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 Eyia Hróaldrsdóttir

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Eyia Hróaldrsdóttir


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Date d'inscription : 01/03/2017
Messages : 21
Age du personnage : 19 ans
Divinité protectrice : Skadi
Pouvoir : Cocon glacé

MessageSujet: Eyia Hróaldrsdóttir   Jeu 9 Mar - 11:11


Eyia Hróaldrsdóttir



Informations
☩ Âge : 19 ans, tout autant de printemps qui l'ont vu naître et grandir, souffrir et aimer.
☩ Clan : Clan du Nord
☩ Métier : Chasseuse
☩ Divinité protectrice : Skadi
☩ Pouvoir : Cocon givré : Refroidit la peau jusqu'à créer et fine et délicate pellicule de glace sur la peau, donnant une apparence de statue des neiges aux reflets blancs et bleutés. Elle est ainsi insensible au froid et moins repérable, la fine coque faisant office de geôle des odeurs tout en lui épargnant une détection thermique.
☩ Signes particuliers : Une cicatrice sur le front, soigneusement occultée par l'opaque chevelure, mais dont l'écho résonne sinistrement avec celles parcourant son corps.
☩ Prédéfini ?  Non
☩ Avatar by Image de base Noiprox
(Pas d'interdiction visible de l'utilisation par son auteur, aucune réponse au message envoyé). Arrangement personnel de l'image pour le forum.




Physique
Sur la neige translucide tombe un rideau de nuit ténébreuse, ondulant au gré des vents, tombant chastement sur les épaules finement musclées. Chevelure d’onyx, au lustre diamantin, que l’épaisse gaine et lisse soigneusement. Un instant, un courant aérien plus fort que les autres laissent entrevoir une balafre inégale sur le front haut, souvenir d’une mauvaise chute dans les crocs acérés des roches, qu’une mèche a tôt fait de recouvrir tel un voile pudique dissimulant aux yeux impurs les secrets que cachent la jeune femme. Au creux des traits de glace sculptée, surmontant un nez fin et busqué, deux orbes abyssaux posent sur le monde leurs profondeurs mélancoliques. Dans un tourbillon d’azur sombre piqueté de noir, ils trouvent refuge dans l’amande des paupières, dominant les deux pommettes hautes et marquées aux rougeurs délicates. Les lèvres sont fines et rectilignes, aux coins légèrement tombants ; une éternelle moue chagrine qui appelle aux baisers légers. Les expressions sont rares, dans ce visage grave et sérieux, offrant au monde une coque protectrice que la timidité exige. Sans être belle, elle n’est point laide ; en vérité, la finesse des traits est bien peu admirée, la note subtile du charisme, celle-là même enrobant certains être d’exception dans ses bras d’or et de lumière, lui faisant hélas défaut. Et sa voix, peu fréquente, n’est qu’un souffle éthéré qui se perd dans les nuées, frôlant de son douce suavité la courbe toute féminine de sa mâchoire volontaire.

Le cou palpitant lie le visage figé au corps svelte et musclé par le grand air ; le soleil, hautain depuis son trône céleste, ne peut assombrir l’épiderme pâle. Les bras sont longs, que la besogne a forgés et remodelés ; les épaules frêles dans son enfance se sont élargies, étoffées. Loin de la musculature puissante d’une guerrière aguerrie, elle n’est pas aussi fragile que ne peuvent supposer les premiers yeux curieux s’intéressant à elle, possédant davantage la sèche fermeté des acrobates. Quelques lignes plus claires souillent la douce chair, quelques cicatrises témoignant d’un apprentissage rapide et de quelques imprudences notables. De taille moyenne, l’enfant du Nord n’a charnellement rien pour la distinguer de nombre de ses semblables : un ventre plat à la taille marquée, sans être affriolant, une poitrine ronde et ferme, sans être provoquante, deux jambes musclées par la course, sans être captivante. Sa démarche est féline, l’habitude de se déplacer dans le silence assourdissant de la forêt endormie. Souple et posée, elle laisse deviner une envie tacite de demeurer dans l’ombre et à l’abri des regards, chacun de ses pas n’étant que prudence et défiance. Désir d’oubli, justifiant bien souvent le port de vêtements sombres, quoi que banals, qui en sus d’être confortables lui offrent de se fondre dans son environnement. Alors elle ne devient qu’une silhouette parmi tant d’autres, blottie dans l’écrin d’émeraude et de granit qu’elle aime tant.

