faux! »

« Non, j’ai raison, et tout le monde le dit d’ailleurs! »

Sans crier gare, la gamine rousse s’avance vers le garçon, pourtant plus grand qu’elle, et le pousse du plat des deux mains.

« C’EST FAUX! »

Sous les cris indignés des garçons, Siobhàn tourne les talons et s’enfuit en courant. Les gamins lui donnent la chasse pendant un bref moment, mais finissent par laisser tomber. Des larmes de colère coulent sur les joues de la jeune Sio’. Elle ne veut pourtant pas pleurer, elle veut être forte. Forte pour se protéger, elle et sa mère, de tous ces gens qui disent du mal d’eux. Mais les paroles font mal, même si elle ne les comprend pas encore tout à fait.

Elle connait bien les regards en biais qu’on leur offre lorsqu’ils arrivent dans un nouveau campement du Clan. Elle entend les murmures des mères entre elles, venant chercher rapidement leurs enfants lorsque Siobhàn tente de se faire des amis. Elle ne comprend pas pourquoi, mais comprend la méchanceté derrière leurs gestes. Pourtant, elle et sa mère n’ont rien fait à personne, non? Ils aident même. Les gens malades sont heureux de les voir arriver.

Alors, pourquoi être méchant?

Ehanwë, en panique, retrouve sa fille une heure plus tard, assise sur une botte de foin au milieu des cheveux du campement. Cette dernière caresse doucement le museau d’un grand bai et des trainées de larmes sont toujours visibles sur ses joues noircies de terre et de poussière. Elle adore les cheveux, depuis toujours. Ehanwëe se traite d’idiote intérieurement de ne pas avoir pensée à venir voir dans le grand enclos pour les montures plus tôt.

« Par Idunn, je t’ai cherchée partout, Sio! »

Sa fille hausse simplement les épaules. Ehanwëe pousse un soupir puis s’avance jusqu’à elle.

« Qu’est-ce qui s’est passé? Tu t’es fait mal? »

Elle lâche alors simplement

« Non. »

Puis Siobhàn retourne dans son mutisme. Elle réfléchit, a beaucoup réfléchi, pour essayer de comprendre. Elle pourrait poser la question à sa mère, qui lui offrirait certainement une réponse plus facile à comprendre, mais elle ne veut pas. Intérieurement, elle sait que les mots des garçons feraient mal à sa mère aussi. Elle ne souhaite pas cela.

Ehanwëe soupire de nouveau, comprenant qu’elle n’extorquera rien à cette adorable tête de mule qui lui sert de fille. Quitte à ne pas réussir à la faire parler, au moins réussira-t-elle peut-être à lui remonter le moral.

« Est-ce que tu veux venir avec moi? Je vais cueillir des plantes près de la rivière. J’aimerais t’en montrer des nouvelles que tu n’as jamais vu avant. »

Siobhan se redresse aussitôt, son air maussade remplacé par des étincelles et une vive curiosité. Si Sio’ aime quelque chose encore plus fort que les cheveux, ce sont les plantes. Imiter sa mère et apprendre les mille-et-un secrets derrière telle ou telle fleur comme autant d’histoires fantastiques dont elle seule et sa mère en connaissaient les épopées faisait autant partie de sa vie que respirer, depuis toujours.

La jeune fille sauta en bas de son perchoir, attrapant la main de sa mère et la trainant presque derrière elle pour l’entrainer vers la rivière, de l’autre côté du campement. Elle en oublie momentanément les paroles blessantes et les regards impromptus. L’univers est plus beau lorsqu’il n’est composé que d’elle, sa mère et les mille merveilles d’Idunn.

Elles n’ont besoin de rien ni personne d’autre. Cette petite phrase, cette simple idée, se transforma en conviction, grandissant lentement dans le cœur de l’enfant, prenant racine tel un arbre autour de son cœur.




☩ Chapitre 3
« Je ne sais pas qui d'Idunn ou de moi à choisis l'autre. » - Siobhàn Ragnvald

Le malaise. Encore et toujours ce malaise, difficile à exprimer et ho combien frustrant à ressentir pour Siobhàn, chaque fois qu’elle se retrouve entourée de trop de gens. Ce sentiment étrange d’appartenir à un Clan dans lequel on n’a pas réellement sa place. Se tenir debout au milieu de tous ces visages connus depuis sa plus tendre enfance sans pouvoir les dire « amis » ou « famille ». Ni animosité ni réelle chaleur n’émanent d’eux. Courtois, certainement. Ils ne sont plus méfiants depuis des années, ayant accepté leur présence comme celle d’étrangers trop insistants, c’est déjà ça. Le seul moment où ils sont réellement heureux de les voir, c’est lorsqu’ils ont besoin des talents d’elle et sa mère. Oui, c’est cela. Une relation professionnelle. Ni chaude ni froide. Utilitaire, un point c’est tout.

Et ce n’est pas entièrement leur faute. Sa mère, elle, s’est refait des amis, au fil des ans, une fois passé le scandale et l’exode de son unité familiale. Siobhàn, elle,  n’a pas su faire. Ou n’a pas voulu? Peut-être un peu des deux. Rancunière, très certainement, elle comprend mal que sa mère puisse accepter d’être amie avec des gens qui avaient cessé de lui parler, l’avaient tant jugé. Elle-même n’est pas prête à le faire. Ne sait peut-être pas comment, en vérité.

Alors le malaise est là, bien dissimulé au creux de sa poitrine alors qu’elle le camoufle derrière une tête haute et un masque de froide fierté. À 15 ans, Siobhàn n’est que l’ombre de la femme forte et déterminée qu’elle deviendra plus tard, mais elle en a toutes les racines. Le malaise est plus accentué qu’à l’ordinaire à cause de l’ironie de sa situation; le rituel est sensé l’intégré définitivement au sein de son Clan. Siobhan sourit pour elle-même, narquoise. Elle doute fort que quelqu’une épreuve sacrée la fasse un jour se sentir chez elle parmi le Clan des Plaines, ou n’importe où ailleurs, pour être franche.

Elle doit cacher son malaise, aujourd’hui plus que tout autre jour, car pour une fois dans sa vie, elle est le centre d’attention. Elle et une quinzaine d’autres gamins de son âge, pour être précis, tous réunissent au centre de la grande place érigée au milieu des tentes des gens du Clan des Plaines, lieu choisi pour le rituel du solstice d’été cette année-là.

Lorsque l’homme tenant le sac de cuir contenant les runes rituelles s’avance vers elle, Siobhàn inspire profondément. Elle ne saurait pas décrire le mélange d’émotion qu’elle vit actuellement, quelque part entre tensions, terreur, vivre curiosité, joie et fierté.

Elle tend la main, craint un moment de voir ses doigts trembler, mais est heureuse de les voir aussi assurés que lorsqu’elle cueille une pousse dans la plaine. Contrôler ses gestes et son expression s’est rapidement révélé une force chez elle, peu importe l’ouragan, se déchainant à l’intérieur de sa tête. C’est donc le cœur battant, et avec l’étrange impression que le monde tourne plus lentement, que ses doigts se saisissent d’une pierre froide. Elle l’en retire du sac puis ramenant la pierre vers elle, ouvre lentement les doigts. Elle sourit, plus amusée que surprise. Sur la petite pierre est gravé un symbole qu’elle connait bien. D’une voix forte, à l’instar de ses compatriotes de rituels avant elle, elle annonce sa rune au Clan, qui détermine également que son rituel se déroulera 12 jours plus tard.

