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 Ce qui nous arrive nous ressemble

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Svenn Sílfrahárr


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MessageSujet: Ce qui nous arrive nous ressemble   Mer 23 Aoû - 22:52

Tryggvi. Il est temps pour lui de quitter cette ville. Ça fait déjà trop longtemps qu’il est là. Tous les vendeurs le reconnaissent. Il n’y a plus moyen de rien voler au marché. Et il est écœuré de cette humidité salée qui transperce tout.

La route lui manque.

Rune Stigsdottir. Dans ce nom réside sa planche de salut. Du moins, c’est ce que le tavernier a laissé sous-entendre. Une marchande. Marchande de quoi? Il ne sait pas, il ne l’a pas demandé. Mais il sait qu’elle cherche une escorte pour ses marchandises. Vers où? Ça non plus il ne le sait pas. Ça n’a pas d’importance. Aller n’importe où sera toujours mieux que de rester ici à pourrir et à dormir sur les quais.

Un dernier regard vers le port et il entre dans la ville en tant que telle. Dans les rues, il attrape le premier gamin qui lui semble apte à la tâche, un blondinet qui court pieds nus. Il lui file la seule babiole qu’il ait réussi à voler hier, un jouet en bois. Le bateau sculpté est une belle pièce qui vaut sûrement plus que le prix de la commission qu’il lui demande.

Le garçon le guide à travers les ruelles et les places jusqu’au cœur même de Tryggvi. Il lui pointe une silhouette aux cheveux noirs qui leur fait dos, puis il repart sans demander son reste.

Svenn s’approche et tape légèrement sur l’épaule de celle qui lui a été désignée.

- Vous êtes bien Rune Stigsdottir? J’ai entendu dire que vous cherchiez une escorte. Si c’est le cas, j’aimerais m’engager.

Est-ce qu’il a l’air d’un homme à qui l’on ferait confiance pour accompagner des marchandises? Non, sûrement pas. Remarque que ça ne l’a pas empêché de se faire engager de nombreuses fois. Les villes regorgent d’hommes honnêtes, mais elles manquent parfois cruellement d’hommes qui savent survivre sur les routes. Et puis, si la jeune femme se rabat sur les ragots des taverniers pour engager ses hommes, elle doit avoir certaines difficultés à recruter.

Une marchande qui n’arrive pas à se trouver des employés. Il y a certainement anguille sous roche. Soit elle est trop pauvre pour les payer, soit quelque chose d’autre se trame. Il le découvrira bien assez tôt, mais pour le moment tant qu’elle lui permet de quitter la ville il s’en contentera.
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Rune Stigsdottir


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MessageSujet: Re: Ce qui nous arrive nous ressemble   Jeu 24 Aoû - 13:09

Quelques mots bien tournés et bien sentis  qui  tombent dans les bonnes oreilles  et  les langues ont tôt fait de se délier  et de propager  les ragots. Voilà  pourquoi les mercenaires  venait attiré par les rumeurs comme un dragon-fée par du métal.  C'était l'une des choses que le voyageur borgne  lui avait apprise. C'était un homme sage et fort savant possédant une perspicacité  surnaturelle à lire dans les cœurs et à apaiser les tourments de l’âme. Elle regrettait sa disparition mais elle devinait  que le borgne l'avait quittée parce qu'elle n'avait plus besoin de son aide pour courir le monde. Rune ignorait  comment elle  pourrait  surpasser cet esprit brillant  qu'elle admirait. Il avait l'amour des mots et comprenait leur pouvoir  tout comme elle. Les mots  peuvent tromper, cacher la vérité ou tisser une toile de vérité et de mensonge si bien qu'on ne pouvait plus distinguer les deux. Les mots peuvent  aussi révéler  les désirs de ses interlocuteurs, leurs intentions et manipuler les esprits.  Elle l'avait  compris  enfant en écoutant les disputes.

Pourtant elle n'avait jamais été capable  de comprendre pleinement le borgne qui continuait d’être insaisissable tel un fantôme. Qui était-il,  se demandait-elle encore et  toujours, un simple mortel clairvoyant ou un  Dieu foulant les terres des mortels ? Etait-il Odin, le dieu qui avait sacrifié son oeil, s'était pendu pour acquérir la connaissance ?  Ou était-ce le menteur, le maitre des illusions, Loki qui lui avait accordé son don ?

Rune  s'arracha à ses pensées pour se tourner vers la voix masculine qui l'interpellait. Elle pouvait déjà dire que c'était un homme dans la force de l'age.  Elle se retint  de faire chevaucher ses pensées  d'émettre des hypothèses sur ce qu'il était. Elle verrait bien en  regardant sa tunique et  en l'écoutant.  La simplicité modeste et la discrète richesse de sa tunique  conçue pour le voyage la désignait  indubitablement  comme  une  négociante mais on l'observait avec une attention d'aigle et d'un œil connaisseur, on s'étonnerait que les deux bagues  à sa main droite soient de si belle facture pour une simple colporteuse. Effectivement qu'il y avait  aiguille sous roche car sa fortune  ne résidait pas  dans ses chariots, ni dans les quelques entrepôts qu'elle possédait ni dans ses coffres mais  dans la boite de l'Infini. Le don merveilleux et parfois déroutant de Loki.

