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 [Event] La symphonie du commerce

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Ulfskarn Bjarnsson


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MessageSujet: [Event] La symphonie du commerce   Mar 24 Mai - 0:30

L'animation qui régnait autour de lui avait de quoi le déconcerter.

Ulfskarn avait marché et vécu de nombreux jours en solitaire. Hormis quelques hameaux ou cahutes de fermiers, il n'avait pas croisé beaucoup d'Eylandis depuis un moment. Et maintenant, il se retrouvait presque à nager dans une foule hétéroclite de femmes et d'hommes de tous clans, de tout âge et de toutes extractions. Certes il avait cherché à rejoindre la foire d'été, et savait pertinemment qu'il y aurait beaucoup de gens présents à ce grand événement, mais cela était une toute autre chose d'y être, et de faire parti de cette foule.

Le dresseur progressait doucement et maladroitement. Beaucoup de monde allait et venait gaiement, des jeunes gens couraient d'une étale à une autre, des marchands hélaient les passants, des visiteurs coupaient le chemin pour aller plus vite, des bêtes de somme portaient les butins et acquisitions récentes... Et Ulfskarn s'effaçait pour tout le monde. Pour tout observateur, le spectacle pouvait prêter à sourire : un grand homme à l'aspect sauvage, s'écartant du passage d'une bonne petite femme rondouillarde transportant un tonneau de bière d'un pas alerte, ou contournant avec respect un vieillard qui peinait à avancer.

Le paquetage dans son dos pesait lourd, et il avait chaud, malgré les couches de vêtements qu'il avait retiré en pénétrant dans les plaines. La fraîcheur des bosquets sauvages n'était plus là, à son grand regret. Aussi, les vendeurs de boissons et les quelques tables où trônaient des pichets de bière ou d'autres boissons fraîches semblaient être douce tentation aux yeux du fils de Bjarn. Mais cela devait attendre, car il avait à faire.

"Au pied Stig", rappela-t-il à sa bête d'une voix ferme. L'animal trottait à son côté, la muselière attachée sur sa gueule. Son museau humait ici et là et ses yeux allaient et venaient partout autour de lui. Ulfskarn se demandait ce que son chien devait bien éprouver en cet instant, tandis qu'il sentait tout à la fois : nourriture, odeurs corporelles, odeurs de cuir, d'épices et même de bêtes. Le dresseur gardait un œil sur Stig à chaque instant, non pas qu'il pensait que celui-ci pourrait oublier son dressage au point de désobéir à un ordre, mais surtout par prudence excessive. Il ne voulait prendre aucun risque, et n'hésiterait pas à attacher l'animal au moindre problème.

Quelques personnes se retournaient sur leur passage, simplement curieux la plupart du temps. Il faut dire que la raison pour la présence d'Ulfskarn ici était plus que visible : perchés sur son paquetage, deux bois de cerfs le couronnaient. Le dresseur avait réussi à avoir l'une de ces gracieuses bêtes lors de sa dernière chasse, le tout sans abîmer ses ornements. Un marchand pourrait fort bien être intéressé par ceux-ci, et ils étaient plus encombrants que lourds. Le nocturne espérait d'ailleurs en tirer un bon prix, suffisamment en tout cas pour envisager quelque chose qui lui tenait à cœur : l'achat d'une nouvelle bête. Un seul animal ne le mènerait pas bien loin s'il souhaitait se créer une clientèle, et former un chien prenait du temps, il valait donc mieux s'y prendre à l'avance, et choisir un jeune chiot, n'ayant pas encore fait son caractère. Toutefois, une créature vivante coûtait cher, et avec les maigres économies qu'il possédait, l'homme avait en tête une somme bien précise à demander.

C'est ainsi, déterminé, qu'Ulfskarn repéra un négociant enclin, si on en croyait son étalage, à commercer avec lui. Le fils de Bjarn inspira profondément tandis qu'il se préparait mentalement. Marchander était un art, précisément un chant harmonieux, habile et changeant... Et il avait toujours fredonné faux en cet affaire ! Son interlocuteur le gratifia d'un grand sourire sympathique et introduisit l'échange par des politesses ainsi que des banalités, dans un rythme confortable et lent qui n'allait certainement pas avec la vision pragmatique du nocturne.

"Salutations à vous ! Que les Ases puissent vous sourire en cette belle journée. Je vois que vous n'êtes pas d'ici, ou du moins, vous bourlinguez sans doute beaucoup. D'où venez-vous, ainsi chargé ? Et... Ho quelle belle bête !"