« Jēra. »

Pour une jeune femme dont la vie entière tourne autour des plantes, piger la rune des récoltes semble trop à propos pour être issue du hasard. À moins que dans le jeu des Ases, le hasard n’existe pas. Les clameurs s’élèvent, comme pour tous les autres adolescents, et Siobhàn s’étonne d’être surprise de recevoir le même accueil que les autres. Alors qu’elle balaye la foule, cachant mal, pour une fois, son incrédulité, elle croise les yeux de sa mère. Elle ne lit dans les prunelles bleues de celle-ci que d’un bonheur et une grande fierté. Son propre sourire illumine alors son visage.

Treize jours plus tard, alors que Siobhàn allait revenir de son rituel isolé au creux d’un amont rocheux au nord du grand territoire des plaines de son Clan, le hasard ou la volonté des Ases allait encore une fois avoir rivaliser par manque d’originalité. Après avoir entretenue son feu pendant 24 heures consécutives, sans fermer l’œil, déposé la roche rituelle au centre de ce dernier puis fait offrande de son petit gâteau au miel aux Ases, elle revenait victorieuse.

Idunn l’avait choisi, bien évidemment. À moins que son propre amour pour la divinité elle-même n’ait fait que le choix était le sien? Peu importe. Qui comprend réellement le fonctionnement de ce rituel ou des Dieux, après tout?

Son Don, qu’elle ne comprenait pas bien alors, était lié à la nature, aux plantes, plus particulièrement. Au lendemain de son rituel, elle savait seulement qu’elle pouvait aider les gens à guérir grâce à lui. Un Don dont elle était incroyablement fière, quoiqu’amusée par le manque d’originalité de sa déesse protectrice. Elle n’apprendrait à s’en servir que par expérimentations et au fil des ans. Son rituel, confirma ainsi la voie qu’elle s’était tracée et qu’elle continuerait de suivre probablement toute sa vie.

À son grand étonnement, il changea aussi, de façon subtile, mais tout de même étonnante, sa relation avec son Clan. Les gens étaient plus aimables, plus courtois. Sans être entièrement l’une des leurs, elle était plus acceptée qu’elle ne l’avait jamais été.

Sa propre attitude modula un peu également, et l’adolescente s’autorisa à moins de froideur et de distance avec eux, s’étonnant à apprécié la compagnie de certains. Son affection pour son Clan grandit, bien que n’atteignant jamais celui que la majorité des gens ressentent. Il ne devint pas plus « sa famille » qu’avant, mais elle ne les haïssait plus en silence et son ilot de solitude disparut progressivement. Elle se prit également à grandement apprécié les soirées animées, les chants et les histoires racontées dans une taverne au autour d’un feu. Son asociabilité en prit un coup, mais la période du rituel dans la vie d’un jeune est une période de changement, à ce qu’il parait.

Cela, et la volonté des Anses est bien grande, finalement.




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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Dim 17 Avr - 6:23


Siobhàn Ragnvald



Histoire - Suite


☩ Chapitre 4
« La route est devenue ma maison. J'y suis plus chez moi que je ne l'ai jamais été dans le clan de ma mère. » - Siobhàn Ragnvald

Cinq hivers étaient passés depuis son rituel. Le printemps parsemait déjà les champs de fleurs de mille couleurs contrastant avec l’ocre pâle de l’herbe sèche. Sur le dos de sa jument, Siobhàn observe le paysage avec un sourire, heureuse. Si elle n’a pas de sentiment d’appartenance particulièrement développé avec son Clan, son amour pour la terre elle-même, lui, est bien réel.

Elle caresse avec affection l’encolure gris pommelé de Jēra. Nommée d’après la rune tirée lors de son rituel, la jeune jument est le cadeau que sa mère lui a offert, après la réussite de son épreuve. Poulain de sa propre monture, Ehanwëe l’avait offert à sa fille, qui croyait alors que le poulain était destiné à la vente. Sio’ en a été incroyablement heureuse, touchée et troublée.

Heureuse, car elle adore les cheveux, depuis toujours. Avant Jēra, elle n’avait pu monter que sur des montures emprunter, et rien n’est comparable au plaisir de monter son propre cheval qui devient alors un partenaire, un ami.

Touchée également, car elle n’avait jamais eu beaucoup de choses qu’elle pouvait appeler siennes. Tout est partage et utilitaire, dans sa vie sur les routes avec sa mère. N’ayant pas de maison, ils ne peuvent posséder que ce qui entre dans leur charriot, et la majorité de l’espace est dédié au matériel d’herboriste et aux plantes. Siobhàn, mis à part ses vêtements, ne possède pour elle-même qu’un collier qu’elle s’est fait avec sa propre rune de Rituel, un journal en écores de boulot dans lequel elle dessine les plantes qu’elle croise et sa jument.

Troublée, finalement, car l’argent de la vente du poulain aurait représenté pour elle et sa mère un montant substantiel. Si Siobhàn n’a jamais eu faim dans sa vie, force est de constater que cela est dû davantage aux connaissances de sa mère au sujet des plantes comestibles que par quel qu’onques richesse familiale. À vrai dire, cette richesse familiale n’existe pas du tout. Leurs bourses sont continuellement vides, se remplissant à peine le temps d’être de nouveau vidées pour effectuer les réparations sur le charriot ou acheter du matériel essentiel à leur travail et survie. La grande partie de leur travail d’herboristes guérisseuses est d’ailleurs payé en troc. Soin contre nourriture ou vêtements. Bref, la vente du poulain aurait représenté une réelle fortune en argent comptant pour elles.

Plus jeune, cette pauvreté l’avait accablée. Elle ne pouvait acheter des objets, comme les autres enfants, dans les marchés ou dans les foires, et ç’avait été la seule chose qu’elle avait retenue. Aussi, pendant un bon moment de son enfance, elle rêvait de devenir riche un jour, pour pouvoir tout acheter – et surtout acheter un plus grand charriot – pour elle et sa mère. En vieillissant, contrairement à la majorité des gens, la valeur de l’argent a perdu en attrait au même rythme qu’elle comprend désormais la valeur de son travail et de la liberté que lui offre sa vie.

Un cri, inhumain, vient soudainement rompre le cours des pensées de Siobhan et la tranquillité de la plaine. Effrayée, Jēra fait un violent écart en renâclant. S’accrochant de justesse à la crinière de sa monture, Sio’ parvient à rester en selle. Le cœur battant, elle lance des regards inquiets autour d’elle. Elle a eu peu d’occasions d’entendre, et encore moins de voir, un Troll des Pierres actif. Ce cri de colère ne laisse pourtant aucun doute sur l’identité de son propriétaire.

N’apercevant de géants de pierre nulle part, Siobhàn se calme et maitrise en quelques mouvements experts et paroles douces sa jument. Tendant l’oreille, elle parvient à identifier d’autres bruits, notamment une voix humaine, loin devant elle au nord-est. Curiosité, désir d’aventure ou simple stupidité, elle talonne instinctivement Jēra pour la faire prendre le petit galop droit vers le bruit.