Caractère
Il y a le feu, il y a la glace ; et de par l’union des deux, Eyia naquit. Cachée derrière la monotone obéissance, la fougue bouillonne. Derrière chaque geste calme et soigneusement exécuté, une énergie adroitement dissimulée ne demande qu’à exploser. La loyauté est son fardeau ; l’indépendance, son ultime crédo. Opiniâtre et patiente, elle sait aussi se laisser emporter dans les recoins de son esprit mutin, oubliant le monde qui l’entoure, lui préférant ses obscures pensées. Elle aime la solitude, mais est-ce bien réciproque ? En vérité elle se plait aussi à observer, se cachant dans l’ombre du silence, ses congénères qui s’agitent. Intrinsèquement libre, elle rejette les liens lourds et gluants que ses semblables espèrent lui imposer, rejette l’idée même d’un mariage, s’effraie d’une potentielle maternité ;  viscéralement sensible, elle rêve d’une passion née de songes et de légendes, s’inquiète pour ses parents et s’angoisse pour ses proches. Elle a besoin de compagnie, plus encore d’isolement. Ses larmes cachent un sourire, ses rires, les perles nacrées de ses sanglots. Derrière la vérité prônée se dissimulent nombres mensonges, mais ses menteries ne sont parfois qu’authenticités camouflées.

Loin du charisme de certains membres de son clan, Eyia dispose à l’inverse d’une qualité toute bénéfique à son travail actuel : une capacité, soigneusement entretenue, à se faire oublier. Les mots n’ont guère de place en elle, elle leur préfère l’ouïe et la vue, le toucher et le goût, l’odorat qui la guidera. Chaque mouvement, le plus petit acte, devient bruyant discours à son esprit analytique. Semblable aux montagnes tant chéries, elle n’aime rien tant que contempler posément, hurlant et tempêtant dans la quiétude de son âme, riant aux éclats dans la sérénité de son esprit. Loin d’être expressive, une certaine timidité peut même transparaitre derrière la nervosité de ses gestes. Car elle a peur. D’elle-même, de son avenir, de toute créature qui puisse parler sa langue et s’immiscer dans sa vie. De la monotonie de la vie, de l’inattendu aussi. Quelques cinglantes réparties peuvent parfois franchir ses lèvres, sans qu’elle ne mesure pleinement l’étendue de leur impact. Elle se perd dans leur usage, s’égare face aux regards. Rares sont ceux qui sont parvenus à briser l’étau rigide dans lequel elle s’est enfermé, mais lorsqu’ils le font, la brûlure n’est jamais loin. Et elle, tremble. Déboussolée par la haine ou l’affection débordante, égarées par ce trop-plein de sentiments, déroutées face à ce besoin d’émotions, elle écarte maladroitement sa gêne et son malaise pour laisser libre cours à ses inattendues sensations, l’émoi l’étreignant comme l’enfant naissant découvrant le monde.

Il y a bien un refuge, pourtant. Où son cœur s’ouvre en toute quiétude, fleur effarouchée cherchant le soleil de la paix, mais il n’a pas de nom, pas de forme. Il est vent et neige, herbe moelleuse et roche froide. Il est le trille léger des oiseaux matinaux, l’ardent appel des loups mélancoliques, le brame solitaire de l’élan passionné ; aussi que le vert bosquet qui au printemps renait, que la forêt lugubre cachant tant de secrets. Là, la confiance en elle étend délicatement ses ramages, adoucissant les traits figés de son visage statufié d’ordinaire. Ses jambes se meuvent d’elles-mêmes, ses pas se font légers, ses yeux fouillent et farfouillent, décryptent, pistent. Sa retenue s’envole, sa modération s’éloigne alors qu’à l’abri des regards elle se laisse emporter par ce qu’elle contient si souvent. Pourtant, elle pleure chaque mort dont elle-même est responsable, le sel de ses larmes glissant sur la hampe des flèches tueuses, dégouttant de l’os blafard à la pointe mortelle. Car si la traque l’excite, la mise à mort chaque fois attise ses remords. Alors elle prend soin de respecter ce précieux présent que la nature lui fait : chaque proie est minutieusement choisie, étudiée. Les plus forts sont respectés, les plus forts, écartés, tout comme chaque femelle en âge de procréer. Elle leur préfère faibles et blessés, ceux que l’âge achèvera trop vite, espérant que leur souffrance soit brève et leur délivrance rapide. Imperceptibles chuchotis que le vent emporte bien vite, ses remerciements et ses pardons s’adressent à ses victimes, leur sang vermeil souillant la terre, témoignage silencieux de la mort accueillie. Et dans les ténèbres de son être, elle se hait d’autant plus fort.