Les billes orageuses de ses yeux gris  fixèrent  l'homme qui l'avait interpellée et cherchait à jauger  sans  condamner  l'état de sa tenue ou les cicatrices ou quoi ce soit d'autre. Etait-il  un bon mercenaire à engager pour son escorte ? C'était la seule question qui importait et ses cicatrices témoignait pour lui. Comme d'habitude, elle se composait un masque de négociante qui ne révélait rien de ses pensées. C'était l'armure qu'elle avait développée contre les blessures intimes de son enfance et qui ne laissait que peu de place à l'amitié. Quand elle ouvrit  la bouche, ce fut les paroles  d'une négociante  dont les affaires marchaient et non le langage d'une fille de pêcheuse ou d'une artisane du clan. Ou qui se flattait  d’être   important malgré la piètre qualité de sa marchandise.

En effet, je suis bien Rune Stigsdottir du Clan de l'Eau  mais il ne me semble pas juste que vous connaissiez mon nom si j'ignore le votre. Vous avez là d'intéressante cicatrice, et si je ne m'abuse, vous les reçues en défendant des caravanes. Peut-être préférez-vous qu'on en discute plus amplement au Le Coq et l'Oie  ?

Rien n'affirmait ou infirmait qu'il put également  s'agir  d'un don dévastateur mais elle ne dit rien, elle étudiait son interlocuteur et ses réactions à ses propos. Il devait bien se douter que si elle avait une mauvaise impression de lui ou que ses réactions lui déplaise cela pourrait lui couter le salaire, l'équipement et la nourriture qu'elle aurait pu fournir contre  ses bras pour défendre sa caravane.
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Svenn Sílfrahárr


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MessageSujet: Re: Ce qui nous arrive nous ressemble   Ven 25 Aoû - 0:57

L’inconnue se retourna dès qu’il ouvre la bouche. Il peut ainsi la regarder tout à son aise. Elle est dans la début vingtaine peut-être. À voir sa tunique et les bagues à ses doigts, Svenn sait tout de suite que l’argent n’est pas son problème. C’est aussi bien comme ça. Il a davantage besoin d’être grassement payé qu’il a besoin d’avoir un employeur respectable.

Svenn soutient le regard de la marchande pendant qu’elle le jauge. Pour avoir joué à ce jeu des dizaines de fois, il peut suivre ses pensées. Elle le dévisage premièrement avec une attention particulière pour la cicatrice de brûlure sur sa joue. Elle descend par la suite à ses vêtements mieux adaptés pour la route que pour impressionner les filles des villes. Elle en profite probablement pour regarder ses mains au moins aussi brûlées que son visage.

Il a réussi le premier test et elle parle à son tour. Svenn a un sourire en coin. Il l’aime déjà. Elle est sûre d’elle-même, elle a la langue bien pendue et elle va droit au but. Elle le questionne directement à propos de ces cicatrices, alors que les gens polis évitent habituellement le sujet, au moins dans les premières dix minutes de la conversation.

- Je m’appelle Svenn Sílfrahárr. Je suis du clan du Nord.


Il aurait pu lui mentir, mais il ne l’a pas fait. Pour plusieurs raisons. Premièrement, il n’a rien à cacher. Si elle est au moins à moitié aussi brillante qu’elle a l’air, elle sait déjà qu’il n’est pas un homme honnête et qu’il vend ses services à qui veut bien les acheter peu importe la cause. Deuxièmement, s’il peut réussir à salir le nom de son père au gré de ses passages dans tous les clans, il considérera cela comme un gain. Et finalement, il a l’intime conviction que dire la vérité la plupart du temps permet de mentir aisément lorsque besoin il y a. Alors, en homme prévoyant il dit la vérité.

- Je vous accompagnerai avec plaisir au Coq et à l’Oie.


Le deuxième test commence. Il a réussi à avoir une entrevue. En prévision de cette étape traditionnelle des négociations, il a volé une bourse sur son chemin entre le port et ici. Elle n’est pas exactement bien remplie, mais cela suffira. Rien de tel que de se faire accompagner par un enfant pour distraire les gens et apporter un souffle nouveau à sa carrière de voleur.

Comme il se laisse guider par Rune jusqu’à la taverne, il décide de lancer lui-même la conversation sur ce qui intéresse apparemment le plus la marchande. Il touche du bout de l’index la cicatrice qui orne son visage.

- Celle-là je l’ai reçu en défendant une caravane. Pour les autres, ça dépend. J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie…

C’est assez de détails pour le moment.