Lorsqu’elle arrive enfin en vue du Troll, ce dernier s’est déjà détourné de la source de ses ennuis pour se rassoir dans le creux de collines rocheuses d’où il était sorti. Les restes d’un campement sommaire sont éparpillés partout autour de la colline, notamment les cendres encore fumantes d’un feu ayant noirci le flanc du Troll – source évidente de sa colère. Sans lui accorder la moindre attention, l’être de pierre pousse un long soupire grave et caverneux puis ferme les yeux avant de retrouver l’immobilité la plus totale.

Siobhàn fait ralentir l’allure à une Jēra nerveux, puis s’approche prudemment du campement en ruine. Aucune trace de son propriétaire. Elle fait s’arrêter sa jument puis pose pied-à-terre. Elle lance un regard incertain vers le Troll avant de lancer à voix haute :

« Ho, il y a quelqu’un? »

Aucune réponse. Elle observe alors les restes du campement. Une simple petite tente lui fait supposer qu’il s’agit d’un voyageur solitaire, et les restes d’un lièvre à moitié grillé lui font croire que son propriétaire devait être présent sur les lieux lors de l’éveil du Troll. Le plus plausible, si le voyageur n’est pas mort écrasé sous le Troll, est qu’il se soit enfui en courant.

Après avoir fait le tour du campement, elle hausse les épaules puis retourne vers Jera. Un gémissement lui parvient alors d’un fossé une dizaine de mètres plus loin. Elle accourt pour y trouver un homme, couché dans l’herbe haute sur le dos, dans un sale état. Son visage est couvert d’ecchymoses et de coupures, en sang. Son bras droit est replié dans un angle impossible et Sio serre les dents en avisant l’inertie de la main. À moitié inconscient, il lutte visiblement pour reprendre contact avec la réalité. Bien mauvaise idée vue la douleur que la conscience éveille également.

Sio’ s’accroupit près de lui, posant une main ferme sur son épaule pour l’empêcher de bouger.

« Ne bouge pas si tu ne souhaites pas empirer ton état. Espèce de tête de crevette… on ne t’a jamais appris à sonder le terrain avant de faire un feu? »

« Mm… enchanté de faire votre connaissance également, mademoiselle. »

Les mots sont hachés et visiblement difficiles à prononcer, mais teintés d’un humour qui fait hausser un sourcil à Siobhàn. Lorsqu’elle tourne les yeux vers le visage de l’homme, ce dernier sourit d’un sourire amusé qui se meurt aussitôt, transformé par un rictus de douleur. Elle lui retourne une grimace narquoise.

L’examinant rapidement, elle ne peut que constater que l’épaule de l’homme est disloquée et que son poignet est brisé. Il a surement deux côtes de déplacée également, le tout sur le côté droit, mais probablement pas cassé, ce qui est un miracle. Les autres coupures et ecchymoses, bien qu’elles resteront probablement pendant plusieurs jours très visibles et non moins douloureuses, sont superficielles. Sommes toutes, dans un sale état, mais rien de grave.

« Tu vas survivre. Tu n’as rien de plus grave qu’un poignet brisé. »

« Vous en êtes certaine? J’ai l’impression d’avoir été piétiné par un troupeau de vaches… »

Avec précaution, Siobhàn replace le bras de l’homme dans une position plus naturelle. Elle attrape son avant-bras, à défaut de pouvoir saisir le poignet déjà bleuit par l’enflure, place une main ferme sur l’épaule blessée de l’homme puis, s’assoyant au sol, pose le plat de sa botte sous l’aisselle de son patient.

« Cesse de te plaindre. Tu as de la chance d’être en vie, estimes toi heureux de pouvoir encore ressentir de la douleur. Je vais devoir replacer ton épaule maintenant, elle est disloquée. Reste immobile et prend une grande inspiration. »

L’homme ferme les yeux et s’exécute. Sio resserre sa prise puis compte :

« Un… Deux… »

Puis de toutes ses forces, elle tire sur le bras vers elle, en poussant vers le haut avec sa jambe. L’homme pousse un hurlement de douleur puis un claquement se fait entendre. Le bras remis à sa place, Sio’ le relâche délicatement, repliant son bras sur le torse de l’homme. Déjà, elle fouille dans son sac pour en sortir un foulard qu’elle se servira pour lui faire une écharpe et des bandages pour fixer un atèle à son poignet. L’homme, haletant, la dévisage avec une pointe de colère incrédule.

« Qu’est-ce qui est arrivé avec le trois? Et merci de m’avertir pour la douleur… »

« Trop de chance que tu refuses et trouves un moyen de te sauver en courant, et je n’ai absolument pas envie de devoir lutter avec un imbécile blessé pour réussir à le faire tenir en place. »

La tête de l’homme retombe avec un grondement dans l’herbe.

« Aïe. Vous avez une bien haute opinion de mon courage, alors que je viens d’affronter un Troll des Montagnes… »

« Ne confonds pas courage et stupidité. »

Elle l’aide à se redresser lentement pour fixer l’atèle puis s’attaque au poignet. Brisant deux bouts environ égaux de branche brisée sur le sol, elle fixe un garrot au poignet de l’homme, ce qui lui arrache une grimace et un gémissement étouffé. Cela devra suffire jusqu’à ce qu’elle le ramène à son campement, à elle et sa mère, où se trouve l’essentiel de leur équipement médical.

« Bon, maintenant voyons si j’arrive à t’arranger un peu, de sorte que tu ne ressembles pas trop à une vieille crevette pour le reste de tes jours. »

« Je vous en serais infiniment reconnaissant. »

« Attends de te voir dans une glace avant de me remercier de quoi que ce soit, on dirait que le Troll a mis un soin particulier à te faire ressembler à un épouvantail. Et cesse de me vouvoyez, j’ai l’air d’une grand-mère? »

Avec un bout de tissu propre, elle éponge la majeure partie du sang des traits de l’homme. Elle l’avait cru beaucoup plus vieux qu’elle, mais maintenant débarbouillé, ses traits ont beaucoup rajeuni. Il a la mi- vingtaine, tout au plus.

« Je vais devoir connaitre votre nom avant de pouvoir m’autoriser cette familiarité. »

L’humour dans sa voix et son sourire en coin  font lever les yeux au ciel à la jeune herboriste. Elle lui retire une petite roche d’une entaille, avec tout juste trop de rudesse pour lui arracher une nouvelle grimace, puis répond :

« Siobhàn Ragnvald. Et niveau familiarité, je te rappelle que j’ai les doigts dans une plaie ouverte sur ton visage. »

« Charmant… Et enchanté de faire votre… ta connaissance, Siobhàn. »

Un petit sourire en coin s’étire sur les lèvres de la jeune femme devant l’effort.

« Et toi? Tu n’es pas du Clan des Plaines, si je ne me trompe pas. »

« Non, effectivement. Je suis Jeald Grìmsson, marchand du Clan de l’Eau »

Amusée, Siobhàn finit d’apposer un bandage simple sur la plus importante coupure sur le visage de Jeald puis penche la tête pour le regarder dans les yeux. Elle n’avait pas remarqué qu’ils étaient d’un magnifique vert feuille.