Histoire

La neige tombait, silencieuse enchanteresse, berçant le monde dans la nuit tombante, effaçant les pas qui l’avaient souillé, recouvrement de silence les indésirables murmures. Debout derrière le voile blanc et duveteux, l’enfant aux grands yeux sombres attendait, un imperceptible fredonnement s’échappant de ses lèvres veloutées. L’horizon blême figeait le temps et l’espace, la terre se fondait dans le ciel, amante alanguie dans les bras de son éternel galant. Un son, un bruissement, un pas lourd sur le sol ; avant même qu’elle ne se retourne, la brune fillette sut que son père s’approchait. Sa haute stature et son calme froid en impressionnait plus d’un ; pas elle. Elle ne connaissait que trop la douceur de ses mains calleuse se posant sur sa petite tête, caresse éphémère, la tendresse de ses regards passionné pour sa mère, le rire grave et sonore résonnant jusqu’au cœur du feu de cheminée.  

-Eyia ! Viens, je vais te faire une nouvelle sculpture. Remets donc la peau, tu sais que tu n’as pas le droit d’y toucher, il fait bien trop froid dehors.

La jeune fille tourna la tête à regret, son regard de nuit claire se détachant péniblement du tableau mouvant qui la fascinait tant. Le soupir léger qui s’échappa de ses lippes ourlées, faisant frémir la bouche carmine, passa inaperçu tandis qu’elle raccrochait l’épiderme les protégeant du froid, qui laissait percer la lumière du jour. Un timide sourire et elle s’avança finalement vers son géniteur à la voix bourrue, le suivant jusque devant l’âtre brûlante. Elle aimait voir sa patience graver le bois, les morceaux les plus grossiers devenant œuvres délicates sous le travail des larges paumes, les nœuds bruns des rondins servant d’ultimes parures aux créatures en naissant. Là, devant le feu rougeoyant et parmi le crépitement aux odeurs de sève de pin, elle se laissa bercer par les gestes posés et précis de la pierre aiguisée ; la soirée s’écoula doucement dans le bourdonnement des braises fatiguées et le grattement du couteau sur la statuette à venir.


Papillonnant des yeux, la jeune femme se redressa, passant une main froide sur son visage fatigué dont la peau était marquée des plis du drap. Sur ses épaules, une chaude couverture de laine lui tira un sourire las : la trace silencieuse de l’amour maternel lui réchauffait le cœur et les os. Dépliant difficilement ses genoux douloureux, Eyia grimaça alors que ses muscles endoloris par la mauvaise position de son sommeil se rappelaient à son bon souvenir. Sa main pâle se posa, aérienne, sur celle osseuse de son paternel endormi ; et ses yeux, chagrins, se firent le miroir de la douleur qu’elle contemplait. Le temps de l’enfantine insouciance lui semblait si éloigné, désormais. Le serpent de l’amertume s’enroula autour d’elle, un instant, l’étouffant de ses venimeux anneaux tandis que ses crocs suintant de nostalgie titillaient son cou palpitant. Quelques larmes salées lui coulèrent dans la gorge alors qu’elle ravalait sa tristesse. Elle se sentait lasse. Fatiguée. Si jeune et pourtant, elle ne souhaitait rien d’autre que de fermer les yeux, immergée dans un océan de chaleur, fermer les yeux sur les siens, sur son destin, sur l’univers tout entier. A tout jamais. Lointaine était la nuit venteuse où, à l’abri du regard curieux de la lune argentée, le nouveau-né qu’elle était hurlait au monde son envie de vivre, sa minuscule carcasse inspirant goulûment l’air de la maisonnée ; tout comme ancienne semblait cette époque où âgée de trois ans à peine elle tentait de comprendre le babillement de oiseaux d’été. Car il n’y avait rien qu’elle aima tant que de perdre son âme, son cœur et l’essence même de ce qu’elle était dans l’éther taquin qui se jouait d’elle, l’appelant pour mieux la moquer, elle, petit insecte par son corps malhabile restreint. Elle, qui avait grandie à l’abri de tout danger, enveloppée par l’affectueux cocon maternel, protégée dans la tendre coquille paternelle. Parfois, elle accompagnait sa génitrice vendre ses broderies fines ; réfugiée derrière la chevelure aile-de-corbeaux, elle observait alors de ses grands yeux azuréens l’horizon s’ouvrant devant elle. De petite fille, elle était devenue demoiselle, ses doigts fins s’activant pour achever la trame délicate des ouvrages chatoyants.