Face à cette maîtrise des airs classiques, Ulfskarn eut du mal à s'accorder. Cette langue mélodieuse n'était d'ailleurs pas la préférée à Hallbjorn, où les affaires étaient directes, et les psalmodies courtes et efficaces ! D'ailleurs, le fervent de Tyr se faisait suspicieux devant tant de paroles enjouées, était-ce simple méfiance, ou bien les prémices de son don ?
S'extirpant de sa réflexion, le dresseur chercha à s'inspirer de la ballade prosaïque du marchand :

"Que les Ases veillent sur vous également. Eum... Oui je viens de... Je viens d'un peu plus loin. J'ai chassé en forêt et j'ai pris ce cerf dont voici les bois", il pointa son sur-chef improvisé, "j'aurais souhaité les vendre. Ils sont en parfait état et proviennent d'une bête adulte."

"Oh." Marqua le marchand, d'une pause dans sa mélodie. "Mais faites voir, que je jette un œil."

Les bois furent déposés avec attention sur l'étal, et les mains du marchand se mirent à les parcourir, les tâter, les caresser. Ulfskarn ne remarqua pas tout de suite que le maestro se préparait à un autre couplet, venu d'un tout autre registre :

"-Hmm... Ils sont sales
-Oui... Oui en effet, mais comme vous l'avez dit vous-même je voyage, et n'ai guère le luxe de pouvoir retirer la boue de mes propres bottes, alors...
-Moui... Mais il me faudra les laver... Et je vois un petit défaut là, une encoche...
-Où ça ? Faites voir ?"

Sensible à la redoutable berceuse du négociant, Ulfskarn déchantait. Il se voyait déjà devoir baisser son prix, ne se rendant pas compte du travail de l'artiste. Alors qu'il se penchait pour mieux voir, son attention fut attiré par Stig, ou plutôt par deux jeunes enfants qui s'étaient approchés et qui observaient le chien comme une véritable attraction. Le plus petit pointait le mastiff du doigt, et riait de ses babines tombantes, l'aînée était plus silencieuse, mais cherchait visiblement comment aborder la bête, qui se trouvait assise aux côtés de son maître.

"-Calme Stig...
-Comment ?" Tiqua le marchand.
"-Euh non rien. Je... Eum... Les bois sont tout de même en bonnes états et intacts.
-Vous voulez dire qu'ils ne sont pas brisés, oui, mais il me semble tout de même qu'ils sont un peu fins. C'était un adulte ?
-Oui, il devait bien être... Enfin oui c'était un adulte !
-Et combien vous en voulez ?
-Ouste !"

Le concert tournait au ridicule alors que le marchand haussa un sourcil amusé en voyant Ulfskarn chasser mollement les gamins en agitant la main. Le dresseur revint à sa discussion et hésita sur le prix, détail que le marchand exploita pleinement pour faire descendre le coût de l'affaire. Ulfskarn, toujours aussi ignorant des us et coutumes de ce genre de récital, et de la nécessité de chercher l'entre-deux, se borna à appuyer sa note première, c'est à dire son prix initial, ou rien. Fort heureusement, il n'avait pour spectateur que son marchand, son chien et les deux enfants occupés à le caresser. Stig semblait d'ailleurs pleinement satisfait de ce traitement et reniflait calmement les petits humains qui lui donnaient l'affection que son maître manquait de lui signifier.

"Mais consentez à descendre votre prix !" Le marchand n'avait qu'en de rares occasions rencontré homme aussi borné et peu enclin à suivre la musique. "Je vous l'achète au mien et... Allez : je vous fournis en prime une gourde souple d'un demi-litre."

Il joignit le geste à la parole et espéra que le voyageur comprenne enfin tout le caractère sacré et important du marchandage... Mais se heurta à une fausse note :

"Je ne suis pas venu pour une gourde... Je... Non : prenez les bois à mon prix ou... Hé ! Laissez-le tranquilles ! Allez ouste, il va vous mordre !"

Les deux enfants sursautèrent face à l'aboiement du dresseur, et disparurent rapidement dans la foule, plus effrayés par ce sévère barbu à la grosse voix que par son chien calme et à l'allure sympathique. Le négociant secoua la tête, s'abstenant de rappeler au maître que la muselière sur sa bête aurait empêché un quelconque accident fâcheux.
Ulfskarn n'en menait pas large. Les passants le regardaient, surpris par son haussement de ton, son chien ne comprenait pas et le regardait en inclinant la tête sur le côté, et ce marchand ne souhaitait pas se plier à son prix ! C'est lorsque le dresseur croisa le regard d'un garde qu'il comprit qu'il valait mieux pour lui de se calmer.