« Tu as du cran de venir directement sur le territoire de la compétition, je dois te donner cela. »

En vrai, Sio’ en a très peu à faire de la rivalité marchande entre le Clan des Plaines et le Clan de l’Eau. Déjà qu’elle n’est pas particulièrement attachée à son propre Clan, commencer à se mêler de leurs querelles semi-amicales qui dure depuis des décennies ne fait certainement pas partie de ses priorités. À part pour les gens du Clan du Nord, qu’elle n’aime pas par simple conviction liés à son paternel absent, elle n’a jamais vraiment accordé d’importance à l’appartenance d’une personne à son Clan.

Jeadl rit lui aussi.

« Je vais chérir le compliment! Malheureusement, je n’en ai pas entièrement le mérite. Je suis ici pour renouveler un contrat d’exportation de fruits de mer avec un marchand de ton Clan. »

Alors que Siobhàn finit de lui administrer les premiers soins, ils continuent de discuter ainsi. Jeald lui apprend qu’il a hérité de l’entreprise familiale l’automne dernier, lorsque son père perdit la vie en mer. Fils ainé d’une jeune fratrie, il se retrouve à 24 ans à la tête non seulement d’une prospère entreprise familiale de commerce, mais également de sa famille. La plus vieille de ses deux sœurs n’a que dix ans, et son petit frère n’a pas encore un an.

Puis, alors qu’elle l’aide à se remettre debout, puis en selle sur son cheval revenu de lui-même après la frayeur que lui a occasionnée le Troll, Siobhàn se surprit à répondre elle aussi à ses questions, sur son métier, sa vie, sa mère... Le caractère conciliant, joyeux plein d’humour de Jeald réussi même rapidement à la faire rire. C’est donc le son du rire de sa fille qui fit redresser la tête à Ehanwëe lorsque Siobhàn et Jeadl arrivèrent enfin près du campement des Ragnvald, à la tombée du jour.

« Sio’, te voilà! J’ai cru que tu t’étais fait enlever par une horde de Dragons-Fées… Mais à voir votre état jeune homme, j’opterais maintenant plutôt pour un Troll. »

« Excellente observation, ma Dame, pour mon plus grand malheur. »

L’homme se laissa glisser en étouffant une grimace en bas de sa monture puis tendit sa main valide à Ehanwëe pour se présenter. Devant les manières et l’allure du jeune homme, malgré ses blessures, la mère de Siobhàn lança un regard en coin à sa fille, dissimulant à peine son sourire entendu et son vif enthousiasme. Sio’ sauta en bas de Jera et profita que Jeald lui tourne le dos pour lever les yeux au ciel. Les intentions de sa mère sont aussi évidentes que le nez au milieu de son visage.

Elle ne compte plus le nombre de fois où sa mère a tenté de la pousser vers le mariage. Elle souhaite depuis longtemps, tout sauf secrètement, que sa fille parvienne à séduire un homme qui pourra lui assurer un avenir digne de ce nom. Une maison, minimalement, pour commencer. Mais Siobhàn ne partage pas son désir. Elle a toujours vécu seule avec sa mère et ne voit pas pourquoi elle aurait besoin de quelqu’un d’autre pour s’aider à « vivre », franchement. Ehanwëe a beau tenter de lui expliquer qu’elle ne vivra pas éternellement, Sio’ refuse d’en entendre parler. Surtout pas si c’est pour vendre sa liberté au rabais à un vieux barbu bien nanti possédant le charisme d’une truite mouchetée.

Il faut néanmoins reconnaitre à Ehanwëe son incroyable détermination puisqu’elle ne se démonte toujours pas malgré les refus catégoriques de sa fille et le peu de cas qu’elle fait des rares soupirants attirés par son physique et son caractère. Il faut dire que ces soupirants, justement, sont très peu nombreux. Entre la pauvreté de sa famille et son peu de réputation, aucune alliance de convenance ne daignerait même poser les yeux sur la candidature de Siobhàn.

« Je ne voudrais pas m’imposer à vous… »

Ehanwëe ne le laissa pas finir.

« Non, je ne veux rien entendre. C’est un plaisir de pouvoir t’aider. Approche-toi un peu du feu que j’évalue le travail de ma fille. »

Siobhàn s’approcha de Jeald, lui glissant au passage à mi-voix :

« Tu croyais être dans la merde avec moi? Je te présente ma mère… »

Avec un clin d’œil, elle s’éclipse vers les chevaux pour les desseller le temps qu’Ehanwëe examine le jeune homme. Ne trouvant rien à redire, elle félicite sa fille sur les traitements, soulignant au passage qu’ils lui changeraient ses pansements le lendemain matin, lorsqu’il aura pris du repos. Siobhàn disparait quelques instants à l’intérieur de leur charriot maison, sans dire un mot, puis réapparait avec deux longues branches de lavande à la main.

La voyant se diriger vers lui, Jeald hausse un sourcil puis lance :

« Je suis touché de l’attention, mais honnêtement, c’est plutôt moi qui devrais t’offrir des fleurs. Je ne sais pas ce que je serais devenu si tu ne m’avais pas trouvé. »

« Tais-toi, idiot, et ferme les yeux. »

Jeald lance un regard intrigué à Ehanwëe qui l’encourage d’un sourire puis s’exécute. Sio’ s’accroupit devant Jeadl puis pose doucement sa main sur la sienne. Elle le sent se raidir de douleur, mais il ne se dérobe pas. Elle ferme elle aussi les yeux puis lui dit simplement :

« Tu vas ressentir une chaleur dans ton bras. »

Siobhàn visualise alors les propriétés analgésiques de la lavande, dans sa main gauche, puis les tissus enflés du poignet, de la main et de l’épaule de Jeald sous sa main droite. Après une dizaine de secondes, elle ressent la chaleur irradiée de sa paume, tout juste pas assez vive pour le bruler. Le jeune homme sursaute pour ouvre les yeux surprit, dévisageant Siobhàn dont le visage est figé dans une expression de forte concentration. Il est encore plus abasourdi lorsque la douleur s’apaise dans son bras, lui permettant de mieux respirer.

Lorsque Siobhàn ouvre enfin les yeux, poussant un soupire sous l’effort, elle croise les émeraudes des iris que Jeald. Malgré la migraine qui lui martèle déjà le crane sous l’effet de l’utilisation de son don, elle ne peut s’empêcher de sourire, amusé, à son expression ébahie.

« Je vais prendre cela pour un merci. »

Le jeune homme bafouille, se passe une main gênée dans les cheveux puis la remercie en riant.

« À côté, mon Don fait pâle figure. Je peux simplement dire lorsque les gens mentent. »

Jeald resta avec elles cinq jours, le temps de prendre des forces puis de rejoindre le campement du marchand avec qui il avait rendez-vous pour ses affaires. Durant ces cinq journées, Jeald et Siobhàn se rapprochèrent beaucoup, devenant amis. Lorsqu’ils se séparèrent, il lui promit de revenir aussitôt qu’il le pourrait pour lui rendre visite, ce qu’il fit, l’automne suivant. Cette fois, elle en tomba définitivement amoureuse, ce qui avait été le cas de Jeald depuis qu’il avait ouvert les yeux après l’attaque du Troll.