Ils se jugent et se testent mutuellement. Elle veut savoir s’il fera un bon mercenaire. Lui, maintenant qu’il sait qu’elle a de quoi payer et qu’elle est assez intéressée pour l’inviter à discuter, il attend de se faire prouver qu’elle est assez intelligente pour qu’il s’engage à elle sans crainte qu’elle les jettera elle et lui dans le premier merdier venu.
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MessageSujet: Re: Ce qui nous arrive nous ressemble   Dim 27 Aoû - 19:16

De l'inspection de Svenn, Rune en retira de son coté qu'il était  dans la force de l'age. Entre trente-cinq  à quarante hivers songea-t-elle. Sa tenue faite pour le voyage  en faisait un habitué des routes, un bon point pour lui  même s'il paraissait visiblement  dans le besoin.  Elle  pourrait essayer de faire baisser  la paye qu'il réclamerait  sans prendre le risque  qu'il refuse sa proposition et cherche un autre négociant plus accommodant.

Rune  s'abstint   d'exprimer   sa surprise et son effort pour  ressusciter ses souvenirs mais on pouvait voir une infime réaction de son sourcil droit qui se plissa légèrement.  Sílfrahárr ?  Il lui semblait que c'était une famille  du clan du Nord  plutôt réputé si elle se souvenait bien d'une conversation entendue  sur les marchés du Nord. Il pouvait bien sur mentir mais pourquoi se revendiquerait-t-il d'une telle famille si ce n'était qu'un mensonge ? Elle envisagea que ce soit  la vérité ce qui était beaucoup plus probable puis se questionna  sur ses motifs. Pourquoi donnait-il  son véritable  nom  ? Il donnait  une image peu reluisante de la famille Sílfrahárr  en se présentant comme un mercenaire. Elle était assez finaude pour éviter de poser la question qui fâche, il ne répondrait sans doute  pas et irait  trouver un autre commerçant. Rune préféra apporter elle-même la réponse et trouva  aisément plusieurs explications  dont la plus probable  était que cet homme était en conflit  avec sa famille  pour une raison quelconque. Elle ne remit cependant pas en doute  son origine clanique car elle reconnait l'accent bien qu'il fut atténué par les années d'errance.

Ses bottes prenant le chemin de l'auberge qu'elle venait d'évoquer, Rune continua  d'observer l'homme de ses yeux couleur de tempête   naturellement méfiant. Yeux qui amenait parfois ses interlocuteurs à  penser qu'elle était une personnalité explosive ou rêveuse ou qu'elle possédait un don de Njord très prisé des pécheurs. Une facette trompeuse d’elle-même qui changeait selon l'éclairage. En l’occurrence, méfiante, elle l'était effectivement vu la façon dont on l'avait abordée. Il ne lui avait dit aucun mensonge pour l'instant mais ça ne voulait rien dire. C'était peut-être pour endormir son esprit soupçonneux qu'il lui avait la vérité.  Il lui servirait peut-être plus tard une louche de mensonge en pensant qu'elle était assez cruche pour le croire ou qu'elle lui faisait suffisamment confiance pour qu'elle le croye. Toutefois elle convenait qu'elle devait se montrer prudente. On ne savait jamais quel don pouvait avoir votre interlocuteur. 

J'imagine aisément que vous avez vécu une vie passionnante. répliqua-t-elle sur une note mi-ironique mi-incisif. Pas de doute. Elle se moquait du peu d'importance qu'il accordait à ses autres brulures. J'ose espérer que vous nous divertirez au coin du feu avec vos aventures.

Rune  se déplaça sur le coté pour éviter un cheval  à la robe brune et son cavalier sortant de l'écurie du Coq et l'Oie qui s'en allait accompagner  une tache quelconque. L'enseigne  grinçante du Coq et  l'Oie montrait un coq rouge en partie délavé par le temps et une oie  blanche dont le bec jaune avait presque disparu. Elle entra à l'intérieur attirant les regards des clients de l'auberge qui était attablés. Quelques  étrangers levèrent leur chope à l'intention de Rune. C'était  le signe  qu'ils la reconnaissaient contrairement aux marchands du clan de l'Eau ou aux habitués qui n'appréciait guère de voir une femme négociante et se renfrognèrent.

Rune fit un signe de reconnaissance et ignora  les mines désapprobatrices de ses frères claniques. Elle pouvait les supporter. Elle n'avait qu'à les dédaigner, à faire comme s'ils n'existaient pas  comme l'avait fait  son oncle Eirik en son temps. Elle s'installa à une table et attendit que  Svenn s'y attable pour poursuivre.
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MessageSujet: Re: Ce qui nous arrive nous ressemble   Mer 30 Aoû - 5:26

- Madame, je ferai tout ce que vous demanderez si vous m’engagez.

Il accompagne sa phrase d’un ton faussement déférent et d’une petite révérence. Si elle se moque visiblement de lui et de ses airs de vieux routards, il le lui rend bien. Il se doute qu’elle n’est pas le genre de fille à vouloir se faire appeler madame et qu’on lui cède sur tous les points. Et s’il vend ses services à celui qui veut bien payer, il n’a pas un caractère qui le porte à être servile.

Rune, qui continue de guider ses pas, entre finalement à l’auberge. Elle semble déjà avoir ses aises, mais Svenn n’est pas familier avec le lieu. Il a l’habitude de fréquenter des endroits un peu moins dispendieux et un peu plus mal famé.