Le nocturne grogna, tourna les talons, et s'éloigna avec son animal, sous le regard ébahi du commerçant, qui pourtant n'avait rien fait de plus qu'exercer les subtilités de son métier. Visiblement, certains ne connaissaient pas la musique...
Maussade, Ulfskarn s'éloigna du flot des badauds, empruntant un chemin entre les étales pour aller s'asseoir dans l'herbe, entre un enclos à bétails et l'échoppe d'un tanneur. Stig vint se placer à ses côtés, observant les troupeaux avec intérêt. Le dresseur secoua la tête, regrettant son comportement maladroit et mit la main à sa bourse, pour sentir les pièces en sa possession. Il les tira de là, et les examina, comblant mentalement le manque. Le nécessaire pour l'achat d'une jeune bête.

Sans chef d'orchestre pour le guider, il n'était qu'un piètre soliste.

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MessageSujet: Re: [Event] La symphonie du commerce   Ven 27 Mai - 3:28

Je me promène dans la foire. Fait rare, une fois tout mon maigre stock de marchandise écoulé, on m'a offert le luxe de profiter de l’événement en temps que simple visiteur. Je n'avais pas demandé a ce que l'ont me le répète deux fois ! L'instant d’après j'avais quitté le navire comme un rat avide de terre ferme. Bon, j'avais offert un grand remerciement lointain à Eivind. Lointain d'une dizaine de mètres. Mesure de sécurité, histoire qu'il n'ai pas le temps de réaliser ce qu'il vient de dire, et qu'il soit incapable de revenir sur sa décision.

Et depuis... je m'étais perdu. Pas vraiment physiquement, mais surtout intérieurement. Un mélange de joie et d’impatience qui se condensait dans ma tête. Impossible de ne pas laisser transparaitre ces violentes émotions : La première fois que j'étais au carrefour de tous les clans. La première fois que j'étais libre de mes mouvements et loin d'Illuinsborg. La première fois que je n'avais rien a faire et tout a découvrir. Alors j'en profitais, même si quelques regards courroucés lorgnaient parfois ma chevelure aux tintements métalliques. Nan, ce genre de regard je les repoussait d'un haussement d'épaule et d'un sourire amical. Même l'aversion de quelques congénères ne pourraient pas venir gâcher cette journée si belle.

Couleurs, animaux, odeurs, bruits. Tout ce mélangeait dans un gigantesque organisme qui formait la foire. Se faufiler dans la foule comme une ombre, laisser son regard errer entre les stands. Rêver chaque curiosité que l'on croise. Y'a quelque chose de fantastique dans cette démarche. Un genre d’apothéose à cet émerveillement que j’entretiens avec constance. C'était grisant, plus savoureux qu'une pinte hydromel glaciale. J'ai comme des picotement dans la nuque qui me donne envie de courir jusqu'à plus soif, de rire jusqu'à consommer tout l'air du monde, de hurler ma joie jusqu'à ce que ma gorge n'émette plus aucun son.

Je sais pas depuis combien de temps je baignais dans les lieux. Mon regard s'était agrippé a un animal dans la foule. Un chien a l'allure dangereuse qui m'a immédiatement fasciné avec une facilité un peu déconcertante. Puis mon regard a dérivé vers son maître. Il dénotait tellement par son aspect que je n'arrivais pas vraiment à m'en détacher. Alors je l'ai suivi. Principalement que rien ne m'empêchait, rien ne m'y obligeait non plus. Disons que j'occupe mon temps comme je peux tant que ça nourrie ma curiosité avide.

Il s’arrête discuter avec un vendeur. Je regarde distraitement un étal remplis de peau et de fourrure d'animaux que je ne connais pas. Je me risque a traîner mon oreille pour suivre la conversation. J'esquisse une petite grimace de gène : l'homme semble imperméable aux techniques de commerces. L'échange commercial se change rapidement, prends des virages assez chaotique. Au final il s'en va, incapable de vendre ses bois de cerfs aux prix qu'il désire. Je suis ses pas quelques secondes avant de me décider de finalement l'aborder. J'engage la conversation avec la spontanéité qui me caractérise.