☩ Chapitre 5
« Maman... aide moi. J'ai tellement mal. » - Siobhàn Ragnvald

« Je ne vois pas pourquoi nous devrions faire un truc pareil. Nous sommes très bien comme ça, non? »

« Premièrement parce que je t’aime…et deuxièmement parce que, par Odin, tu es enceinte, Sio’ »

La jeune femme arque un sourcil vers son amant tout en enfilant sa longue cape rehaussée de fourrure.

« Et alors? »

Jeald lève les yeux au ciel avant de se laisser retomber sur le dos, dans la pagaille des couvertures de son lit. Ce n’est pas la première fois qu’ils ont cette conversation, avec tout aussi peu de résultats. Jeald hésite un instant puis lance, à mi-voix, comme s’il craint déjà la réaction de la rouquine :

« Cela ferait plaisir à ta mère? »

Sio’ attrape une choppe vide sur la table de chevet et la lance sur le torse dénudé de Jeald, qui se protège de justesse en levant son bras gauche. Son bras droit est resté handicapé par sa rencontre avec le géant de pierre, et s’il peut s’en servir pour l’usage courant, il n’a plus sa force ni sa dextérité ou sa réactivité d’avant l’incident.

« Laisse ma mère en dehors de ça! Et d’abord c’est plutôt TA mère qui serait ravie. Au moins ça ferait taire les ragots. »

Jeald soupire puis se rassoit, soudain plus sérieux.

« Je ne comprends simplement pas pourquoi c’est si important pour toi de ne pas te marier. Est-ce que… Je veux dire, est-ce que tu ne le souhaites pas, car c’est avec moi? »

Sio’ penche la tête de côté pour le dévisager.

« Bien sûr que non, voyons. Tu es bien la seule personne sur cette terre avec qui j’accepterais de passer ma vie, seulement… »

Siobhàn hésite. Elle n’est pas certaine elle non plus des raisons qui la poussent à rejeter aussi vivement et viscéralement le mariage. Elle l’a en horreur, et ce ne sont pas les menaces de manque de convenance qui lui feront changer d’idée. Peut-être que d’avoir été élevée par une mère célibataire avec un père aussi absent et peu important dans sa vie forge un certain caractère? Ou peut-être, option beaucoup moins réjouissante, que sa mère à raison lorsqu’elle lui dit qu’elle a peur. Elle inspire profondément puis choisis de répondre simplement.

« C’est seulement que je ne veux pas que les choses changent. J’aime notre vie, comme ça. Et je ne comprends pas non plus pourquoi tout le monde tient tellement à cette ridicule coutume… »

« Mais les choses ont déjà changé, Sio’. »

La voix de Jeald se veut douce et rassurante, mais Siobhàn se crispe néanmoins. Il poursuit, doucement.

« Nous ne serons plus que toi et moi, bientôt. »

Siobhan se détourne, attrapant son sac de cuir contenant son journal et plusieurs échantillons de plantes qui ne la quittent jamais.

« Je sais… On en reparlera lorsque je reviendrai, d’accord? »

Ne lui laissant pas le temps de répliquer, elle ouvre la porte de la chambre puis la referme derrière elle.  La demeure des Grìmsson, situés sur un amont rocheux surplombant la mer, dans la capitale de Triggvi, est bien calme à cette heure matinale. Les enfants, frères et sœurs de Jeald, dorment toujours et la mère de ce dernier s’affaire en silence dans la cuisine. Siobhàn passe rapidement la saluer puis sort dans la rue, où l’air marin emplit ses poumons, lui procurant le plus grand bien.

Elle adore la mer. Si elle acceptait un jour de renoncer à sa vie nomade, elle ne peut envisager que le bord de l’océan comme asile. Elle ne sait pourtant pas si elle est prête à l’abandonner, justement, cette vie sur les routes, et le poids qui s’alourdit de jour en jour dans son ventre lui rappelle sans cesse qu’elle devra bientôt prendre une décision.

Pour l’instant, néanmoins, elle a rendez chez une riche famille de la Capitale, dont la mère du chef de famille est gravement malade. Siobhàn ne pourra pas la guérir complètement, pas avec ce dont elle souffre ni à son âge avancé, mais elle peut néanmoins la soulager. La veille, elle avait été appelée à son chevet en urgence. Sentant la fin venir, Siobhàn la laissait se reposer quelques heures avant de retourner la voir pour un nouveau traitement contre la douleur. Sa dernière visite remontant à trois heures, il était temps qu’elle retourne la voir.

Arrivé un peu moins de deux semaines plus tôt, son séjour à Triggvi est le plus long à ce jour. Depuis les trois ans où Siobhàn et Jeald se fréquentent, leur vie a été ponctuée de voyages, de courtes visites et de correspondance régulière. La mère de Sio’ a enfin cédé aux demandes de sa fille, étendant leurs voyages en tant qu’herboriste au-delà des limites du Clan des Plaines. Ainsi, Sio’ a pu visiter les Clans du Vent, celui de la Nuit et, bien sûr, aussi souvent que possible, celui de l’Eau. Le Clan du Dragon et celui du Nord restent les territoires encore à explorer de la civilisation de l’ile.

Siobhàn resserre sa cape autour de ses épaules puis s’engage dans l’étroit chemin de pierre en escalier redescendant vers la basse ville. Elle n’est pas au milieu du passage qu’une silhouette sombre apparait au bas des escaliers, s’immobilisant comme pour lui bloquer le chemin. Sio’ fronce les sourcils et ralentit le pas. Incertaine, elle lance un regard derrière elle et s’aperçoit avec un petit haut-le-cœur qu’elle voit que deux autres hommes lui bloquent désormais la retraite.

Elle s’arrête alors que les trois hommes se rapprochent de plus en plus d’elle, puis elle décide de tenter de forcer le passage dans la direction de l’homme seul. Après tout, elle n’est peut-être que trop paranoïaque et ces hommes ne lui veulent rien, non? Lorsqu’elle se glisse contre le mur pour tenter de passer à côté de l’homme, néanmoins, ce dernier l’attrape par le bras.

« Hé ho, pas si vite, qu’est-ce qui presse autant? »

Siobhàn donne un coup pour se dégager de la poigne de l’homme, sans grand succès, puis lui lance entre ses dents, courroucée :

« J’ai du travail et je suis attendue. Lâche-moi tout de suite. »

L’homme ne la relâche pas, ce qui donne le temps à ses acolytes d’approcher.

« Ho pourtant, j’ai entendu parler que tu ne rechignais pas sur la compagnie de plaisir, guérisseuse. »

L’homme tente de glisser sa main vers elle, mais Sio’ est plus rapide que lui et lui écrase son talon sur le pied. L’homme pousse un cri de douleur, mais la diversion ne permet pas à Siobhàn de s’échapper, les deux autres l’attrapant à leur tour. Elle se débat comme un beau diable.

« Lâchez-moi bande de chiens! »

« Tient là tranquille, Brand, si elle continue à hurler comme ça elle va attirer quelqu’un. Et maintenant voyons voir ce que la demoiselle à d’intéressant dans son sac… »

Le prénommé Brand sort alors un poignard de sa poche et l’approche de la gorge de Siobhàn. Furibonde, la rouquine lui crache au visage malgré tout. Sur le coup de la colère, l’homme serre le poing puis la frappe sur le côté de l’abdomen. Siobhàn crie, plus d’horreur que de douleur, en tentant de refermer ses bras autour de son ventre en un geste inutile de protection. S’en prendre à elle est une chose. S’en prendre à son enfant… elle devient hystérique.