Le fil passait, repassait, tandis que se nouaient les motifs sur la besace beige. Les arabesques se formaient, se défaisaient sans que l’œil ne puisse véritablement suivre leurs infinies complexités. Et pendant que sous ses doigts piqués par l’os de l’aiguille, sa besogne avancée, Eyia rêvait à d’immenses étendues d’émeraudes et à d’éminents monts enneigés. Sous le joug de l’obéissance, sa liberté lui hurlait de prendre de son envol, faisant fi des convenances, de s’aventurer à la conquête de l’inconnu et de se repaître du silence des montagnes. De faire chanter les ruisseaux, de se jouer des larmes froides du ciel endeuillé, de défier les oiseaux flânant dans l’azur céleste. Mais elle poursuivait ses points légers, les entrelacs la liant au poids du respect des règles comme d’autant d’invisibles chaines dont elle ne savait se défaire.

-Eyia ?

Cette fois, elle se piqua. Relevant le visage enfantin que ses treize ans affinaient doucement, l’interpellée releva les yeux vers sa mère avec un grognement peu élégant. Le sang qui perlait eut tôt fait d’être dissout par sa salive tandis qu’elle le tétait comme un nourrisson sa mère, jetant un regard de reproche à la brodeuse comme si l’incident était de sa faute.

-Eyia, je t’ai demandé si tu avais besoin d’aide pour terminer ton motif.

Battement de cils. La concernée rapportant son attention sur son travail, réfléchit un instant puis secoua la tête, une moue boudeuse pour toute réponse. Elle préférait achever elle-même le dessin, elle savait qu’elle y arriverait. Et si ce n’était pas le cas… elle ferait en sorte que ce le soit.


S’assurant une dernière fois que Hróaldr dormait paisiblement, la jeune femme s’étira difficilement, chassant d’un mouvement ample de tête les souvenirs qui l’assaillaient. Elle n’avait pas besoin d’eux, mais de sa concentration. Une fois prête, dûment habillée et enveloppée sous de ses ordinaires oripeaux, ses pas la menèrent vers les armes de l’endormi. Depuis que la maladie, lentement, avait rongé son corps, que ses muscles avaient fondu et ses os s’étaient fait d’argile, c’était elle qui avait pris le relai. Passant la porte de bois, la chasseuse inspira doucement, laissant ses poumons s’emplir de l’air pur et frais de ce mois d’Harpa. Les arbres bourgeonnaient timidement, les silhouettes graciles des oiseaux se dessinaient dans le ciel pâle. C’était par une pareille journée qu’à peine âgée de quatorze printemps, elle avait compris que son insouciance lui était arrachée.

Les râles et les sanglots résonnaient dans la maison, sombre présage de ce que la vérité allait infliger en se dévoilant. Nul n’était dupe ; le patriarche de la maisonnée souffrait, cette cause inconnue rongeant son corps avec la fourberie d’un chat guettant sa proie. Des gémissements résonnèrent avec plus de force, faisant tressaillir la demoiselle guettant en silence dessous la fenêtre. Elle n’entendait pas les mots murmurés, ne pouvait que comprendre la douleur des ahanements maternels. Le visage figé, ses genoux anxieusement serrés contre sa poitrine naissante, elle se broyait les jambes à n’en plus pouvoir, ayant la confuse impression que seul ce geste retiendrait son cœur à son habituelle place. La sueur la glaçait, l’angoissante attente la brûlait. Nul besoin d’entendre sa mère suffoquer, de percevoir son père larmoyer ; la guérisseuse, la plus puissante des alentours, avait été appelée de la ville voisine en son absence, comme si le sort funeste pourrait ainsi disparaitre et son existence ne jamais lui être dévoilée. Elle avait pourtant compris, à l’abri des regards s’était faite fourmi, recherchant des autres l’oubli. Avait écouté ; le spectre douloureux de la tourmente qui hantait la pièce ne pouvait signifier qu’une chose. Echec. Nul pouvoir ne pourrait délivrer l’homme autrefois si fort du mal qui le rongeait. Alors, le front appuyé sur ses genoux remontés, elle pleura sa douleur de voir un être aimé s’effondrer, sa colère de voir l’impuissance qui la confrontait, son désarroi de voir sa vie se transformer. Des hoquets silencieux lui soulevant les épaules, elle s’abandonna à son affliction, haïssant égoïstement comme les enfants savent tant le faire la faiblesse patriarcale. Dans la tempête qui noyait son esprit, sa raison lui soufflait, mesquine, qu’elle avait été naïve d’espérer autre chose. Plusieurs fois déjà, elle avait vu le chasseur rentrer penaud, le soleil encore haut dans le ciel et les traits tirés par le martyre que son traitre corps lui infligeait. Alors que s’égrenaient les jours, il demeurait davantage à l’abri du vent tumultueux et de la pluie glaçante, fuyant les éléments capricieux pour se réfugier, blême et haletant, près du feu apaisant. Quelle crédule espérance, que de songer à son rétablissement.