« Je peux vous aider »

La formulation semblait être une question, mais j'admets que mon ton ne laissait pas planer le doute. En même temps, ce serait stupide de poser la question au lieu d'agir. Et puis je ne dois pas pas me laisser impressionner par sa taille. L'homme a beau faire facilement deux têtes de plus que moi, je suis légitime quand je lui adresse la parole pour proposer mon aide... Non ?
Je porte soudainement ma main a ma bouche, me rappelant soudain de ce qu'impose la politesse la plus élémentaire

« Mince, j'oublie toujours de me présenter, je suis Sigrit ! »

Passé cet oublie, je reprends le fil de la conversation sur ce décontracté :

« Le jeu du marchandage est assez barbant avec ses codes assez tordus. Mais le plus simple reste encore d'y jouer et de rentrer dedans. C'est un état d'esprit un peu spécial. Mais je peux vous donner des conseils. »

Je dis ça d'un ton assuré, mais j'admets qu'il y a de cela quelques mois a peine, j'aurais probablement réagis de manière semblable. Et même j'ai observer avec intérêt beaucoup d'échange de ce genre, je peux pas encore affirmer être une marchandeuse très fine en la matière.
Mais bon, l'un des rares avantage que j'ai être malléable, c'est que je m'adapte vite. Et c'est exactement les qualités requise d'un bon vendeur. Et ce, même si je préfère quand même largement l'aspect de mon futur travail où je crée ma camelote plutôt celui ou je la vends.
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Ulfskarn Bjarnsson


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MessageSujet: Re: [Event] La symphonie du commerce   Mar 31 Mai - 22:12

Tout occupé à son bougonnement, Ulfskarn en était à ranger son maigre butin dans sa bourse et à tenter de prendre du recul sur ce qui venait de se passer. Après tout, il n'avait rencontré qu'un seul marchand, cela aurait été étonnant qu'il obtienne aussi facilement ce qu'il souhaitait. Et puis, s'il devait être franc avec lui-même, ce n'était pas le marchand qui l'avait déstabilisé.
Le dresseur observa son chien, occupé à passer tant bien que mal, malgré la muselière, sa langue sur ses babines. Une odeur de graisse cuite flottait dans les airs, et le chien y était très sensible. Ulfskarn n'avait pas aimé cette surprenante décharge qu'il avait ressenti dans tout le corps, cette montée d'adrénaline lorsqu'il avait vu les enfants si proches de sa bête. Cela l'avait ramené à sa grande honte, à cet événement dont il avait juré à Tyr qu'il ne se reproduirait plus.
Il avait réagi en écoutant sa peur, et non sa logique, et n'était pas très fier de cela.

Le fil de sa pensée fut cependant interrompue. Le nocturne redressa la tête pour observer une étrange jeune fille. Étrange par son apparition et son apparence. Elle se tenait là, l'observant, les lèvres closes avant de reprendre pour s'introduire : Sigrit. Elle avait émergé de cette foule en mouvement pour s'immobiliser devant lui et lui faire face.

Ulfskarn fronça les sourcils. Manquant de répondre et laissant un silence se glisser entre eux deux. Oui, elle était étrange. Cet enfant n'avait rien à voir avec d'autres qu'il avait pu croiser dans la foire. Il se redressa et réalisa combien elle était petite. Non. Ce n'était pas juste ça... Elle donnait l'impression de porter les portes de Walhalla sur ses épaules. Voûtée, tordue, penchée. Il dut se reculer un peu pour lui éviter de se tordre le cou. C'est là qu'il se raccrocha à nouveau à ce regard noir, profond, qui avait causé son malaise l'espace d'une seconde. Il ne s'agissait pas d'un regard curieux, jeune, mais d'un regard draconien et noble. Aucun enfant n'aurait toisé Ulfskarn de la sorte, avec cette gravité.
Enfin, le dresseur réalisa également que son interlocutrice possédait une peau bien sombre, contrastant avec le pigment clair habituel des Eylandis. C'était un être tout unique et original qui se tenait ainsi devant lui. Et Ulfskarn ne savait pas encore s'il devait se montrer aussi méfiant que surpris. Les vieilles légendes s'imposèrent à son esprit pendant un instant, rappelant d'anciennes histoires d'alfes noirs taquins et piégeux.

"Le jeu du marchandage ?" Répondit le grand homme de sa voix bourrue, oubliant, totalement pour sa part, de se présenter en retour, tant la rencontre était soudaine et unique. "Je ne suis pas là pour jouer, je dois vendre ce que je possède, c'est tout."

Le dresseur se faisait plus suspicieux maintenant qu'il était question de conseils. Pourquoi une inconnue viendrait-t-elle le trouver lui, parmi tant d'autres dans la foule, pour lui proposer une assistance désintéressée ? Et surtout : en quoi une enfant pourrait l'aider à vendre ses bois de cerf ?
Il reprit, ne prenant pas la peine d'édulcorer son propos :

"Pourquoi souhaites-tu m'aider ? Tes conseils vont me coûter quelque chose ?"