À première vue, la clientèle est assez froide. Il ne se trouve pas un homme du clan de l’Eau pour regarder Rune dans les yeux ou pour la saluer. Svenn qu’elle traîne à sa suite n’a pas droit à un meilleur accueil et s’il n’est pas autant ignoré plusieurs lui jettent des regards mauvais, lui signifiant clairement qu’il fait tache dans le décor.

Alors voilà l’anguille sous roche, la raison pourquoi Rune se rabat pour son recrutement sur les ragots de taverniers et les hommes de passage. Elle n’est pas assez aimée à Tryggvi pour réussir à engager des hommes du village. Svenn ne le prend pas comme un mauvais présage. C’est bon signe en fait. Une femme qui a du succès en affaires n’a pas beaucoup à faire pour se mettre les hommes à dos. Et Rune semble assez forte pour garder la tête haute à travers ça.

Il se trouve bien quelques étrangers dans la salle pour lever leur verre et leur dire le bonjour. Ils en profitent pour observer Svenn avec des airs curieux, se demandant sans aucun doute quel genre d’affaires la marchande espère conclure avec un tel personnage.

Pas le moindrement troublé par l’accueil qui leur a été fait, le mercenaire suit Rune jusqu’à la table de son choix et s’assoit face à elle. Il dépose son manteau sur le banc à côté de lui, révélant la chemise en toile grossière qu’il porte en dessous.

Il a un mince sourire sur les lèvres. Les négociations sont une formalité. Sa décision est prise. Si la marchande veut bien de lui, et il croit qu’elle voudra, il s’engagera. Ils n’ont pas encore parlé de salaire, mais c’est secondaire. Il a surtout besoin de sortir de Tryggvi.

- On m’a dit que vous cherchiez à engager une escorte, mais on ne m’a pas dit quelle était la destination du voyage, ni quelle était la marchandise à escorter. Évidemment, je comprendrais si vous préfériez garder certaines de ces informations secrètes. Cela ne me dérangerait pas.

Il a dit les deux dernières phrases avec une nonchalance pratiquée et juste assez bas pour que leur voisin ne les entendent pas. Si Rune refuse de divulguer sa destination ou sa cargaison, il prendra pour acquis que quelque chose d’illégal se trame. Et avec ce qu’il vient de lui dire, si elle a le moindrement l’habitude elle-même prendra pour acquis que la légalité de l’affaire ne le préoccupe pas.
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Rune Stigsdottir


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MessageSujet: Re: Ce qui nous arrive nous ressemble   Dim 10 Sep - 23:19

Réagissant au ton faussement obséquieux et à la révérence, Rune s'abstint d'ouvrir  la bouche pour émettre une réflexion bien sentie et le regarda d'une façon  qui accentuait de manière effrayante la tempête que renfermait  ses yeux. Ce regard était censée marquer la désapprobation. Toutefois, on pouvait deviner un léger demi-sourire  sur ses lèvres trahissant  par là son amusement et atténuait la violence de ses yeux.  

Rune  se déplaça sur le coté pour éviter un cheval  à la robe brune et son cavalier sortant de l'écurie du Coq et l'Oie qui s'en allait accompagner  une tache quelconque. L'enseigne  grinçante du Coq et  l'Oie montrait un coq rouge en partie délavé par le temps et une oie  blanche dont le bec jaune avait presque disparu. Elle entra à l'intérieur attirant les regards des clients de l'auberge qui était attablés. Quelques  étrangers levèrent leur chope à l'intention de Rune. C'était  le signe  qu'ils la reconnaissaient contrairement aux marchands du clan de l'Eau ou aux habitués qui n'appréciait guère de voir une femme négociante et se renfrognèrent.

Rune fit un signe de reconnaissance et ignora  les mines désapprobatrices de ses frères claniques. Elle pouvait les supporter. Elle n'avait qu'à les dédaigner, à faire comme s'ils n'existaient pas  comme l'avait fait  son oncle Eirik en son temps. Elle s'installa à une table et attendit que  Svenn s'y attable pour poursuivre l'entretien.

Il parla. On en venait  tout de suite à la partie dangereuse. Les marchandises à escorter. Car en  réalité,  c'était des leurres destinée à dissimuler son don au commun des mortels.  Comment en effet,  accepterait-t-on de lui faire confiance si l'on convenait le dieu qui l'avait parrainée ?  De plus, laisser les autres dans l'ignorance de son don la protégeait en partie puisqu'elle était la  véritable  "cargaison" mais cela n’empêcherait pas les bandits d'attaquer une caravane dont ils jugeraient le butin juteux.  Surtout quand la négociante en question avait une réputation peu commune.

Une seule personne  était au courant pour son don et Rune ignorait ce qu'il était advenue d'elle.
 La négociante admettait tout autant qu'elle redoutait  l’éventualité  que d'autres ait devinée. Bien entendu, personne ne l'avait évoqué devant elle ou avait tentée de la faire chanter mais si elle ne se montrait pas prudente, c'était ce qui pouvait arriver. Peu  ou prou de gens pouvait se targuer de la connaitre réellement. Rune  dissimulait avec une adresse digne de Loki son soi véritable et son histoire personnelle et s'il lui était parfois venu à l'esprit d'alléger le fardeau de son secret,   elle ne l'avait fait qu'une seule fois. Son instinct  la poussait à se dissimuler, à pousser les gens à se faire des illusions sur elle.