Ses doigts se crispèrent sur le bois usé de son arc, raccrochant désespérément la réalité, éloignant le passé qui rampait. Malgré le soleil, il faisait frais, et dessous ses vêtements un frisson la saisit. Il semblait que la journée débutait difficilement, alors qu’elle ne parvenait pas à se départir des amères réminiscences de son adolescence. Si elle avait su, tantôt, que la noirceur qui étouffait son père était celle-là même qui briserait ses propres chaînes, celles-là même qu’elle avait maudit. Qu’à cet instant même où la faiblesse avait éclaté au grand jour, où il s’était vu incapable de poursuivre son travail de chasseur, il avait offert à sa fille un choix qu’elle n’aurait jamais espéré. Qu’elle, sage et silencieuse, avait alors affirmé, menton levé et paupières larmoyantes, prendre le relais dans son indispensable travail. Sous l’œil apitoyé de bienveillants voisins, elle avait appris à échouer, à chuter, soutenu les premières fois, dans ses meilleurs jours, par le maître en la matière : Hróaldr lui-même. Elle avait saigné, s’était écorchée, perdue parfois ; avait désespéré, frustrée de ses échecs. Mais elle avait assimilé, lentement mais sûrement, le savoir-faire requis. Douloureusement aussi. Quelques lunes plus tard, une rune en main, alors qu’elle se préparait à accomplir son rituel, conformément aux coutumes de son clan, son esprit divaguait sur les rivages mythiques créés par la fièvre.

Une lance de feu qui lui transperçait le bras, les hoquets suffocants lui brûlant la gorge. Son corps martyre lui hurlait de l’abandonner, mais elle demeurait prisonnière des ténèbres l’enveloppant. Les chuchotements du monde extérieur semblaient hurlements, le moindre toucher sur son épiderme molesté était torture insoutenable. Puis soudainement… Une lueur, douce et chaleureuse, le vacillement léger d’une torche dans son mental. Avec elle, l’apaisement, la sérénité, la rémission. Le soulagement tant attendu tordit son squelette de quelques spasmes, puis plus rien. Le sommeil, enfin.

La voix maternelle la tira de son sommeil, tandis que des perles de nacre liquides s’écrasaient sur son visage. Entrouvrant difficilement les paupières, elle posa ses iris élargis sur le visage maternel aux rides inquiètes. Un infime sourire se dessina sur ses lèvres craquelées ; elle aurait voulu la rassurer, lui signifier la force qui revenait doucement ; elle n’aspirait cependant qu’à dormir. Au travers de la membrane fine et rosée protégeant ses prunelles bleutées de la lumière tamise, elle maudit son imprudence, remerciant de tout cœur Börren. Le vieux chasseur, qui pour un temps remplaçait son père dans l’apprentissage de ce difficile métier d’arme, avait porté son corps jusqu’à la demeure du guérisseur du village. Patiemment, celui-ci avait effacées les blessures effacées par le sanglier déchaîné ; mais les plus graves, celles qui l’avaient paralysée, n’était que spirituelles, et contre elles il ne pouvait rien.