Sans être agressif, il se montra ferme. L'arnaque était une chose pour laquelle il lui était déjà arrivé de tomber, et l'expérience lui avait appris à se méfier des inconnus trop enclins à lui prêter main-forte.
L'assurance de cette jeune personne avait cependant quelque chose de désarmant, et il n'était pas pris de l'envie irrépressible de mettre fin à la discussion. Peut-être était-ce dû à cette apparence si singulière, ou à sa façon de parler. Toujours est-il que le dresseur, bien qu'en apparence fermé face à elle, n'avait pas tourné les talons, indice lisible de son intérêt pour ce qu'elle aurait à lui présenter comme réponses. Stig, visiblement attentif aux actions de son maître, avait également reporté son attention sur la jeune fille. Sa truffe s'agitait vers elle, tandis qu'il semblait la considérer avec une curiosité toute canine. Il n'eut cependant pas fait un pas vers elle qu'un ordre à peine articulé de son maître le ramènait à ses côtés. Ulfskarn se rassurait quelque peu : persuadé de l'incroyable capacité des chiens à sentir une menace, il aurait été inquiet d'une réaction agressive ou peureuse. Si Stig avait senti quelque chose, au-delà d'une odeur, cela ne l'avait visiblement pas choqué. Et cette pensée persuada un peu plus le nocturne d'écouter l'étrange Sigrit.
D'une main, il se saisit de ses bois, et les plaça en vue de son interlocutrice. Il ne lui présentait pas tout à fait, preuve qu'elle devait encore le convaincre, mais il avait visiblement pris le partie de lui laisser une chance.

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MessageSujet: Re: [Event] La symphonie du commerce   Mer 1 Juin - 13:32

Je hausse les épaules. Une manière étrange que j'ai de traduire mon amusement face a une réponse aussi déroutante de premier degrés. En soit qu'est ce qui distingue vraiment la vente d'un jeu ? Si on considère qu'écouler son stock de bijou s'apparente a une petite victoire. Les deux objectif se confondent. C'est juste une question d'approche qui change. L'un des points de vue est juste observé à travers le prisme de l'amusement, l'autre à travers celui du travail.
Cette capacité a trouver un plaisir là où personne n'a jamais jamais soupçonné son existence est une de mes forces les plus inattendus. C'est toujours plus facile de s'investir et d'apprendre toutes les regles pour gagner à un jeu que d'assimiler tous ces petits codes qui font d'une personne un fin vendeur.
Et pourtant la vente n'est qu'au fond un jeu régit par des règles complexes.

Ensuite vient les questions qui camouflent pas tant que ca une certaine méfiance. En soit je comprend la méfiance. Je ne suis qu'une étrangère trop zélée. Et quand il me demande mes motivation, il n'a pas tord. J’admets qu'il me pose une colle. Même moi je ne trouve pas vraiment de raison suffisante pour savoir ce qui m'a motivé à l'aborder pour proposer mon aide. Le fait qu'il semble être un personnage haut en couleur dont j'ai envie de me repaître de ses histoire ? Probablement. C'est juste sa deuxième question qui me bloque un peu

« Pourquoi payant ? Ils devraient l'être ? »

La question apparait dans un élan de naïveté. Comme un courant d'air mental qui vient balayer ma crédibilité. A peine prononcés que je regrette déjà ces mots. Bien sûre qu'ils devraient l'être. Je me suis moi même avouée intérieurement que j’espérais bel et bien quelque chose en retour : des mots. Quelque chose pour satisfaire ma curiosité sur ce personnage qui brille par sa singularité.
Alors après un petit instant de réflexion je lui répond avec un petit sourire nonchalant :

« Pour le salaire... Vous pourriez me parler ? De vous, de vos aventures, de votre animal, des ases si vous le souhaitez. Des mots contre d'autres mots. Ca vous convient comme échange ? »

« Ase » Le nom qu'ils emploient pour parler d'autres divinités que Illuin. J'ai bien quelques noms en têtes, volés au fil d'une conversation indiscrète. Mais rien que je me risquerai a lancer dans la conversation. Trop peu sûre du sens que ça peu prendre dans ma bouche. On m'a aussi raconté que les ases offraient des pouvoirs, mais rien de précis. J’espère qu'en parlant de la sorte de son culte, il ne s'est pas soudainement gravé sur mon front que je vie dans le clan en marge des autres. Non ?
Sans lui laisser le temps de réfléchir à la proposition, je commence monologuer en essayant d'être pédagogue. J’espère que ça sera compréhensible.