Rune pesa et soupesa soigneusement et rapidement les mots  qu'elle  allait choisir pour  baratiner  ce type. Qui sait  s'il n'avait pas  le don de déceler les mensonges soit  parce qu'il était observateur soit parce qu'il le tenait d'un Dieu ? Ne jamais dire de mensonge.  Seulement une vérité.

Je "cherche"  à remplacer un de mes gardes qui s'est malheureusement cassé une jambe.  Je suis contrariée par cet incident, voyez-vous, c'était un bon compagnon de route et...  

Elle se tut en embrassant du regard les hommes du Clan de l'Eau présent dans la salle. Sous-entendu abscons à multiples interprétations.
"Bon compagnon" dans le sens  "dénué de curiosité inopportune" ajouta-t-elle mentalement. En clair reposant. Elle doutait que ce soit le  cas de cet homme. Il avait l'air du genre à fourrer son nez ou il le faut pas. Elle avait délibérément ignoré les questions sous-entendue dans l'optique d'y répondre indirectement.

Je suis disposée à vous accorder les mêmes conditions sous lesquels il escortait ma caravane à savoir le gite et le couvert,  une couverture chaude et une prime de 15 éclats de métal pour le voyage. De cette grosseur.

Elle tira sa bourse pour en tirer un éclat de métal quelque peu marqué par la rouille de taille modeste. Suffisante pour forger des pointes de flèche en fer. Sa voix resta naturelle mais elle  prit soin de  ne pas dévoiler le reste du contenu de sa bourse. S'il tentait de la voler appâté par le gain,  Svenn aurait une mauvaise surprise songea-t-elle. Elle poursuivit son monologue.

 Si je parviens à écouler ma cargaison à la foire d'Hallsbjorn, vous recevrez le double. Quant à vos armes, si vous n'en possédez pas et ne pouvez pas vous procurer, je vous les fournirai mais vous me servirez en tant que garde pendant deux saisons. Cela vous convient-t-il ?  
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MessageSujet: Re: Ce qui nous arrive nous ressemble   Mar 10 Oct - 3:57

Rune évite avec soin la question de la marchandise. Il est évident qu’elle tente de noyer le poisson. Elle parle de tout sauf de ça. Svenn la laisse faire et joue à celui qui n’a rien remarqué. Elle commence par aborder le sujet de son ancien engagé. Le pauvre bougre s’est cassé une jambe au déplaisir évident de son employeur.

«C'était un bon compagnon de route et...» La phrase reste en suspens et la marchande détourne le regard pour observer la clientèle de la taverne. Elle sous-entend peut-être qu'il était un meilleur compagnon que les hommes de l'Eau avec qui elle entretient une relation visiblement tendue. Mais le ton qu'elle emploie et le regard qu'elle lui jette après avoir fini son inspection de la salle font croire à Svenn que la remarque lui est adressée.

Dans tous les cas, la marchande ne semble pas vouloir ruminer plus que nécessaire sur les malheurs de son ex-employé. Et peu importe si le malheureux était meilleur compagnon que Svenn, elle semble prête à engager ce dernier immédiatement. Elle lui expose en détail les conditions sous lesquelles elle le prendrait à son service. Svenn fait mine de réfléchir un peu, même s’il avait décidé à l’avance d’accepter l’offre.

Il a bien vu dans la façon dont elle a tenu sa bourse qu’elle ne lui fait pas encore confiance. Lui-même est convaincu que la marchande lui cache quelque chose. Mais cela importe peu. Il compte bien se séparer de Rune avant que quelque chose d’imprévu ait le temps de se produire. Rendu à Hallsbjorn, il sera à la croisée des chemins. Il aura le choix entre partir vers les terres du Nord ou vers les Plaines, entre pourchasser le fantôme de sa mère ou celui de sa demi-sœur nouvellement découverte.

Le marché que lui propose Rune est à première vue avantageux. Il sera nourri, logé et payé en éclat de métal. Il aurait préféré être payé en monnaie, mais sur les terres du Clan de la Nuit, il ne devrait pas avoir trop de mal à échanger le métal contre ce que bon lui semblera.