« NON! NE ME TOUCHEZ PAS! »

Elle se débat, se replie sur elle-même, hurle à pleins poumons. L’homme veut la frapper de nouveau pour la faire taire, mais afin de protéger son ventre, elle se jette en avant. La lame que l’homme tient à la main vient alors déchirer sa peau, entaillant son visage en une longue enfilade brulante. Le premier homme attrape alors sa cape pour la ramener vivement vers l’arrière, mais lorsqu’il voit son visage baigner de sang, l’homme à un mouvement de recul et la relâche. Dans la confusion, son élan et la bousculade, Siobhàn est projeté vers le bas des escaliers.

La douleur et l’étourdissement prennent alors toute la place. Elle ne reconnait plus le ciel ni la terre pendant de longues descentes alors qu’à tout instant elle percute les marches de pierres glacées par coups violents sur sa tête, son dos, ses reins, son ventre…

Lorsqu’enfin la chute cesse, elle est étendue à plat ventre au bas des escaliers. Son corps entier lui fait mal et elle n’est qu’à moitié consciente. Ayant à peine la force de garder les paupières ouvertes, elle ne peut pas bouger. Immobile, elle voit les trois hommes accourir près d’elle, lui arracher son sac, en retirer sa bourse pourtant si faiblement garnie, rejeter le sac au sol puis prendre leurs jambes à leur coup. Elle n’en a pourtant rien à faire d’eux ou de son argent volé. La seule chose à laquelle elle pense avant de sombrer dans l’inconscience est la douleur horrifiante qui lui déchire le ventre et la peur panique que celui lui inspire.

Quelques heures plus tard, Jeald fait irruption en catastrophe dans la maison du guérisseur de renom de Triggvi chez qui les passants ont amené Siobhàn après l’avoir trouvé, inconscience, en bas des escaliers de pierre. En panique, l’homme lance un regard circulaire à la pièce, insensible à la rudesse de son introduction.

« Où est-elle? »

Un homme d’un certain âge lui fait signe de le suivre vers une chambre au bout d’un long couloir. Sans attendre son hôte, Jeald s’élance vers celui-ci puis entre dans la petite pièce sombre aux rideaux tirés.

« Sio’? »

La jeune femme ne répond pas. Assise dans un lit simple, elle à la tête tournée vers la fenêtre et le regard perdu dans le vide. Les ecchymoses sur son visage sont serrer les poings de rage à Jeald. Sa mère est assise à côté d’elle et lui tient la main sans que sa fille ne semble le remarquer. Ehanwëe se redresse puis s’avance vers lui. Elle lui serre doucement le bras, comme pour lui donner des forces, et murmure simplement :

« Je suis tellement désolé… »

Il ne comprend pas et fronce les sourcils, de plus en plus inquiet, mais elle se contente de quitter la pièce, les laissant seuls, en refermant la porte derrière elle. Jeald s’approche de la rousse, attrapant sa main à son tour. Se penchant vers elle, il tente de capter son regard.

« Sio’, c’est moi… »

Il croit d’abord qu’elle ne l’a pas entendu, mais au bout de plusieurs longues secondes de silence, elle dit d’une voix rauque et détachée :

« Ils l’ont tué, Jeald. Ils l’ont tué… »

De plus en plus perplexe, Jeald tend la main pour caresser la joue de Siobhan.

« De quoi tu… »

Son geste et sa voix s’arrêtent net alors que son regard s’accroche au ventre de son amante. Ou plutôt l’absence de ventre. Lorsqu’elle l’a quitté ce matin même, ses cinq mois de grossesse étaient bien visibles. Pourtant, maintenant, elle est aussi maigre que le jour de leur première rencontre. Une sueur froide traverse son dos alors qu’il comprend.

Siobhan tourne enfin ses iris ambrés vers lui et il y lit une détresse sans nom, parfait sinon plus grand écho encore à son propre désarroi. Dans la pénombre, il remarque l'enfilade rouge sur le visage de Sio' et réprime un frisson. Il voudrait tendre la main vers elle, la réconforter, mais son regard le cloue sur place.

« Il a dit que je n’aurais plus jamais d’enfants, Jeald. »




☩ Chapitre 6
« On s'est joué de moi une fois de trop. Maintenant, c'est moi qui me jouerais du monde entier. » - Siobhàn Ragnvald

Siobhan est seule, assise sur son charriot. Désormais, lui-même, l’horrible mule qui le tire et tout son contenu lui appartiennent. Elle a du mal à accepter l’idée, un gout amer venant saper les quelques brins de plaisir qu’elle devrait ressentir. Lançant un regard en arrière vers le petit campement du Clan des Plaines qu’elle laisse derrière. Ou plutôt, vers sa mère, qu’elle laisse derrière.

Trop vielle désormais, qu’elle disait. Je veux une vie de tranquillité, qu’elle ajoutait. Je crois que je l’aime, a-t-elle conclut.

Ehanwëe a développé une santé plus fragile les dernières années et n’a jamais caché à sa fille qu’elle aimerait un jour vivre une vie plus tranquille que celle des routes. Elle a proposé à sa fille de rester avec elle. Ses talents d’herboriste et de guérisseuse auraient été appréciés sur place, de façon permanente. Siobhan n’avait pu s’y résoudre. La simple idée de poser ses pieds quelque part ainsi, dans un lieu qu’elle ne pourrait jamais appeler « chez elle », la rend claustrophobie.  

Non. Si sa mère en a fini de la vie d’itinérante, Siobhàn, elle, ne croit pas qu’elle pourra un jour y renoncer.

Les deux dernières années avaient été étranges, difficiles. Après l’attaque des voleurs, sa chute puis la perte de leur enfant à naitre, Jeald s’était éloigné d’elle. Alors qu’elle avait désespérément besoin de lui, besoin de quelqu’un ouvertement pour la première fois de sa vie, il n’était plus là. La perte avait été trop grande à supporter, que lui disait sa mère. Pourtant Siobhàn savait au fond d’elle-même pourquoi l’homme qu’elle aimait prenait le large. Jeald a toujours voulu des enfants, l’héritage étant important pour lui, et selon les médecins, Siobhàn ne pourrait plus jamais en porter. La fausse couche avait été trop difficile, trop violente.

Tout cela. Tout ce mal pour quelques pièces seulement...

Lorsqu’elle avait été remise, elle était donc partie, tout simplement. Elle ne l’a pas revu depuis et lui n’a pas cherché à la contacter. Après tout, sans mariage ni fiançailles, absolument rien ne les obligeait plus l’un envers l’autre, maintenant que l’enfant n’était plus.

Elle n'avait pas non plus cherché à retrouver les voleurs. La douleur avait été trop grande pour qu'elle puisse ressentir autre chose, fusse la rancoeur. Les retrouver ne lui ramènerait pas son bébé non plus.