« Pour en revenir a la vente. Les acheteurs vont forcément tenter de marchander avec vous. C'est leur métier d'aller chercher le prix le plus bas. Et si vous ne le baissez pas face à leurs insistances il en va pour eux d'une blessure à l'égo. Le plus simple reste de commencer en annonçant le prix vos cornes au dessus de vos espérances. Je lance un prix au hasard. Mais disons que si vous voulez vendre ces cornes 100, il faudra commencer les négociations en déclarant que vous en voulez 125.
Je m'interrompt un instant le temps de reprendre ma respiration.

« Face a ce prix le vendeur va examiner l'objet. Lui trouver les défaut qu'il veut bien lui trouver. Il faut contre argumenter, s'il trouve vos bois trop fins. Même si c'est un mensonge éhonté, il ne faut pas aller frontalement a l'encontre de ce qu'il dit. Il faut vanter la symétrie de l'objet, sa résistance, sa couleur où que sais je encore. Puis seulement après, il faut concéder et offrir de descendre le prix peu à peu.

A mesure que les arguments commencent à s'épuiser. La conversation devient parfois stérile. Si le vendeur continue de négocier malgré tout. Vous pouvez vous faire mine de vous enquérir auprès d'un autre marchand. Généralement ça les décide a vous acheter l'objet à votre prix. »


J'esquisse un pauvre sourire. C'est vrai qu'en parler de manière aussi théorisé est ridicule. Tout ça n'est qu'une question d'égo et de personnes radines voulant économiser quelques précieuses piécettes.

Mon regard se porte sur la bête assied au pied de ce personnage. Je garde mes distance, mais je peux m’empêcher d'éprouver de l'empathie pour l'animal empêtré dans sa muselière.
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Ulfskarn Bjarnsson


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MessageSujet: Re: [Event] La symphonie du commerce   Jeu 9 Juin - 21:34

HRP:
 

C'est lorsque l'étrange jeune fille hésita sur le paiement qu'Ulfskarn se fit plus calme. Elle ne semblait pas sauter sur l'occasion pour tirer quelque profit de son assistance, ce qui était rassurant aux yeux du nocturne. Toutefois, lorsqu'elle évoqua un échange de paroles, il fut à nouveau surpris par cette curieuse apparition : elle était définitivement particulière. Le dresseur examina son animal du coin de l’œil.
Ses aventures ? Qu'avait-il de si intéressant à raconter ? Des journées entières à courir dans la forêt après quelques lapins ? La route interminable ? La faim ? Le froid ?
Il ne se voyait pas scalde, ou même conteur, et encore moins pour sa propre histoire, cela risquait d'être fort ennuyeux pour elle comme pour lui.

Et qu'avait-il à raconter sur son animal ?
Ulfskarn baissa les yeux sur Stig, qui lui rendit un regard attentif, prêt à recevoir un ordre. L'animal était certes à ses côtés depuis un long moment maintenant, sans même compter son dressage. L'homme le revit jeune l'espace d'un instant, sauvage, énergique, peu obéissant. Toujours à courir partout et à aboyer après n'importe quoi. Il avait vu dans cet animal un produit brut n'attendant qu'à être sculpté, comme lorsque son forgeron de père discernait dans le métal lourd et inutile l'outil efficace et précis qu'il en tirerait. Par l'exercice et la rigueur, Ulfskarn avait affiné son outil, et les efforts se révélèrent finalement payants.
Oui, il ressentait une certaine fierté lorsqu'il observait Stig, cela tenait lieu d'affection. Non pas qu'il détestait son animal, mais il restait pour lui un moyen, une arme.
Parler de son chien ne serait pas trop dur, mais ne serait également pas très passionnant...
Quant à parler des Ases, il doutait être le plus avisé sur la question. Son rituel était... Indescriptible avec des mots communs, et bien qu'il les ait toujours respecté, il n'était pas homme à s'aventurer trop loin à propos du panthéon des eylandis.
Il était vrai que s'il l'avait voulu, il aurait pu parler de Tyr, de la manière dont lui-même le percevait, et du don qu'il avait reçu, mais tout ceci était très subjectif, trop pour un animal sauvage comme Ulfskarn. Échanger aussi intimement avec quelqu'un qu'il ne connaissait pas était impensable pour son cœur de traditionaliste.