« Je suis prêt à accepter votre offre. J’ai une petite hache et un poignard. Si vous ne trouvez pas cela suffisant, je préférerais qu’on trouve une entente qui ne requiert pas que je m’engage immédiatement pour deux saisons. J’aurai peut-être à faire rendu à Hallsbjorn. Et puis cela pourrait être mauvais comme vous comme pour moi de s’engager à trop sans se connaître. »


Il laisse finir sa phrase sur un sous-entendu que Rune pourra bien meubler de ce  qu’elle veut. Il ne fait pas un seul geste pour montrer ses armes à sa nouvelle patronne. Dans une taverne, c’est mal placé. Et certains prennent mal la vue du métal. On ne sait jamais. Son poignard, caché sous ses vêtements, est en pierre, mais il a la chance d’avoir une hache avec une lame en acier d’assez bonne qualité. C’est un des avantages de venir du Nord là où les dragons-fée s’aventurent peu. Il la garde à ses côtés, toujours soigneusement couverte de cuir pour que nul ne puisse voir l’éclat du métal. Plusieurs le traiteraient de fou de s’aventurer seul sur les routes avec un tel objet. Mais pour avoir passé bien du temps sur les chemins, il sait qu’il préfère risquer de rencontrer les dragons-fée que de se passer d’une bonne lame. Et une hache, contrairement à une épée, peut s’avérer un outil utile.
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Rune Stigsdottir


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MessageSujet: Re: Ce qui nous arrive nous ressemble   Mar 24 Oct - 16:41

Il semble vouloir accepter, songea Rune, mais je ne suis pas sure qu'il restera garder ma carriole pendant tout le voyage. Il filera peut-être à la première occasion.   Elle l'écoute et l'observe avec une intention soutenue qu'elle masque avec un flegme insondable. Lança un filet mental pour ratisser le moindre sous-entendu  et l'étriper comme un poisson pour en découvrir le sens. Mais comment être sure  de la bonne interprétation ?  Rune  posa   son coude la table et se rapprocha autant que le lui permettait la  table du visage de Svenn.

Vous me montrerez vos armes Sílfrahárr. Et nous en rediscuterons  si j'estime qu'elles ne satisfaissent pas mes critères d'un garde de ma caravane.  

Si l'on écoutait Rune, on se rendrait compte qu'elle appuyait  particulièrement sur  les quatre derniers mots. Sous-entendu. Vous êtes mon employé. Vous obéirez. Vous payerez pour les armes si besoin et vous serez payés. Ni plus ni moins que ce qui est promis. Ne vous avisez pas de vous esquiver ou que quoi ce soit d'autre avant Hallsbjorn. Une menace généralement vaine si l'individu décidait de disparaitre, Rune en avait conscience. Il serait d'ailleurs  fort dommageable de dépenser tant d'argent  pour retrouver un unique individu même si elle pouvait le décrire parfaitement.   La marchande allait ajouter quelque chose  quand un homme indubitablement fortuné,  qui venait de descendre les marches d'escalier menant aux chambres, l'interpella de sa voix forte.  

Mais  que vois-je ?  Je rends grâce aux Nornes et au Dieu Borgne d'avoir décidé que nos chemins se croiseraient de nouveau  dans cette auberge à Tryggvi Rune Stigsdottir ! Ma douce rose, trois hivers ont passés depuis que vous m'avez dépouillé d'un contrat juteux avec Grimacksson. Trois hivers ont passés depuis vous avez demandé du temps pour la prière  Freyja au sujet de notre union. Mais vous aviez disparue le lendemain. Auriez-vous eu les lumières de la Déesse depuis ?    

Il descendit nonchalamment  inconscient des remous qu'il provoquait dans la taverne. Rune retint une grimace mais ses yeux se colorèrent d'une teinte sinistre qui évoquait un ouragan et la trahirent permettant à Svenn de deviner ses pensées en cet instant. Puis elle bougea et la faille disparut. Cet homme la poursuivait de son affection et de sa fureur depuis qu'elle  avait réussi à obtenir la précieuse  marchandise  d'Olaf Grimacksson à son nez et à barbe tout en l'éconduisant de sa demande en mariage. Elle avait cru ne jamais le revoir mais pour son malheur, elle avait choisie précisément l'auberge ou il séjournait actuellement.

Rune se redressa sur la table, tournant à demi son regard vers le bonhomme dont elle savait bien des choses. Elle s'était renseignée sur le personnage à l'époque ou l'union l'intéressait vaguement. Et avait appris exactement ce qu'il faisait aux femmes dans les bordels. La négociante ne ne tenait nullement à  être l'épouse de cet individu. Elle ne doutait pas d’être réduite à une chose, un meuble et se voir interdire le négoce. Rune

Puisque je dois ainsi expliquer ma conduite, autant que je vous conte l'histoire. Un vieil homme très sage m'a dit un jour que l'amour n'était pas l'union des corps, de la chair mais celle de deux âmes qui  s'harmonisent. Se complètent. Le mariage, disait-t-il, ne fait que rendre officiel ce lien sacré  au regard des mortels.  Sitot que vous me fûtes cette proposition, je partis m'enquérir son conseil et de celui de la déesse pour cette union car je ne pouvais pas remettre l'affaire entre les mains d'un simple messager. Il  m'a alors demandé : "Ressens-tu cette musique dans ton cœur à son approche mon enfant ?"  Voici donc ce que je m’exclamai en réaction :  "O comme je le voudrais ! Mais hélas je ne ressens rien pour lui !" Il se tut longtemps puis me mit en garde "Ceci est  la réponse de la Déesse à ta question. Il n'est point l'élu que  Freyja, te destine mon enfant. Tu  dois n'ouvrir ton coeur et ta couche pour toujours et à jamais qu'à celui pour qui tu ressentiras musique." Ne prenez donc pas ombrage du conseil qu'elle m'a porté et de mon refus ;  faites en votre bonne fortune et trouvez donc cette personne pour qui vous ressentiriez au plus profond de votre être  cette musique.  