Sa vie d’avant a repris, tranquillement, mais si en apparence, à part la cicatrice rosée barrant désormais son visage, tout est maintenant comme si sa rencontre avec Jeald n’avait pas existé, elle sent qu’elle a changé. L’avenir est flou, un simple chemin qu’elle forge de ses mains, mais elle s’en fou. Elle ne croit plus en rien, sinon en ce qu’elle fait. L’amour, la famille, les plans d’avenir… tout cela est devenu concepts étrangers.

Même sa conviction profonde de l’existence des Dieux a été ébranlée. Pourquoi lui avoir arraché la seule chose qu’elle ait jamais réellement souhaité, à elle qui n’a pourtant jamais été choyée? Pourquoi l’avoir puni de crimes dont elle ignore l’origine et s’être vengé sur son enfant? Où était Idunn, sa protectrice, ou Freyja, protectrice des enfants?

Mais plus encore, elle a perdu confiance en l’homme.

Siobhàn fait claquer sa langue avec détermination pour faire hâter le pas aux deux équidés tirant sa charrette. Devant elle, la route s’étire, loin, vers le nord. Elle cueillera de nouvelles plantes et continuera de donner sens à sa vie en donnant à tous, peu importe leur Clan ou leur or, tout ce qu’Iddun lui a offert. Elle visitera ces contres qu’elle n’a jamais vus, jusqu’à se perdre dans le grand loin inexploré. Elle boira ces bières et alcools qu’elle n’a jamais goutés, jusqu’à en prendre la raison. Elle va vivre les plaisirs de sa chair et de chaque jour jusqu’à ce que ces satanées convenances oublient qu’elle existe. Elle ne retournera jamais à Triggvi.

Puis finalement, elle se jouera du monde entier, pour que plus jamais il ne se joue d’elle.




☩ Épilogue
« Je connais tes secrets, mais tu ignoreras toujours les miens. » - Siobhàn Ragnvald

Le chien noir et blanc s’époumone en jappements vers l’homme complètement nu, cachant sa virilité de ses deux grosses mains joufflues, qui se tient en équilibre au bout du grand pont du port du petit village côtier. Il fait face à une grande femme à l’incroyable chevelure rousse et au visage barré d’une cicatrice. Derrière cette dernière, humiliation ultime, l’entièreté du village s’est massée pour regarder le spectacle et le regarde, lui, haut et riche banquier de Triggvi, venu par bonté d’âme aider ce petit village de moins que riens, en hurlant de rire.

Le visage rouge de honte et de colère, l’homme s’époumonent.

« Maudite femme! Espèce de folle furieuse! Qu’est-ce qui vous prend de vous en prendre à moi? Je vous le ferais payer! »

Comment l’homme s’est retrouvé détroussé de ses vêtements au beau milieu de l’endroit le plus achalandé du village, cela du rester un mystère. Un de plus entourant l’herboriste rousse qui rejette la tête vers l’arrière pour laisser s’échapper un grand rire narquois.

« Ho, les griefs seraient longs à t’énumérer, face de Troll. Mais laisse-moi éclairer ta petite cervelle de crevette sur le crime qui te vaut ce procès public. »

Elle s’avance d’un pas vers lui et son expression perd tout de son hilarité pour gagner en dégout et en colère. L’homme a soudain peur.

« Abuser une enfant n’est pas assez odieux pour toi, il aurait fallu que tu laisses ces gens-là couvrir de honte toute seule. »

La foule devient silencieuse et l’énergie change, à l’instar de la femme quelques instants auparavant. L’homme se met à trembler.

« Alors voici ta sentence. Plus jamais tu ne mettras les pieds dans ce village. Tu laisseras de l’argent à Agatha pour elle et son enfant, mais jamais tu ne t’aviseras de prendre contact avec eux. Tu n’as d’un père que l’odieux d’un geste voler et tu n’auras jamais l’honneur de te prétendre autrement. Le plus beau cadeau que tu peux leur offrir est de disparaitre. Alors, disparais. »

Des cris d’approbation et de colère s’élèvent derrière la femme. Les regards qui dévisagent l’homme sont froids, agressifs, dangereux. Beaucoup de comportements odieux sont acceptés pour un homme dans ce monde de fou, mais agresser une enfant n’en fait heureusement pas partie.

Siobhàn s’écarte et fait un geste pour laisser passer l’homme. Écarlate comme une écrevisse, qui dandine rapidement son corps vers cette échappatoire à son humiliation. Elle le retient, au dernier instant, et toute la clameur des gens et les grognements de Kaän à côté d’elle, elle lui murmure :

« Si tu ne disparais pas, je le saurais. J’ai des amis hauts placés qui me doivent quelques services. Si tu tiens à ce qu’il te reste de réputation, je ferais exactement ce que je t’ordonne. Et si cette menace n’est pas assez grande, sache que les plantes, qui sont elles aussi mes amis, ne servent pas toutes à guérir les hommes. »

Elle le relâche et il prend la fuite. Elle ressent un profond dégout pour cet homme.Aucune compassion. Les agresseurs sont les êtres qu'elle haït le plus sur cette terre. L'ironie aura voulu qu'elle en ait un pour père.

Siobhàn lance un regard vers Kaän à côté d’elle, lui lance un clin d’oeil puis lui fait signe de la suivre. La foule en colère suit l’homme, mais elle prend le chemin inverse.

Elle s’éloigne, seule, grande silhouette rousse accompagnée d’un simple chien errant comme compagnon.




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Aloooors, je me réserve un deuxième sujet, juste au cas où. Moi et les pavés titans, c'est une vieille histoire d'amour What a Face

Sinon, j'en profite pour mentionner que ma période d'examen se termine cette semaine, du coup je pourrais me pencher sur la rédaction à partir du week-end prochain Wink Tout est bien scénarisé dans ma tête, et tout est déjà organisé dans ma fiche, sauf que là, je meurs sous le poids des « études-examens-rédactions de travaux-prof qui veulent ma mort ».

Spoiler:
 

MAIS JE VAIS VAIIIIIIINCRE!

Bisous sur vos nez! ♥️


Édit : Finalement, ce fut utile, ce deuxième post What a Face

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Dim 17 Avr - 15:56

J'adore ton avatar et ton prénom I love you Bienvenue camarade rousse ~

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Dim 17 Avr - 16:24

Bienvenue parmi nous, mademoiselle! En espérant que tu te plaises ici! J'ai déjà hâte d'en apprendre plus sur Siobhán.

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Siobhán Ragnvald


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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Dim 17 Avr - 16:47

Merci Aslaug, ton avatar est génial aussi ♥️
LES ROUX VONT DOMINER LE MONDE!!

Merci à toi aussi Reiel^^ Ça va venir, juste le temps de finir de me battre avec mes examens What a Face

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Dim 17 Avr - 21:05

IIIIIIIIIIIIIIIH

*une mini-tornade brune accourt de l'autre côté du Grand Loin et câliiiiiiiine !*

Et en plus tu attends genre VILEMENT que j'aie pas d'ordi sous la main pendant plusieurs jours pour créer ton perso, mais tu mériterais que je te BOUDE ! *boude au moins TROIS SECONDES avant de refaire câliiiiin* j'ai hâte de voir ce que va donner cette non-barbue en tout cas **

Je m'occuperai de ce dont tu parles à mon retour du coup, merci de l'avoir signalé ♥ mais juste... où ça des liens oranges ? ^^'

Courage pour les partiels en tout cas ! 8D

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Lun 18 Avr - 10:16

Salutation et bienvenu (et la puissance des roux est sous-estimé... Un jour ils domineront l'univers.)