Honnête, Ulfskarn s'apprêtait à lui dire qu'il n'avait rien contre le fait de parler, mais qu'elle tirerait de cette discussion une bien piètre monnaie d'échange. Peut-être allait-elle revenir sur sa décision et exiger un paiement de plus haute valeur, mais le nocturne préférait être honnête avant tout. Toutefois, la jeune fille semblait plus que déterminée, car elle ne lui laissa pas le temps de répondre et débuta un monologue des plus passionné sur la négoce. Ulfskarn en oublia de fermer la bouche, qu'il avait entrouverte pour répliquer. La petite femme semblait presque réciter de mémoire et avançait chaque argument avec certitude, ne s'arrêtant que pour reprendre son souffle. Elle semblait avoir exactement identifié les lacunes qui lui avaient fait défauts lors de sa rencontre avec le marchand. Le dresseur fronça un instant les sourcils, réalisant qu'elle avait peut-être été témoin de sa déconfiture, mais il n'eut guère le temps de s'en offusquer, tant l'ébène déballait ses connaissances. Et il fallait reconnaître que tout ceci ne semblait pas si faux, simplement compliqué et inutile, mais dans un sens : compréhensible.

Lorsqu'enfin elle se tut, et lui adressa un sourire, auquel il ne rendit qu'un faciès aux sourcils froncés par la réflexion. Il prit un instant, la laissant dans l'attente, pour s'imaginer face à un autre marchand.

"Il faudrait donc que je mente sur ma véritable motivation... Enfin, que je n'énonce pas ce que je souhaite réellement...."

Il se dit qu'il devait avoir l'air un peu ridicule, à se poser des questions sur l'honneur dans une foire qui devait avoir son lot d'escrocs. Mais il avait grandi dans la discipliné société du Clan de la Nuit, et cela signifiait posséder quelques valeurs solidement ancrées dans le corps.

"Je ne sais pas si... Je serais capable de ça. Je... Discuter n'est pas mon fort. Je crois bien que je ne serai pas très efficace, malgré ton éclairage sur tout ceci."

Il la considéra maintenant d'un regard un peu plus inquisiteur. Une enfant avec cette vision déjà si incisive sur les coutumes sociales... Cela rajoutait encore au mystère, et l'homme se surprenait à devenir curieux.

"Comment sais-tu tout cela ? D'où viens-tu pour connaître aussi bien le cœur des marchands ?"

Sa voix et son regard lui conférait toujours cette expression sévère, même s'il ne cherchait pas à l'impressionner. En réalité, il était surtout en train de se tâter à son propos : elle semblait habile dans l'art du commerce, et Ulfskarn se demandait si elle ne serait pas prête à effectuer la tractation pour lui. Mais avant cela, il fallait limiter les risques, en apprendre plus sur elle.

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MessageSujet: Re: [Event] La symphonie du commerce   Lun 13 Juin - 14:34

Je comprends son hésitation. Au jeu du commerce, tout le monde porte un masque. Même mon tuteur change totalement de visage en face d'un client. De taquin tenant des discours envolés et oniriques, il se change en quelqu'un de suave, plus terre à terre. Il devient plus lisse, capable d'adapter son langage, sa voix, sa posture. Il montre un talent pour plaire en un instant a quelqu'un.
Donc oui, a force d'être un peu faux, on peut avoir peur de perdre simplement son caractère. Même moi je n'arrive pas vraiment à différencier si je suis fausse avec cet homme ou pas quand je m'amuse a jouer les précepteur.

Parce qu'au fond j'ai l'impression d'être encore cette enfant un peu déphasée au fond de la mine. Cette petite fille qui s’imaginait tous les jours que le manche de la pioche était une épée, que le filon de métal prenait les traits d'un quelconque bête à annihiler. La réalité se déformait sous l'impulsion de ma tête : Le résonnement métallique de la tête de pioche contre le gisement était un cris de douleur de la bête, un signe de victoire. La poussière étaient dû a un feu ardent sortie de la gueule du monstre. Que chaque effondrements meurtriers témoignais de la bataille qui faisait rage. Et moi, dans mon uniforme de mineur/armure de métal scintillante, je menais chaque jour une nouvelle aventure pour pourfendre ces ennemis d'Illuins !

Je ne sais pas trop pourquoi, mais cette étrange pensée m'attriste un peu. Je m’aperçois que je suis un peu perdu dans mes pensées comme si je venais d’atterrir en face de cette homme. Après une insulte mentale à destination de mon cerveau malade, je répond à l'homme en souriant avec un petit peu de gène. J'ai pas la foi de virer d'une manière ou d'une autre ce climat de méfiance qui plane entre nous. J'ai pas non plus la foi de calculer mes mots. Après tout, c'est un inconnu parmi d'autre. Au pire, on se rejettera en bloc et plus jamais je ne croiserai sa route non ?