L'homme parut sonné par une telle réponse. Comment aurait-il pu imaginer pareille réponse aussi poétique, diplomate et digne d'un barde ? Nul doute que Rune était habituée à  raconter de telles histoire au coin du feu  quand on l'interrogeait dans les villages... Et la salle croula sous les applaudissements de quelques clients qui avaient sur apprécier la finesse.  Rune se rassit et fit signe à une servante de lui apporter un hydromel, elle n'était pas mécontente de sa performance.

Ce fut avec plein de cynisme et d'ironie qu'elle répondit au sous-entendu de Svenn tout en buvant dans sa chope. Peut-être était-elle en colère mais c'était une colère dirigée contre elle. Rune savait qu'elle venait de griller quelques unes de ses armes et offrir quelques vérités à cette homme.

Vous venez de m'entendre parler d'engagement, de mariage et d'amour ; j'ose craindre que vous ne me preniez pour une de ces jeunes filles à la tete vide et pleine rêve. Pour reprendre d'autres mots du vieux sage, connaitre une personne, c'est comme pour les huitres, il faut un geste pour qu'elles  s'ouvrent et dévoilent la perle  qu'elles renferment. C'est un bien précieux que vous demandez là. La confiance réciproque. Mais êtes-vous digne de la perle que cache ma carapace ? Et serez-vous capable d'ouvrir la votre pour dévoiler votre perle ?  

L'on entendit un pecheur édenté glousser sur une table voisine et lancer à Svenn. C'est u' proposition ou j'n'm'y connais p's ! D'vez la cueillir c'tte perle j'vous dis jeune pomme !
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Svenn Sílfrahárr


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MessageSujet: Re: Ce qui nous arrive nous ressemble   Ven 17 Nov - 7:12

Rune se penche vers lui. «Vous me montrerez vos armes Sílfrahárr. Et nous en rediscuterons  si j'estime qu'elles ne satisfassent pas mes critères d'un garde de ma caravane.» Il semble à Svenn qu’elle parle maintenant sur un ton différent. Comme si dès l’instant où il avait dit ouvertement être prêt à s’engager, elle s’était donné sur lui l’autorité d’un maître. D’ailleurs, elle insiste bien sur le possessif lorsqu’elle parle d’un garde de sa caravane.

Il se retient de grimacer. Si la marchande a la jugeote qu’elle prétend avoir, elle saurait que si les hommes comme Svenn s’engagent aisément et volontairement, ils ne sont pas du genre à accepter de se faire gouverner. Si elle continue sur cette lancée, Svenn pourrait bien changer d’idée avant que soit venu le temps de quitter la ville. Mais en même temps, il y a quelque chose qui lui plaît chez cette marchande qui semble avoir du front tout le tour de la tête et qui se débrouille seul dans un monde d’homme. Alors pour l’instant il laisse passer l’affaire.

D’ailleurs, il n’a pas le choix de laisser tomber ça, car un nouveau personnage fait une entrée flamboyante et attire l’attention de tous ceux présents dans la salle. Il est visiblement riche et il n’a visiblement pas de temps à perdre. Ses pieds n’ont pas encore touché le bas de l’escalier, qu’il en est déjà à accuser haut et fort Rune de l’avoir dépouillé pour ensuite prendre la fuite en emportant avec elle ses promesses de mariage.

Si ce n’était qu’il est assis à la même table que Rune, Svenn trouverait cela hilarant. Mais là, il espère surtout que l’homme ne le prenne pas pour le nouveau prétendant de son ancienne promise. Il espère aussi que cela n’en viendra pas aux coups. Le nouvel arrivant semble avoir l’histoire sur le cœur. Et même si Rune ne l’a pas encore officiellement engagé pour sa protection, Svenn ne laisserait pas malheur arriver à la jeune femme. Il est peut-être un mercenaire sans avenir et sans scrupules, mais il n’est pas un salaud.

Évidemment, Rune n’a pas besoin de sa protection. Pas pour ça du moins. Il voit un instant la rage passée dans son regard, puis elle se lève. Le discours qu’elle livre a de quoi sonner l’homme et surprendre toute la salle. Cela confirme ce que Svenn pensait déjà. En plus d’être bonne en affaire et de se débrouiller seule, la marchande a l’esprit bien aiguisé et la langue bien pendue.

Une fois son ancien prétendant éconduit, Rune se rassoit devant Svenn. En bonne commerçante, elle reprend où elle en était rendue sans se laisser distraire. Et elle en était rendue à engager Svenn. De son discours précédent sur l’amour, il lui reste qu’un air légèrement irrité et une prose plus poétique que celle qu’elle avait utilisée précédemment avec le mercenaire.

- Loin de moi l’idée que vous ayez la tête vide.