Si on continue comme ça (et avec un peu de chance), Vous pourriez former la secte des herboristes d'Idunn du clan des plaines avec zlakto (je dis ça, je dis rien).

A plus tard, et courage pour tes partiels!
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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Lun 18 Avr - 17:35

Les roux domineront le monde mais pas ce soir, il y a blizzard.

Bienvenue jeune femme des plaines. J'ai hâte de lire le reste de ta fiche et ait apprécié comment tu as réussi à faire entrer autant de contexte rien que dans ton physique.

Au plaisir de te croiser en jeu et bon courage pour tes examens Wink

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Lun 18 Avr - 20:39

Dag' : Rhooo j'ai voulu te faire une surprise, ca m'apprendra What a Face
Et ouai, j'en reviens pas moi même d'avoir décidé de jouer une femme, je dois enfin commencer à assumer ma féminité ou je sais pas quoi. Ca ou il va pleuvoir des pieuvres demain... ou j'vais lui faire pousser la barbe, tien, bonne idée *OUT*

J'espère qu'elle te plaira en tout cas ♥️
J'VAIS EN FAIRE UN MONSTRE EN VRAI' J'LE SENS' MAIS CHUT

Ha ouai, non, zut... Je voulais parler du texte en orange dans les catégories pour illustrer le nombre de messages, toussa. J'my arrache les yeux What a Face
J'étais fatiguée, pardon de l'imprécision x)

Hja' : Merci! ♥️
Ho il y a d'autres herboristes sur le forum? J'ai tenté de faire le tour, question de faire original, mais j'ai du zappé une partie. Bha, on se fera un ordre professionnel du coup, question de booster les prix des services What a Face *s'étouffe*

Jol ' : Merci à toi aussi pour l’accueil ♥️
J'essai au plus possible d'intégré le contexte du forum dans ma fiche donc c'est vraiment sympa que tu l'ai remarqué avec le peu que j'ai posté! N'hésitez pas à me taper sur le nez si je comprend un truc de travers néanmoins, je suis loin d'être familière avec la mythologie nordiste Wink

P.S. : En passant, j'ai probablement convaincu un joueur de mon propre forum (vive notre tout nouveau tout neuf partenariat Ewilan/Stigandr, olé olé) de nous rejoindre ici ♥️
S'il rapplique j'veux un cookie, j'bosse pas pour rien, moi, nan mais ho /SBAAAF/

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Lun 18 Avr - 21:54

Eh ouais, je t'ai démasquée malgré la non-barbe du perso et la feinte sur le clan, fallait pas parler de pigeon ni de ta tendance au pavé What a Face sinon tu peux lui faire pousser la barbe si tu veux, et en faire un/e hermaphrodite même, c'est ton perso... mais ça sera sans doute plus compliqué à jouer qu'une femme Razz (et t'inquiète pour la surprise, je m'attendais pas à te voir arriver si tôt donc je l'ai eue quand même, et j'ai couiné et sautillé derrière mon tél comme une gamine XD)

Et d'accord, je vois de quoi tu veux parler... mais sur mes divers écrans je le vois rose en fait /MUR/ peut-être qu'avec un fond plus pâle et moins texturé ça passera déjà mieux, sinon si tu as des conseils à me donner par MP ou autre n'hésite pas, je connais ta compétence en graphisme et autres arts visuels ♥️ (mais après tes exams !)

Et on a effectivement un autre herboriste dont la fiche est en cours de modification, mais ça fait un moment qu'il n'est pas passé. J'espère qu'il pourra la finir quand même !

P.S. : OWI UN NOUVEAU *_______* Si tu parviens à l'amener jusqu'à la validation de sa fiche tu auras droit non point à un cookie, mais à un gâteau au miel fait maison, ce qui est quand même vachement mieux ♥️ vive les partenariats ! =D

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Lun 18 Avr - 22:21

Me tente pas de me compliqué la vie, tu sais que c'est mon trademark What a Face
Mais non, tant qu'a jouer une femme pour une fois, je vais y aller franc jeu! Peut-être un peu trop en fait... mais chut x)

Aww, contente que ca te fasse aussi plaisir ♥️

Je viens de t'envoyer un MP, j'ai quelques idées derrière la tête justement Wink

OWIII DU GÂTEAU ♥️
Je le cuisine là, mais il a déjà un avatar favoris de sélectionné, une profession et un clan de choisis, ca s'annonce bien x) VIENS LE TRAVAILLER AVEC MOI, C'EST JORTH SUR EWI'

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Lun 18 Avr - 22:46

Je remarque tout. Je remarque aussi que les filles du clan de la Plaine semblent dotées d'un sacré tempérament *lance un regard neutre à sa promise*.

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Mar 19 Avr - 13:02

Oh, tu me donnes encore plus envie de voir la suite de ta fiche là ♥

Et nan, je te laisse faire la propagande toute seule, tu t'en sors visiblement beaucoup mieux que moi XD

*fait un sourire joyeux et innocent à son fiancé* En ce qui me concerne vous allez devoir patienter encore un peu avant d'en avoir le coeur net, très cher... ^^

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Ven 22 Avr - 4:05

Je vois absolument pas de quoi tu parles, Jol What a Face *sifflote*

Bientôt la suite! J'ai si hate de l'écrire moi aussi, et mes exams finissent dans deux dodos /PAN!/
Je dois aussi retravailler le physique finalement, il y a des trucs que j'aime pas dedans, je devais être trop fatiguée pour écrire finalement... pardon x) M'enfin, je vous signale ca lorsque c'est tout complété! Probablement samedi ou dimanche si tout va bien ♥️

Édit : Physique corrigé et complété, et caractère ajouté! Je finis son histoire ce we comme promis Wink

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Lun 25 Avr - 5:17

Je crois bien avoir fini la rédaction de ma fiche!

WOUHOUUUU:
 

Et... awé j'ai pondu un pavé, pardon What a Face

Je me répète, faut pas hésiter à me taper, comme je connais très peu de chose sur l'univers nordiste à la base. J'ai tenter de suivre au maximum tout ce qui est inscrit dans le contexte, mais pour les zones d'ombre, j'ai improviser. Bref, j'espère que le tout vous plaira malgré cela!

Amour sur vos nez ♥️

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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Mar 26 Avr - 0:59

Ne t'excuse pas, voyons! Un pavé, c'est agréable quand c'est bien écrit.

Justement, je viens officiellement approuver ta fiche! Tu peux maintenant commencer à rédiger ton carnet de bord, et créditer les illustrations que tu utilises. Tu pourrais même commencer tout de suite à RP; et si une quête t'intéresse, tu pourras t'y inscrire. Sur ce, au nom de toute l'équipe, je te souhaite la bienvenue parmi nous en tant que membre approuvée!

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Siobhán Ragnvald


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MessageSujet: Re: Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn   Mar 26 Avr - 2:46

Hoo merci! Je suis heureuse de ne pas avoir tapé à coté, mais j'avoue avoir eu quelques petits coups de main de Dag' en coulisses What a Face

Pluie d'amour sur vos nez! ♥️

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Siobhán Ragnvald | Herboriste & Fille d'Idunn
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