"Je suis l'apprentie d'un maitre artisan orfèvre. Même si je n'aime pas vraiment ce coté là, je suis bien obligée de vendre ce que je crée. Mais je suis pas douée avec les gens. C'est pas inné chez moi.
Du coup, bah... J'observe beaucoup mon tuteur vendre. J'essaie d'analyser le déroulement de la conversations, de comprendre comment les gens pensent, pourquoi ils réagissent comme ça. Comment piquer leur intérêt. Je me suis prise au jeu et je trouve ce ça passionnant !"


C'est un peu étrange de parler de ça de manière aussi passionné de mon attrait pour les mécanismes de notre pensées. C'est même pas l’intérêt de manipuler les gens qui m’intéresse, mais juste de comprendre. Comme si je m’interrogeais sur mes propres manques en m'intéressant a ça. J'ai l'impression de lui avouer à demi mot que je suis quelqu'un d'étrange. Ce qui doit un peu le cas j'imagine.

"Ça va vous sembler étrange. Mais j'ai pas beaucoup l'occasion de rencontrer beaucoup de gens avec mon métier où même de voyager. Et comme c'est ma première foire, je suis juste très curieuse des clans et de gens. C'est pour ça que j'aimerai vous entendre parler !"


Faites qu'il ne soit pas gravé sur mon visage mon appartenance aux enfants d'illuin. La pire réaction possible, ce serait la moquerie ou le rejet...
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Ulfskarn Bjarnsson


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MessageSujet: Re: [Event] La symphonie du commerce   Mar 14 Juin - 21:00

La clarification de l'ébène satisfaisait assez bien Ulfskarn, d'autant qu'il se sentait maintenant plus curieux envers elle que méfiant. Il ne décelait pour le moment rien qui pouvait prêter à une plus grande réserve que d'habitude... Hormis peut-être le fait qu'elle évite soigneusement d'évoquer ses origines. Certes les gens n'avaient pas à déclarer leur appartenance à chaque instant de leur existence, mais le "d'où viens-tu ?" qu'il avait maugréé tantôt était destiné à répondre à ce doute. Le dresseur n'en était cependant qu'à parcourir les hypothèses : il n'avait aucun envie de rentrer en détail dans les questions claniques. Lui-même évitait fort soigneusement le sujet des clans dès qu'il le pouvait et cela aurait été assez stupide de sa part d'insister là-dessus, la jeune fille aurait pu lui retourner la question et l'embarrasser. Non, il valait mieux ne pas insister sur le sujet.

Mais tout de même... Quel étrange petit personnage. En apparence si jeune et pourtant déjà bien sage, usant d'observation au lieu de la fougue, capable de remarquer tant de choses. C'était peut-être son don, une grande sagesse, ou une acuité sensorielle. Il pourrait toujours la questionner là-dessus, mais l'homme pensait avoir déjà posé assez de questions pour refréner ses doutes. Elle avait répondu à toutes ses questions sans s'en plaindre, alors qu'elle aurait pu aisément tourner les talons. Il s'agissait maintenant d'être honorable.

"Tu n'aimes pas vendre, mais tu sembles savoir le faire. Crois-tu pouvoir vendre ces bois pour moi ?"

D'un geste il se saisit des ornements de la bête occis et lui présenta pour qu'elle puisse observer le trophée. Ulfskarn guetta un éventuel embarras de son interlocutrice : en bon nocturne il allait droit à l'objectif et savait que cela pouvait en laisser certains surpris.

"C'était un jeune cerf dans la force de l'âge. La viande m'a rapporté un bon prix mais les bois me semblaient dignes d'être mieux vendu encore. Comme tu peux le voir il n'y a pas de défauts... Enfin... Pas de gros défauts."

Le trésor était en effet de bonne qualité et bien nettoyé des restes du scalp de l'animal, toutefois, il existait bien ici et là quelques petites imperfections toutes naturelles, résultant sans doute de la traque de l'animal ou bien d'un affrontement un peu plus rude. Les bois étaient longs, mais n'auraient sans doute pas retenu l'attention d'un vrai chasseur ou bien d'un chef de clan. C'était un beau cadeau, mais rien de plus.

Le dresseur l'observait du vert éteint de ses yeux, cherchant à savoir ce qu'elle pensait de sa prise. De son côté, Stig avait commencé à renifler le bas des habits de l'inconnue, mais une simple onomatopée sévère de son maître le remit immédiatement à sa place.

"Si tu m'en tires un prix raisonnable, je répondrais à toutes tes questions. L'accord te convient-il ?"

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