Et pour que ce soit bien clair, je n’ai aucunement l’intention d’ouvrir votre huître. Le jeu de mots est trop salace. Il ne le dit pas, même s’il a un sourire en coin juste d’y penser. Heureusement, comme par intervention divine le silence laissé par sa blague avortée est comblé par le rire d’un vieillard édenté qui lui dit qu’il devrait cueillir la perle que Rune lui propose.

Tous ces discours d’ouverture, de confiance et de trouver des perles cachées dans des huîtres lui donne l’impression qu’on veut qu’il s’engage à marier la jeune femme plutôt qu’à travailler pour elle pour un contrat qui durera deux semaines tout ou plus. Il contourne donc les questions poétiques de Rune pour les ramener à l’essentiel.

- Je ne sais pas si je suis digne de ce que vous cachez, ni si vous trouverez en moi la perle que vous semblez chercher, mais je veux bien vous accompagner jusqu’à Hallsbjorn.
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Rune Stigsdottir


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MessageSujet: Re: Ce qui nous arrive nous ressemble   Dim 19 Nov - 17:33

Entre les rires des ceux qui venaient de comprendre les blagues cachées et les applaudissements pour cette magnifique harangue, Rune se rassit à sa table en se mordant légèrement la lèvre pour se retenir d'éclater de rire comme l'aurait fait la gamine de pécheur qu'elle avait été autrefois. Cependant ses yeux avaient pris une teinte plus claire, presque railleuse de ce fantôme-là. Mais qui aurait su identifier là les réminiscences d'une autre personne en d'autre temps ? Svenn le fin analyste des êtres humains ?

Ce qui faisait le plus plaisir à Rune c'était les vapeurs dont semblait souffrir le fat personnage au moment ou ses allusions obscène avait franchie sa langue. Pourtant, malgré son ravissement, elle ne tenait pas à s'attarder dans l'auberge plus que nécessaire. Cela ne signifia pas toutefois que  la marchande se précipita pour donner suite aux propos de Svenn, a la place, elle prit une chope servie par une servante et s'humecta la gorge.

M'y'a 'cun mystère à c' ke cache la dame m'n garçon ! répondit le vieux  pêcheur à la place de Rune en remettant à rigoler comme une baleine. Il est sans doute déjà passablement ivre pour arriver à produire un tel volume sonore. Il se lèva donc en titubant, assena une tape sur l'épaule de Svenn et...  se plia en deux pour vomir un torrent de bière sous le regard arrondi et horrifié de Rune. Non pas que cela la choquait mais...

Elle  avait été surprise par la quantité de bile craché par le vieux pécheur et s'était donc légèrement étouffée avec le divin nectar de sa chope.  Le fantôme de la gamine qu'avait été Rune  réapparut dans l'éclat de ses yeux gris si sombre  se riant de l'aspect maculé de vomi de son nouvel employé à titre temporaire. Par le Marteau de Thor ! Vous voilà copieusement arrosé ! Et bien odorant par-dessus le marché !   s'exclama-t-elle d'un ton taquin en se pinçant le nez pour illustrer l'idée (et aussi pour se préserver de l'odeur nauséabonde de l'alcool). Entretemps dans la taverne, l'expression inquiète des servantes, signalaient les craintes qu'elles avaient  d'une bagarre entre les deux hommes  et certains clients semblaient prêts à les encourager. Nonobstant

 Elle  se tut songeant qu'elle aurait bien tentée de lui vendre des tuniques en bon état histoire de le rendre plus présentable même si le voyage les abimeraient inévitablement. Puis le souvenir d'un ballot  de tuniques du clan des  Plaines oublié et resté invendu depuis quatre fit surface dans sa mémoire. Rune hésita à en parler.

Peuh ! Beuh ! Par'on g'ar'on ! Le vieux pécheur lèva la main comme pour se protéger du futur coup de poing qui ne manquerait peut-être pas d'arriver.

Par Odin ! Voilà que je songe à lui vendre des tuniques dont j'ai oublié l'existence et l'apparence !  Si ça se trouve, je n'aurais que des robes à lui proposer.

L'espace d'un instant, son esprit  imagina Svenn  habillé  d'une robe  informe aux contours évaporés puis se mordit les lèvres discrètement pour ne pas manquer plus de tact que nécessaire. Elle occulta aussitôt l'image de son esprit. Mieux valait l'oublier avant qu'elle ne commence à se demander comment le pousser à en mettre une...

Oh mais euh ! Oubliez cet incident et dites-moi plutôt ce que vous pensez de l'idée d'examiner ma marchandise Sílfrahárr pour changer ces ... frusques le temps de les laver ?  Il se trouve qu'il me reste des tuniques des Plaines  parfaite pour le dur labeur et le voyage que je n'ai pu vendre.  
Qui ne tente rien n'a rien. Rune  avait bien envie  de tresser un nœud de pendu pour elle et s'attacher à un arbre pour avoir dit ça mais elle n'avait aucune envie de voir une bagarre maintenant. Et encore moins de s'attarder vu la façon dont l'atmosphère changeait rapidement...
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