Plume légère, sa main se pose sur son avant-bras gauche, devinant plus que sentant véritablement la fine ligne irrégulière sous les vêtements. Elle avait mis du temps pour se remettre de ce choc ; son corps avait eu tôt fait de guérir, les dommages étant davantage superficiels que véritablement profonds grâce à la réaction rapide de Börren. Mais ses pensées demeuraient paralysées dès que l’idée venait de se trouver devant un autre de ces quadrupèdes. Pourtant, elle n’avait guère le choix. C’était sa voix, celle qu’elle avait choisi ; pour elle, et sa famille qu’il lui fallait aider faire vivre. De ses broderies, elle ne pouvait  tirer de quoi les substituer, même en les alliant aux œuvres délicates de sa mère. L’absence des produits de la chasse, qu’ils consommaient autant que son père troquait contre vêtements et outils divers, se faisait cruellement sentir. Les dons des voisins, les aides des amis ne pouvaient durer. Pis, ils ne pouvaient en profiter, car c’eut été là une honte pour leur famille que de dépendre ainsi d’autrui. Et l’appel du grand air, en elle résonnait. Alors elle avait reprit, sous l’œil attentif de son sauveur, jusqu’à pouvoir seule se débrouiller. Et l’année s’était écoulée au rythme de ses apprentissages, tandis que ses songes se tournaient vers le rituel de peu manqué ; pour, enfin, s’ouvrir au divin.

Pluie, froide et distante amie, qui dansait devant ses yeux, jouait dans ses cheveux, glissait contre la peau frissonnante de son cou. Dans la besace brodée par sa mère, offerte un an plus tôt pour le rituel manqué, un gâteau au miel sommeillait, soigneusement enveloppé, tenant compagnie à la pierre et à la rune ; ainsi que, bien à l’abri, le présent de ses parents. La main se serrant sur la lanière qui lui ceinturait l’épaule, Eyia se laissa guider par ses bottes fourrées accrochant la roche. Un instant, elle se surprit à se repaître de l’air pur qui lui vivifiait le corps et glaçait ses poumons. Le vent malicieux tourbillonnait autour d’elle, menant les gouttes froides en une ronde déchaînée. Mais, plus loin dans le ciel, elle apercevait les trouées emplies de promesses qui perçaient les nuées enragées ; bientôt le calme reviendrait.
Elle n’eut guère à chercher, ne connaissant que trop bien ce lit de roche qui serait son antre pour une nuit. Ni grotte ni chaumière, plutôt fissure et éboulement que les éléments avaient soigneusement poli pour ne laisser qu’un nid qui n’attendait qu’elle. Y descendant avec précaution, elle releva la tête vers le ciel larmoyant, admirant sa beauté simple et parfaite. Puis, ramenant son attention vers des préoccupations plus matérielles, s’enfonça jusqu’au fond de son cocon rocheux, là où les pierres larges qui la surplombaient l’abriteraient de l’eau, ne laissant passer que quelques gouttes d'humidité dont la chute se teintait d'éclats clairs ; fin prête, elle s’empressa de faire du feu.

Les heures s’égrenèrent lentement, tandis que la chasseresse patientait calmement, enveloppée dans ses fourrures. Jambes remontées contre son torse, menton posé sur les bras croisés par-dessus les genoux, elle se laissa bercer par le crépitement des flammes. S’émerveilla de leur puissance, s’extasiant de leurs chatoyantes couleurs. Puis ses yeux sombres glissèrent jusqu’à la pierre déposée plus tôt, comme tant d’autres l’avaient fait avant elle. Elle ne pouvait qu’espérer sa veille productive, pour qu’à elle vienne un Ase. Ajoutant quelques branches qu’elle avait pris soin de glaner durant son trajet, elle fronça le nez alors que le bois humide protestait avec moult fumée contre cette montée de chaleur soudaine. Il lui faudrait patienter mais qu'importait. Elle avait ainsi de quoi méditer, songer, rêver, contempler. Et quand, de longs battements de cœur plus tard, le soleil darda ses rayons sur son visage fatigué aux traits tirés, il vint éclairer chaudement le gâteau de miel. Tout près, une statuette de bois, souvenir chéri de son enfance s’achevant, veillait sur la gourmandise, ses pattes avant semblant se tendre en une muette protection. Ou une supplique pour l’être divin à venir.


Skadi l'avait choisie, elle, enfant des neiges et des bois. Désormais, elle voyait cela comme une évidence, comme si nulle autre possibilité n'aurait pu être envisageable. Ayant doucement apprit les forces et faiblesses de son don, elle se perfectionnait lentement dans son métier. Un éclat de reconnaissance s'alluma dans son œil, tandis que la chasseresse songeait à ce présent de l'Ase. Cela n'ôtait ni l'altérait pas la peine que la vue, non, l'idée même, de la lente et douleur déchéance physique de son père faisait naître en elle chaque fois, mais il lui semblait que cet intangible appui avait réchauffé son cœur.
Ajustant son carquois sur son épaule, Eyia souffla doucement avant de prendre sa route vers les hauteurs montagneuses. Un jour, espéra-t-elle, ces nobles dames aux blanches chevelures, surplombant de leur magnificence écrasante les mortels, n'auraient pour elle plus de secrets.



Le forum et vous
☩ Comment avez-vous connu le forum ? Euh... Obligée de répondre ? Je ne sais plus, je me fais vieille, ma mémoire ne remonte pas plus loin que quelques heures Razz Par recherche Lilo à la base, je ne sais plus pour la suite.
☩ A première vue, que changeriez-vous sur le forum ? Hum... plus de couleurs d'écriture dans les topics. Ensuite, peut-être mettre plus en valeur la chatbox, les premiers jours je pensais sérieusement qu'il n'y en avait pas tant le bouton est discret. Enfin, la question gourmande à la fin est trop gentille je trouve, on a une chance sur deux de répondre bon sans même lire le règlement, je la mettrais plus générale et sous hide personnellement (pour ne pas que les joueurs arrivants viennent récupérer le code sur les autres fiches).

Cela étant, ce ne sont que des détails et je ne peux de nouveau que vous féliciter pour le forum, notamment son originalité et la plume agréable des rédacteurs. Il possède une aura de convivialité mêlée de sérieux qui fait du bien...
☩ A quel rythme répondez-vous généralement ? Franchement, cela dépend de mon travail et de mon humeur, ca varie entre 1 fois par jour à 1 fois tous les dix jours (par topic).

☩ Si vous quittez le forum un jour, préférez-vous que votre personnage...
[] disparaisse sans laisser de trace dans le vaste monde d'Eyland (choix appliqué si aucune case n'est cochée)
[] meure dans des circonstances aussi logiques que possible
[] devienne un PNJ et soit incarné par le staff à l'occasion par exemple de quêtes ou d'events
[] devienne un prédéfini et soit proposé à l'adoption
[x] autre : Je suppose que selon la raison de mon départ j'aviserais sur mes préférences, pour en faire part au staff Smile En cas de force majeure (accident par ex), une disparition sera très bien.

☩ Et la question qui tue... gâteau au miel ou clafoutis aux cerises ? What a Face Un jour j'ai rencontré une ermite, un peu timbrée mais gentille... elle a partagé ses gâteaux au miel, depuis j'en suis accro, je vais en reprendre un d'ailleurs ♥


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Siobhán Ragnvald


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MessageSujet: Re: Eyia Hróaldrsdóttir   Ven 10 Mar - 18:35

Bienvenue sur Sti! ♥

Ton personnage est intéressant, j'aime beaucoup son pouvoir et les implications qu'il peut avoir en jeu avec son environnement et tout, ca promet
Bon courage pour ta validation^^

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Hjalmar Thorbjörn


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MessageSujet: Re: Eyia Hróaldrsdóttir   Ven 10 Mar - 23:47

Bienvenu^^

Je voulais juste te dire que je trouvai ton pouvoir super classe, bien réfléchis et digne de skadi.

*s'en va*
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Eyia Hróaldrsdóttir


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MessageSujet: Re: Eyia Hróaldrsdóttir   Sam 11 Mar - 10:49

Merci beaucoup pour votre accueil et vos compliments ♥

Pas facile de trouver un pouvoir qui corresponde à son personnage ! Il y a tellement de choix. Mais c'est ça le plaisir aussi Razz Je vais essayer de me montrer digne de Skadi =3 en tout cas, j'espère pouvoir rp avec vous tous ^_^
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Jolgeirr Jorkiel


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MessageSujet: Re: Eyia Hróaldrsdóttir   Sam 11 Mar - 21:17

Bonjour et officiellement bienvenue parmi nous !

C'est moi qui vais m'occuper de ta fiche et j'ai l'honneur de t'annoncer qu'elle est (presque) parfaite. Il y a juste une chose qui me chiffonne c'est concernant ton pouvoir. Baisser sa température corporelle permet bien des choses en effet - réduire les battements du coeur, echapper aux visions thermiques de certaines créatures, moins ressentir la douleur, tuer des bactéries et des virus mais pourquoi réduire les odeurs corporelles ? Je ne suis pas contre per-se mais j'ai du mal à voir le lien entre la température et les odeurs. Certes, quand il fait chaud on sue et ça ne sent pas très bon mais ce n'est pas directement lié tu vois ?

_________________

Entends le SILENCE qui révèle le chant du monde

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Eyia Hróaldrsdóttir


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MessageSujet: Re: Eyia Hróaldrsdóttir   Sam 11 Mar - 23:24

Merci beaucoup mon Jol ! C'est un grand honneur de me faire corriger par vous ^_^
Alors, j'ai regardé si les animaux à sang froid avaient une odeur, pour avoir une base, mais c'est difficile de trouver ce genre de renseignements Razz Du coup, je me suis basée sur le raisonnement qui suit : puisque son corps se refroidit, elle produit moins d'odeurs dans le sens où, déjà, elle ne sue pas voire plus du tout (puisqu'elle n'en a pas besoin, le but de la transpiration étant de refroidir le corps) ; d'une manière générale, puisque son cœur ralentit, tous ses organes aussi et de ce fait elle secrétera moins de substances corporelles.
En ajoutant à cela le fait que le froid a tendance à moins laisser passer les odeurs (du fait d'un ralentissement moléculaire, y compris celles de l'odeur), je me suis dit que ça concordait Smile

Voilà, en espérant que je me sois bien expliquée ; cela dit je ne suis pas biologiste donc ce n'est qu'une déduction de mes maigres connaissances du domaine x') je peux le modifier (ou nuancer en mode "masque plus ou moins" parce que je me rends compte maintenant que ma formulation sous-entend que c'est absolu) ^^
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MessageSujet: Re: Eyia Hróaldrsdóttir   Dim 12 Mar - 0:29

D'accord, je vois mieux ce que tu veux dire. Le problème, c'est que ça marche pas trop comme ça, même en étirant un peu la biologie pour t'aider. Je m'explique :

Le froid ralentit bien les molécules ce qui peut stopper la propagation des odeurs sauf que ça ne change pas les odeurs, tu les as. Si tu pouvais refroidir l'air par contre, il ne pourrait pas transporter tes odeurs mais là, tu parles de changer ton environnement mais ta propre température.

Il faudrait aussi prendre en compte de combien tu peux baisser ta température corporelle parce que c'est potentiellement mortel. On peut evidemment dire que vu ton pouvoir, ton corps peut supporter un grand froid mais dans ce cas là, il fonctionne normalement au froid donc...

Donc ce que je te propose c'est deux pouvoirs différents (que je pense assez sympa) qui pourrait t'aider avec ton objectif

1./ Le froid cutané : tu peux refroidir ta peau très très fort, sans en souffrir au point de créer comme une pellicule de glace sur ta peau qui emprisonne tes odeurs. De plus, tu es insensible au froid ce qui est toujours utile quand on passe sa vie dans la neige. Mauvais point, on te sent pas mais on t'entend.

2./ Hibernation : Tu peux baisser ta température corporelle, ton corps devient plus lent et tu es très fatiguée mais en échange, ton corps ralentit. Pendant quelques secondes tu es "hors du temps" ce qui te rend très efficace pour la chasse, on t'entend pas tout ça mais après quelques secondes, soit tu redeviens normale et tu es très fatiguée, soit tu hibernes, tu bouges quasi pas mais tu n'as pas besoin de boire ou de manger. Par contre pour les odeurs tu n'as plus qu'à te rouler dans la boue.

Si tu veux autre chose, n'hésite pas à le dire, ce ne sont encore une fois que des propositions pour t'aider à construire au mieux ton personnage.

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MessageSujet: Re: Eyia Hróaldrsdóttir   Lun 13 Mar - 10:25

Voilà, j'ai donc édité la fiche pour m'aligner sur l'idée première que tu m'as proposée, le froid cutané. Smile Je saurais ainsi qu'il me vaut mieux m'en tenir au littéraire Razz
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MessageSujet: Re: Eyia Hróaldrsdóttir   Mar 14 Mar - 17:20

C'est bon pour nous, je te valide !

Félicitations, ta fiche est validée ! N'oublie pas de recenser l'avatar de ton personnage dans le topic prévu à cette effet, c'est la dernière étape pour que tout soit en ordre.

Tu peux désormais créer carnet et éventuellement fiche de liens, ajouter les raccourcis de la fiche de personnage et du carnet dans ton profil, et aller chercher un partenaire de jeu dans cette section si tu n'en as pas déjà !

Bon jeu sur Stigandr, et au plaisir de se croiser en Eyland !

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